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Farming Life in Another World

Chapitre 847

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Chapitre 847

Chapitre 847

Chapitre 847/92592%~8 min de lecture1 507 mots

On abandonna le projet de nouvelle passerelle en bois pour se tourner vers un nouveau chemin de fer.

Les elfes des montagnes étaient partis du bon pied, mais les demoiselles fonctionnaires avaient mis un coup d’arrêt à l’élan.

« Il nous manque du fer. »

« Même en rachetant toutes les plaques disponibles sur le marché, cela ne suffirait pas. »

« Même si nous y parvenions, fabriquer uniquement les rails prendrait des dizaines d’années. »

« Au lieu d’un chemin de fer, je vous prie d’étudier une passerelle en bois. »

« On dit qu’ils craignent l’humidité. Et si nous creusions un tunnel sous la terre entre le Cinquième Village et Shashart pour faire passer la voie là-dessous ? »

« Avec cette méthode, il semblerait que nous puissions compenser grâce à la masse humaine. »

« Excusez-moi, si le seul but est de transporter des marchandises, ne serait-il pas plus simple d’oublier les rails et d’utiliser simplement de grands carrosses à golems ?

« Il suffirait alors d’entretenir les routes pour permettre le passage de ces véhicules. »

« C’est exactement ça ! »

« Je choisis cette option ! »

Les elfes des montagnes firent barrage avec véhémence, mais en vain.

Le projet de nouveau chemin de fer fut officiellement refusé.

J’en fus quelque peu déçu.

Cependant, le fer était-il donc aussi rare ?

À en juger par ce qui circulait, ils devaient bien l’extraire dans une certaine mesure.

Je demandai son avis au Roi Démon.

« Euh… »

Le souverain mit du temps à répondre.

Aurait-il été question d’un secret d’État concernant les volumes d’extraction ?

« Ce n’est pas cela… »

« Pour être franc, nous ignorons même la quantité totale de matières premières extraites, fer inclus. »

……

Ah oui ?

« C’est vrai. »

« Dès qu’ils l’auraient sorti du sol dans les mines, ils le céderaient directement aux acheteurs, non ? »

Ça tenait la route.

« Une fois vendu, le minerai subissait des transformations avant d’être redistribué sur les marchés. »

« L’État ne surveillait que le poids des produits finis ou semi-finis, s’en moquant éperdument des tonnages bruts extraits. »

Je hochais la tête.

Ils n’appliquaient aucun impôt sur l’extraction minière ?

« La plupart des carrières et mines tombaient sous la juridiction de l’État ou des seigneurs locaux, mais ces derniers ne s’y aventuraient jamais personnellement. »

« Ils vendaient simplement les droits d’exploitation à des clans spécialisés qui effectuaient le travail réel. »

« De fait, aucune taxe ne pesait sur la phase d’extraction elle-même. »

Aucun impôt sur les minerais sortis de terre ?

« Exactement. »

« Selon les clauses contractuelles, pratiquement tout le minerai extrait appartenait aux extracteurs. »

« Relever cet impôt aurait découragé l’exploitation à petite échelle. »

L’exploitation artisanale.

Ces chantiers menés par les aventuriers isolés ou les petits villages en marge des circuits officiels.

En effet, alourdir leur charge aurait vite fait tarir cette manne parallèle.

« L’extraction en surface passait peut-être, mais le creusement souterrain comportait des risques mortels. »

« Sans compter les bêtes magiques et monstres embusqués sur le trajet menant aux sites. »

« Nous préférions voir les ouvriers travailler sans les brusquer par des prélèvements excessifs. »

Tout devenait limpide.

Abolir les taxes servait précisément à stimuler l’extraction minière.

« Oui. »

« Personne ne souhaitait prendre ce risque inutile à sa place. »

Mais nier connaître les quantités brutes extrayables me paraissait étonnant.

Les guildes minières et leurs courtiers devinaient bien avoir une idée des flux transitant chez eux.

« Si nous tentions un recensement détaillé, on craindrait aussitôt une levée prochaine de nouvelles taxes. »

……

Diriger un pays relevait effectivement d’un métier de haut risque diplomatique.

« Oui. »

Le Roi Démon partit se ressourcer auprès de ses félins domestiques.

Pour information, le village de Howlin possédait un brevet d’exploitation libre accordé depuis des lustres déjà.

Sena, fille du chef local, m’avait confirmé ce détail.

Ignorer les statistiques brutes ne me dérangepait pas, mais je m’interrogeais sur la liberté laissée à l’extraction de l’or ou de l’argent.

L’État n’ayant pas lancé de programme monétaire métallique récent, leur valeur marchande en pâtissait-elle ?

Ici-bas,

seul l’ancien numéraire frappé autrefois circulait réellement.

Au cas où l’économie se développerait soudain, le stock en pièces ne risquait-il pas de se casser la figure ?

On racontait que les dragons gobaient les ajustements nécessaires, mais…

je partageais entièrement l’inquiétude concernant la réserve accumulée dans les greniers du village.

Serait-il judicieux de laisser filtrer une partie plus importante du stock villageois ?

Pourtant, les budgets consacrés à la sauvegarde culturelle et aux institutions scolaires absorbaient déjà de lourdes dépenses.

