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Farming Life in Another World

Chapitre 1 : Un transfert en autre monde comme il y en a tant

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Chapitre 1

Chapitre 1 : Un transfert en autre monde comme il y en a tant

Chapitre 1/1100%~7 min de lecture1 301 mots

Je m'appelle Hiraku Machio.

L'entreprise où je suis entré après la fac était une usine à broyer les gens ; j'y ai usé mon corps et fini ma vingtaine, puis j'ai passé toute ma trentaine à l'hôpital.

Homme.

Mort à trente-neuf ans.

Et en ce moment même, je suis face à Dieu.

« Une réincarnation dans un autre monde ? »

« Non, un transfert. »

« Un transfert ? Je croyais pourtant être mort. »

« En effet. C'est bien pour cela qu'il s'agit de te ramener à la vie dans un autre monde. »

« Euh… et mon corps, alors ? »

« J'en ai chassé la maladie et régénéré les organes pourris. Sans quoi tu mourrais aussitôt. Tant qu'à faire, je vais aussi te rajeunir un peu. »

« Merci beaucoup. »

« Ne me remercie pas. T'envoyer dans un autre monde sert mes intérêts. On peut dire que c'est pour moi que tu vas revivre là-bas. »

« Je vois. Et une fois là-bas, aurai-je quelque chose à faire ? »

« Non, il te suffira d'y vivre. Profite sans arrière-pensée de cette seconde vie. »

« Ah. D'accord. »

« … Tu n'as rien à redire ? »

« Non. »

« Voilà qui est docile. Mais… c'est vraiment tout ce que tu souhaites ? »

« Oui. Après tout, j'ai passé près de dix ans sans pouvoir bouger d'un lit d'hôpital. Vous me rendez un corps en bonne santé et vous me rajeunissez par-dessus le marché : je n'ai rien à redire. »

« Bien. … Ah… enfin, disons… Comme je me sens coupable de ne t'imposer que mes propres convenances, je vais exaucer un peu de ce que tu désires. »

« Ce que je désire ? »

« Oui. Par exemple… posséder une compétence particulière, ou avoir un destin qui te vaudra de bonnes rencontres. »

« Alors, je voudrais un corps qui ne tombe jamais malade. »

« … Un corps qui ne tombe jamais malade ? »

« Oui. J'ai souffert de la maladie. Si possible, je ne veux plus jamais connaître ça. »

« H-hum. Entendu. Je t'accorde donc un corps qui ne tombe jamais malade… un [Corps sain]. »

« Merci beaucoup. »

« Je peux bien t'en accorder encore un. »

« Comment ? Mais… »

« Peu importe, dis toujours. »

« Ah… Alors, serait-il possible que je puisse vivre dans un endroit où il n'y a pas trop de monde ? »

« Un endroit sans personne ? »

« Oui. Ah… c'est-à-dire que, quand mes parents sont morts, des gens qui se disaient de la famille m'ont fait toutes sortes de choses… et puis dans l'entreprise où je suis entré, aussi… alors voilà, je me méfie un peu des gens… Non, ce n'est pas ça. Je crois surtout que je ne suis pas très doué pour communiquer avec les autres. Je sais qu'il faudrait que je me soigne de ça, mais pas tout de suite… »

« D'où l'endroit sans personne. Entendu. J'en tiendrai compte pour ta destination. »

« Merci beaucoup. »

« Un troisième ne me dérangerait pas. »

« Comment ? »

« Peu importe, dis toujours. »

« Ah… voyons. Ah, mais oui. Faites que je puisse parler la langue de là-bas. »

« De ce côté, tout est en ordre. Tu pourras converser avec les humains pour l'essentiel. C'est ce qu'on appelle un aimable pack du débutant. »

« Ah… euh. Bien. »

« Allons, dépêche-toi de formuler un souhait. »

« Vous dites ça, mais… j'ai passé tout mon temps dans un lit d'hôpital ; rien que pouvoir bouger me rend heureux, alors la plus grande partie de mes vœux est déjà exaucée… »

