J'aimerais rester à Bolcena tous les jours, mais je ne dois pas trop importuner Silvia, qui est enceinte. Par conséquent, je devais passer une ou deux fois par semaine au palais royal.
Ce n'est pas facile de s'occuper d'un bébé quand on est enceinte. C'était pareil même si j'étais un bébé mignon et sage.
« Alors, Princesse, à quoi on joue aujourd'hui ? »
« Jeu ! »
« Alors, à quel genre de jeu on joue ? »
Je n'en savais rien. Honnêtement, ne devrait-ce pas être à elle d'avoir des idées ? Est-ce que je devais inventer de nouveaux jeux à cet âge ? Bon, on devait jouer tous les jours, alors Cerera devait être à court d'idées… Je comprenais ça, au moins.
« Puisque Graecito est là, comment serait-ce si on jouait à cache-cache ? »
Cache-cache ? Il a eu un sursaut en entendant ce que Cerera proposait. Il avait l'air de détester ça à en mourir. Pff, ça ne lui suffisait pas de me haïr pendant deux jours ? Bon, ce n'est pas comme si je pouvais l'ignorer maintenant.
Je n'avais pas envie de traîner avec lui non plus !
J'en avais marre de cette dispute qu'on se traînait encore et encore. Comme il est si jeune, il montrait sa haine de manière si franche.
C'est tout la faute de Cerera !
« Alors, je compte. Elaine, Lapin, et Cerera, vous pouvez vous cacher. »
Cerera a tourné la tête vers ma réponse. Elle regardait Graecito. Ça me faisait de la peine de revoir ça.
Oh, bah, qu'est-ce que je pouvais y faire ? J'étais née quelqu'un de faible face à Cerera. Il fallait que je me sacrifie pour elle. Ils étaient soudain devenus une mère et un fils aimants, se cachant au même endroit, mais c'était mieux que d'être séparés.
« Alors, on va jouer dans le jardin ! »
Elaine avait l'air enthousiaste pour le cache-cache. Quand est-ce qu'elle allait grandir ? Ceci dit, j'aimais bien son innocence, alors je souhaitais qu'elle la garde. Enfin, je serais un peu agacée si elle le faisait vraiment.
« Allons au jardin ! »
Quand je suis sortie, emmitouflée pour ne pas attraper froid, j'ai immédiatement senti que l'hiver approchait. Bien sûr, la protection de l'arbre d'hiver empêchait qu'il ne fasse trop froid, mais comment dire… le paysage était différent ? Des branches sèches étaient toutes rances, sauf les arbres d'hiver et quelques conifères. Parmi eux se trouvait un arbre-chaud qui était le meilleur bois de chauffage de l'hiver. Quand j'ai approché ma main de l'arbre, j'ai senti de la chaleur dans ma paume, et en le regardant, j'ai crié de toutes mes forces.
« Maintenant, je commence ! »
J'ai entendu du bruit derrière moi, alors j'ai posé ma main sur l'arbre et j'ai commencé à compter. Est-ce que je devais compter à partir de dix ?
« Dix ! Neuf ! Huit ! Sept ! »
J'étais vraiment un génie d'avoir déjà mémorisé les chiffres. Même si personne ne l'avait remarqué. Enfin, pensez donc que je m'amuserais à jouer à de vieux jeux comme ça. À ce rythme, mon esprit allait lentement se dégrader, et je risquais de devenir vraiment une enfant.
« Six ! Cinq ! Quatre ! »
Cependant, le gros problème était ailleurs, et c'était le fait que ce vieux jeu était tout aussi amusant que dans mes souvenirs.
« Trois ! Deux ! Un ! Fini ! »
Quand j'étais petite, je jouais comme ça avec mes amis. Quand j'étais au lycée, je passais le reste de ma pause déjeuner à jouer comme ça. Uno, un-deux-trois-soleil, et tout ça. La nostalgie que j'ai ressentie en rejouant à ce jeu m'a mise dans tous mes états.
Je me suis détournée de l'arbre.
« Prêts ou pas, j'arrive ! »
À cause de la règle qui interdisait de sortir du jardin, il y avait de toute façon un nombre limité d'endroits où se cacher. Où aller en premier ? J'allais partir vers la rivière, mais je n'ai fait que bouger le pied.
J'allais aller là où je n'étais jamais allée auparavant !