Éviter toute maladresse financière me tenait à cœur, mais fallait-il songer à acquérir des fonciers ou des droits hydrauliques ?

S’endetter pour du matériel dormant restait difficile à avaler.

Mieux valait consulter Yōko et les demoiselles fonctionnaires plutôt que de trancher seul sur ces dossiers sensibles.

Le dossier du nouveau chemin de fer au Cinquième Village reprenait du service.

J’avais cru à un blocage total, mais le rejet concernait spécifiquement l’axe reliant le village à la ville de Shashart.

Un prototype ferroviaire interne, destiné à raccorder la zone méridionale au nord-est du bourg, subsistait enfin.

Bien que courte, sa concrétisation s’annonçait pratique, voire promotrice d’une attraction touristique locale.

Quant aux difficultés d’approvisionnement en acier, elles se résolvèrent grâce aux efforts conjoints des compagnies Goroun et Dalphon.

Leur acharnement n’ayant permis de gratter que l’exact nécessaire pour ce test itinéraire, l’ambition initiale reliant les deux métropoles apparaissait bel et bien irréaliste.

Après tout, le plan prévoyait au départ une alternative boisée.

Passons à l’étape suivante : la fabrication proprement dite des glissières métalliques.

Il apparut rapidement qu’obtenir des barres assez rigides et suffisamment étendues dépassait largement les capacités de l’artisanat manuel.

Nous avions fixé le standard unitaire à dix mètres, or aucun atelier existant disposait du savoir-faire requis.

Pareillement pour les hauts-fourneaux capables de fondre des masses aussi conséquentes simultanément.

Aucun maître-forgeron n’avait même tenté ce défi auparavant.

Diviser la longueur par deux pour atteindre cinq mètres n’avanceait en rien la situation technique.

Concevoir un complexe industriel dédié et mécaniser la production exigeait de mobiliser un gisement entier juste pour fabriquer les engins mêmes.

……

Le dossier de l’infrastructure métallique sombra irrévocablement vers une reconversion complète vers le matériau végétal.

Nous conservions toutefois la géométrie traditionnelle d’une double voie ferrée classique.

Le précieux métal récupéré trouverait donc sa utilité ailleurs, notamment dans la structure des chariots porteurs.

J’avais parfaitement conscience des enjeux.

Il fallait impérativement édifier des dépôts sécurisés destinés à leur entreposage.

Une cinquantaine ? Non, cinq unités principales suffiraient amplement.

La future desserte boisée visait toujours le segment sud-nord-est, sans garantie préalable d’aliénation foncière ad hoc.

Deux scénarios s’imposaient donc : soit enterrer la infrastructure sous la surface actuelle, soit privilégier les franges périphériques où les acquisitions restaient simples.

L’avantage souterrain résidait dans la possibilité de tracer un alignement direct, raccourcissant drastiquement le parcours.

Ses inconvénients tenaient au terrassement intensif requis ainsi qu’à l’installation coûteuse d’un éclairage artificiel adapté.

Sans oublier que placer les haltes en profondeur rendrait l’accès plus contraignant pour les voyageurs.

Opter pour la couronne extérieure offrait en contrepartie une facilité remarquable pour négocier les emprises territoriales.

Son prix payait cependant en linéaire accru et en mesures renforcées pour prévenir les actes malveillants.

« Chef de village. »

« Pourquoi ne poseriez-vous pas la voie directement au centre des grandes artères existantes ? »

Les administratrices, en reconnaissance conjointe sur site, formulèrent cette suggestion précise.

Un tramway en surface, tel quel.

Tracer l’emprise au milieu des chaussées actuelles semblait envisageable, sauf risque majeur de gêner le trafic hippomobile.

Je doutais qu’on puisse éviter totalement les conflits d’usage…

Sur l’avenue principale face à nous, le roulement charretier demeurait constant et dense.

« Une fois l’ouvrage terminé, le volume des attelages en circulation ne devrait-il pas décroître naturellement ? »

……

Avouons que c’était logique.

« À l’image même de cet ouvrage ? »

La corrélation pouvait effectivement jouer en notre faveur.

Cette fois, le tracé proposerait une configuration double voie dès l’origine.

L’hypothèse anticipait un mouvement piétonnier et vehicular soutenu.

Néanmoins, l’emprise réclamée alourdirait considérablement l’occupation spatiale disponible…

« Je lancerai une étude comparative des itinéraires. »

…… Entendu.

Privilégiez les axes pouvant subir des élargissements futurs.

Identifiez également des zones tampons servant de refuges temporaires aux convois bloqués.

Dès que les propositions seront finalisées, je soumettrai l’ensemble à Yōko pour validation finale.

« C’est noté. »

La gouvernante donna son feu vert sans tarder.

L’autorisation administrative tomba officiellement.

Certes, la responsabilité décisionnelle suprême reposait toujours exclusivement sur mes épaules.

Qu’il n’y ait aucun revers imprévu durant la phase opérationnelle.

Par ailleurs, Yōko.

Merci de cesser de prédire qu’elle deviendra incessamment une boucle circulaire enfermant les contreforts du bourg.

La intuition me tirait dans cette direction-là aussi.

Combien de lustres faudrait-il encore mobiliser pour mener à bien ce chantier colossal ?

Même pour cette liaison régionale limitée, nous connaîtrions déjà des délais très conséquents.

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