Davis se dirigea vers l'endroit où il avait vu son soi-disant frère aîné avec une allure décontractée. Il avait diverses idées sur la façon de gérer la situation, mais estimait qu'il dépasserait les bornes s'il agissait durement avec l'autre partie.
Arrivé dans ce couloir, il vit Ernest, toujours appuyé près de cette porte.
« Testons le terrain... » pensa Davis pour lui-même et s'approcha de lui. Il ne voulait pas non plus offenser inutilement ce membre de sa famille sans raison.
Ernest ressemblait un peu à Davis, mais pas trop. Il avait les cheveux noirs courts qui lui arrivaient au cou, ses yeux étaient d'un bleu saphir qui scintillaient comme l'océan bleu. Son corps paraissait légèrement maigre à l'extérieur, combiné à ses vêtements ordinaires mais virils légèrement usés, il avait l'air de n'importe quel cultivateur moyen dans les rues.
— Ernest, c'est bien ça ? demanda Davis d'un air indifférent.
Ernest affichait une expression complexe. Il cessa de s'appuyer et soupira. En esquissant un sourire moqueur, il répondit : « C'est "grand frère" pour toi, petit frère Davis. »
— Grand frère Ernest. Davis se corrigea sans changer d'expression.
Ernest fut pris au dépourvu. Il avait l'air choqué. Il avait vécu comme un roturier, il savait donc que son expression et ses mots moqueurs étaient plus que suffisants pour provoquer même un gamin riche à se battre contre lui, mais ce petit frère ne broncha pas.
Il regarda son petit frère avec des yeux surpris. Après tout, il avait pensé que ce frère royal serait très arrogant. Du moins, c'est ce qu'il avait compris en rencontrant sa petite sœur Clara, qui avait été plutôt froide avec lui lors de leur première rencontre.
Davis sourit en son for intérieur car il savait que son grand frère le testait aussi. Il s'en fichait complètement.
— Tout ce que je suis venu dire, c'est que tu peux vivre dans ce château royal. Je m'en fiche de tout le reste, ne trame rien et ne complote pas contre nous, sinon je ne peux pas garantir que ta vie t'appartiendra encore. dit Davis franchement d'un ton froid, et au moment où il termina ses mots, une faible pression d'âme s'abattit sur Ernest, entravant lourdement ses mouvements.
Ernest avala sa salive et hocha la tête involontairement avec l'illusion de la mort planant sur son corps. Il eut l'impression de tomber dans une sorte de marécage qui le pressurisait vers les profondeurs d'un gouffre.
Une fois la pression invisible levée, il retrouva ses mouvements et serra les dents tandis qu'une vague de déception balayait son cœur.
Déçu de lui-même, il marmonna mentalement : « Merde ! Je voulais lui tenir tête ! Si je ne peux même pas faire ça, comment puis-je protéger ma mère dans cet endroit ! » Mais en regardant le visage froid de son petit frère, il frissonna légèrement car il comprit enfin l'écart de puissance entre eux : « C'est ça mon petit frère ? »
L'idée qu'Ernest se faisait de la famille royale était celle d'un monde chien mange chien. Il ne savait pas qu'ils étaient extrêmement unis et attentionnés, sinon il n'aurait pas pensé « Je veux protéger ma mère » et ce genre de choses devant sa propre « famille ».
Davis regarda l'expression d'Ernest et décida que cette démonstration de puissance suffisait pour que ce dernier se tienne à carreau. Il se dirigea alors vers la porte près de lui.
Les yeux d'Ernest s'écarquillèrent, il grinca des dents et cria en rassemblant son courage : « Arrête ! Où vas-tu ! »
Davis s'arrêta et le regarda : « Je vais rendre visite à ma belle-mère. Tu as un problème ? »
Errest resta sans voix. Il chercha vite une raison : « Tu ne peux pas ! Mère est malade et elle se res... »
« Entre Davis... » Une voix retentit de l'intérieur de la pièce, faisant taire Ernest.
Davis eut un léger sourire en entendant la voix de son père. Ernest hésita mais estima que ce serait bien puisque son père était là aussi.
Juste avant d'entrer, Davis le regarda à nouveau et dit : « Peut-être devrais-tu rendre visite à ma mère, l'Impératrice, et dissiper les malentendus que tu as pu causer. Nous ne sommes pas tes ennemis après tout. »
Davis entra alors dans la pièce et la referma, laissant un Ernest stupéfait marmonner tout seul dehors : « Est-ce que je les traitais en ennemis ? »
À l'intérieur, la pièce était spacieuse et luxueuse comme n'importe quelle résidence noble qu'on pouvait trouver hors du château royal.
Une silhouette belle et frêle était assise en position de repos sur le lit. Un visage pâle avec un petit nez et des lèvres de velours séchées, leva les yeux et jeta un coup d'œil à Davis. C'était la mère d'Ernest.
Lorsqu'elle le vit, une émotion inconnue surgit dans son esprit, la poussant à regarder Davis avec un sentiment complexe dans son cœur.
Ses longs cheveux noirs lui arrivaient à la taille tandis que quelques mèches grises étaient ancrées sur sa tête. Elle avait l'air malade mais son teint et sa condition physique guérissaient progressivement.
En regardant sa silhouette maladive, Davis vérifia que sa belle-mère était bien malade. Il soupira en son for intérieur et se détendit enfin.
Ce n'était pas parce qu'il la voyait guérir, mais parce qu'il partirait bientôt et ne saurait pas si ces deux nouveaux venus trameraient quelque chose de malveillant à l'avenir.
En comparant leurs niveaux de culture avec ceux de sa propre famille, il savait que rien n'arriverait. Mais après l'incident d'Evelynn, un vague sentiment d'insécurité avait pris racine dans son cœur, le poussant finalement à douter de tout ce dont il n'était pas absolument certain.
— Père, quel est le sens de tout ça ! questionna Davis d'un ton glacial.
Logan était assis près d'elle, se tenant la tête dans les paumes. Il leva les yeux et regarda Davis avec une expression impuissante : « On peut dire qu'elle est ma femme... et elle vient juste de se réveiller hier de son traitement. »
L'expression de la silhouette maladive changea et un faible sourire doux apparut sur son visage, comme si elle était assez heureuse de l'entendre la reconnaître.
— Alors pourquoi as-tu l'air si impuissant ! grogna Davis avec mécontentement, mais au fond de lui, il riait comme un fou. Emmerder son père est l'une des choses qu'il aimait le plus faire.
« Tu sais... C'est ta mère... Elle ne me parle plus. » En disant ça, il regarda la silhouette maladive : « Cette femme, elle est ma responsabilité. Mais Claire, elle... c'est mon amour... »
Satisfait de sa réponse, Davis hocha la tête mais la secoua ensuite : « Qu'est-ce que tu veux dire par "cette femme" ? Est-ce que belle-mère n'a pas de nom ? »
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