Si sa mère vivait dans un autre pays, est-ce que s’il épousait signifierait qu’elle n’aurait plus aucune raison de partir à l’étranger ? J’affichai un sourire amical en me demandant si je devais creuser cet aspect.
« Tu as une petite amie ? »
« Pardon ? »
'Pas étonné. Tu fais partie des rares à être au courant. Ha ha.'
« Oh non, je n’en ai pas. »
« Et quel est ton passe-temps ? »
Ceréra soupira depuis le côté. Maman savait déjà ce que je faisais, même sans que je lui dise. Dès que je lui avais demandé d’appeler le médecin, elle avait vite renvoyé faire quelques courses en plus pour lui servir d’intermédiaire. Elle était bien ma mère.
« Tu aimes l’alpinisme ? Les jeux de hasard ? Oh, tu as des habitudes de boisson ? »
Qu’est-ce que je pouvais bien demander d’autre ?
Avant de le bombarder de questions comme un enquêteur du recensement, j’ai levé les yeux vers lui pour me demander si je pouvais vraiment confier notre à ce type. Mais Hasin a brusquement changé d’expression et a répondu à mes interrogations en rafale avec un calme déconcertant.
« Je ne bois pas. Je ne pratique aucun jeu de hasard ni l’escalade. Ma passion, c’est le jardinage. Y a-t-il autre chose ? »
Zut alors, ce type tenait bien le choc.
« Pr… Princesse. »
En réalité, c’était Assisi, qui se tenait près de moi, qui rougissait. Il m’a saisie avec un air désorienté.
'Ça va, Assisi. Tout le monde passe par là au moins une fois dans sa vie.'
Quoiqu’il en soit, j’aurais cru qu’il serait bien plus embarrassé et je me suis dit « pourquoi cet adolescent me fait-il subir ça ? », souffrant entre confusion et peur, mais il s’est ressaisi bien plus vite que prévu. Bon, il était donc plus futé que je ne le pensais, hein ?
« À quoi tu recherches chez une fille ? »
Comme prévu, cette question devait être trop directe pour lui.
Ceréra, Assisi et même Hasin, qui se tenait devant lui, eurent tous l’air surpris. Je souris en intimité. Bien sûr.
« Toi aussi tu aimes les filles jolies, hein ? Les hommes sont tous pareils. C’est bien ça ? »
Ouais, les hommes ne tombent amoureux que sur base de deux principes fondamentaux : numéro un, elle est jolie ; numéro deux, y a pas de numéro deux. Après tout, si elle est belle, ils n’ont plus d’yeux. J’en ai déduit qu’Hasin ne pourrait pas répondre rapidement à ça. Je sentais un peu de victoire en continuant à lui balancer des questions.
« Tu aimes les femmes qui bavardent ? Une fille mignonne ? Tu préfères avoir une fille ou un garçon si tu t'en sors avec elles ? »
« Moi, j’aimerais avoir une fille. Plutôt une fille qui ressemble à une princesse. »
Il esquivait les questions délicates, mais mordait allègrement à celles-ci comme ça en un éclair. Il ne m’avait pas laissé une si mauvaise première impression.