J'abandonne.
Je me retrouve sur une île inconnue pour je ne sais quelle raison, mais je dois trouver de quoi manger pour survivre.
Les petites baies rouges, je peux les manger sans avoir mal au ventre.
Une nourriture précieuse.
J'ai mémorisé plusieurs endroits où elles poussent, mais sans m'en rendre compte, les fruits ont disparu.
Si je réfléchis calmement, c'est évident : des baies comestibles ne resteraient pas là indéfiniment sans être touchées.
Cette île abrite, discrètement, des bêtes magiques et des monstres.
Ils sont trop faibles pour s'approcher de moi, mais la nourriture, eux, ils s'en approchent.
Les bêtes magiques et les monstres, ça a aussi faim, après tout.
C'est 어쩔ess.
Par contre, les oiseaux.
Lui, je ne lui pardonnerai pas.
L'oiseau m'a volé toutes les petites baies rouges que j'avais stockées.
Juste devant mes yeux.
Même moi qui ai le cœur large, là, je suis furieuse.
Si je l'attrape, je le rôtis entier et je le bouffe.
Les baies rouges des environs ayant disparu, je dois trouver une nouvelle source de nourriture.
J'ai trouvé des champignons, mais… j'ai un très mauvais pressentiment.
Après tout, ils sont restés là, intouchés, tout ce temps.
Ce qui veut dire que même les bêtes magiques et les monstres ne les mangent pas.
Je les garde pour le tout dernier recours.
Je me suis tournée vers la mer.
Il y a des poissons dans la mer.
Les poissons, ça se mange.
Mais je ne sais pas nager, donc je ne peux pas les attraper.
C'est frustrant.
Mais bon, les coquillages sur la plage, ceux-là je peux les ramasser.
Si je juge bien les marées, c'est super facile.
J'ai ramassé des coquillages avec acharnement.
Ils avaient l'air délicieux.
Mais je ne me précipite pas.
Manger cru et se ruiner l'estomac, ce genre de bêtise, je ne la fais pas.
Je suis une démon qui apprend.
Je les fais cuire.
Et je les ai mangés.
C'était bon.
Mais j'ai eu mal au ventre.
E-elles étaient bien cuites, pourtant…
Peut-être qu'elles étaient encore crues quelque part.
Ah, j'ai le tournis…
Les coquillages, c'est non.
J'ai mis trois morts pour l'apprendre.
Et les poissons.
J'ai trouvé des poissons laissés par la marée, je les ai grillés et mangés, mais ça n'a pas marché non plus.
Tout mon corps s'est engourdi, et je suis morte.
Mince.
Pourtant, c'était un poisson tout mignon qui gonflait quand on le piquait, mais il était venimeux.
Celui-là, plus jamais.
Mon aliment de base sur cette île, c'est devenu l'herbe.
Je la fais bouillir et je la mange.
C'est pas bon.
Mais je n'ai pas mal au ventre.
Je ne meurs pas.
Ça, c'est important.
Les fleurs, c'est dangereux.
Les racines aussi, c'est dangereux.
J'ai appris en mourant.
Pour faire bouillir, j'utilise une pierre creusée.
Si je me relâche, elle se casse, alors je ne peux pas la quitter des yeux.
Je l'ai déjà cassée un nombre incalculable de fois.
Maintenant que j'ai mon aliment de base, je vais me construire une base pour survivre.
Oui, une base.
Le but, c'est d'avoir un endroit pour dormir, mais encore plus important : stocker de la nourriture.
C'est parce que je n'en avais pas que l'oiseau me l'a volée.
Une base, c'est indispensable.
L'endroit… en priorité sur la vue, le bord de la rivière, sur la plage.
Si un bateau passe, on le verra tout de suite.
Être près de la rivière, c'est parce qu'en remontant un peu, je peux avoir de l'eau potable.
S'il y a de l'eau, même sans nourriture, on s'en sort.
Surtout l'eau chaude, c'est vital.
Même sans goût, le simple fait qu'elle soit chaude aide.
Pour l'instant, je fais un toit contre la pluie et des murs contre les oiseaux.
Je prends un arbre solide comme base, je tresse ou superpose de grandes feuilles, et voilà, c'est fini !
Dit comme ça, ça a l'air simple, mais de la collecte des matériaux à la finition, ça m'a pris environ cinq jours.
Mais c'est drôlement confortable.
Le fait de bloquer le soleil, c'est vraiment bien.
Pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt, tiens.
Réflexion.
Je veux prendre soin de cette base.
C'est ce que j'ai décidé. Mais le lendemain, la base a été emportée par le vent.
Je n'abandonne pas.
J'avais oublié que sur une île, le vent souffle fort.
J'ai utilisé du bois flotté pour faire une base solide et lourde.
En tout cas, plus solide que la précédente.
Avec ça, je ne perdrai pas contre le vent.
Je ne devrais pas perdre !
Le lendemain, la base a été écrasée par la tempête.
Ah, je ne me laisse pas abattre.
Elle est juste écrasée, les matériaux sont encore là.
Je me suis acharnée à la reconstruire.
Le lendemain, la base a été emportée par les grosses vagues.
……
C'était une mauvaise idée de privilégier la vue.
Construisons plus loin de la mer.
Oui.
Je suis un démon capable d'apprendre.
Arrêtons aussi le bord de la rivière.
J'ai eu la vision d'un avenir où je serais emportée par une crue.
En cherchant un endroit pour la base, j'ai trouvé une grotte.
Pas profonde.
Juste assez pour que deux adultes puissent s'allonger côte à côte.
Si je fais une porte en bois flotté, ce sera une base respectable.
Allez, pour que la porte ne s'envole pas, je la fixe avec un gros rocher.
J'aimerais bien faire du feu à l'intérieur, mais dans une grotte, c'est impossible.
Le feu, je l'utiliserai dehors.
Et j'ai mis de l'herbe au fond de la grotte pour faire un lit.
Oui.
C'est très bien.
La pluie, ça ne me fait pas peur.
J'ai même fait des rigoles pour que l'eau n'entre pas.
Bon, à partir d'ici, je vais améliorer ma vie petit à petit.
J'ai crié pour me donner du courage.
Le lendemain.
C'était la tempête.
Assez violente.
La porte, pour qu'elle ne s'envole pas, je l'ai fixée avec un rocher encore plus gros, mais elle cliquette, elle vibre.
Et puis, l'oiseau.
Depuis quand il est là ?
Il est entré par l'entracte de la porte ?
Il s'est réfugié ici pour fuir la tempête ?
Désolé, mais je n'ai pas oublié.
Que tu m'as volé toutes mes petites baies rouges.
Fuhahaha.
Tant pis pour toi.
Le fait que j'étais là, c'est ta malchance.
…………
Grr, ne me regarde pas avec tes yeux ronds comme ça !
B-bon, dehors, c'est la tempête.
La nourriture, c'est de l'herbe, mais j'en ai un peu.
Pas la peine de se battre maintenant.
Tant que tu ne fais pas le fou.
Reste tranquille.
Le lendemain, la tempête est partie.
L'oiseau est parti aussi.
Apparemment, il n'a pas touché à la nourriture dans la grotte.
La prochaine fois, je ne te raterai pas.
En marmonnant ça, je me dirige vers la plage.
Pour voir si la tempête n'a pas amené quelque chose de bon.
Bon, je sais bien qu'on a pas souvent cette chance, cela dit.