« Alors, disons. Y a-t-il quelque chose que tu aimerais faire ? Là où tu vas, c'est un monde d'épées et de magie comme dans les jeux que tu connais. Devenir le meilleur aventurier du monde, devenir un mage hors du commun, ou tout simplement devenir roi quelque part : tout cela est possible. »

« Ha ha ! Tout cela est bien trop lourd pour moi. … Ah, mais si. Il y avait une chose que je me disais que je ferais si mon corps se remettait à bouger. Mais oui ! »

« Bien. Parle. »

« L'agriculture. »

« … »

« Enfant, pendant un atelier découverte, j'ai tenu une houe, et je m'en souviens encore. Sans savoir pourquoi, ça me trotte dans la tête. Alors voilà : je veux cultiver la terre. »

« Je vois. L'agriculture… »

« C'est impossible ? »

« Ce n'est pas impossible. Ce n'est pas impossible, mais ce souhait n'est pas de mon ressort. Attends un instant. »

« Bien. »

Pendant que j'attendais, le dieu en face de moi a sorti une sorte de vieux téléphone portable et s'est mis à parler.

J'entendais les mots, mais je n'y comprenais absolument rien.

Une autre langue, peut-être ?

Une seule chose me parvenait clairement : son interlocuteur au bout du fil était terriblement excité.

« Merci d'avoir patienté. Voici ce que je te donne. »

Sur ces mots, il m'a tendu une houe.

Manche en bois, fer seulement pour la lame.

« Un [Outil agricole universel]. »

« Universel ? La houe est un excellent outil, je vous l'accorde, mais universel, n'est-ce pas exagéré ? »

« Pour l'instant, elle prend la forme d'une houe parce que c'est ton image. Elle se transforme selon l'usage. »

« Elle se transforme ? »

« Oui. Tiens, si tu penses “deviens une faucille”, par exemple… la voilà faucille, tu vois. Scie, marteau, pioche, pelle : tout ce que tu veux. »

« Oh ! »

« Et elle t'est réservée. Elle reste toujours près de toi, et si tu la lances, elle revient. »

« Quelle performance ! »

« Tant qu'à faire, pour t'épargner l'embarras du rangement, elle réside dans ton corps. Tu peux l'en sortir et l'y remettre à volonté. Essaie donc. »

J'ai fait comme il me le disait : j'ai rangé l'[Outil agricole universel] dans mon corps, puis je l'ai ressorti.

« Incroyable ! »

« Prends-en bien soin. »

« Oui, j'en prendrai bien soin. »

« … Bien, il est bientôt l'heure de partir. Tu es prêt ? »

« Ça ira. Merci pour tout. »

« Bien. Porte-toi bien. »

Tandis que j'écoutais ces mots, j'ai senti mon corps se dissoudre.

Et quand j'ai repris mes esprits, j'étais au milieu d'une forêt.

Inspection du corps.

Le corps… bouge librement.

Aucune douleur.

Je suis en bonne santé.

Je n'ai pas de miroir, mais à voir mes mains et mes jambes, j'ai l'impression d'avoir rajeuni.

Le début de la vingtaine ? Non, la fin de l'adolescence ?

En tout cas, rien à signaler.

Les vêtements… je porte des habits que je ne connais pas.

Une tenue de villageois comme dans les jeux de fantasy, un pantalon et une veste sans façon.

Les sous-vêtements… un caleçon à cordons, je crois.

Quoi qu'il en soit, j'aime mieux ça qu'un linceul.

Ça doit faire partie du pack du débutant dont parlait le dieu.

Ensuite, j'essaie de sortir l'[Outil agricole universel].

La houe apparaît d'un coup et se retrouve dans ma main.

Merci, mon Dieu.

D'ailleurs, je ne lui ai pas demandé son nom.

Je ne sais pas à qui adresser mes prières.

Bah, l'important, c'est la gratitude.

Bon.

Je me relève et regarde autour de moi.

La forêt.

Devant moi, la forêt. Derrière moi, la forêt.

À droite, la forêt. À gauche, la forêt.

Ma destination… j'avais demandé un endroit où il n'y a pas trop de monde, mais là, ce ne serait pas plutôt un endroit où il n'y a strictement personne ?

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