Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? On dit que si quelqu’un fait quelque chose d’inhabituel, cela présage sa mort prochaine.
J’ai regardé papa avec une expression grave, et il m’a rendu un sourire amer. C’était un sourire franchement amer, mais il m’a tout de même touchée.
« Je suppose que je commence à être vieux. »
Un léger regret. Ce n’était qu’un soupir habituel, et je ne savais comment lui répondre.
J’avais juste trop peur qu’il soit vraiment malade.
Alors j’ai agrippé ses vêtements sans raison particulière, et il m’a tapoté la tête un instant. C’est un geste banal, mais il m’a semblé étrangement plus tendre. Était-ce simplement mon imagination ? J’ai eu l’impression que ses yeux devenaient un peu plus doux.
« Il semblerait que ma fille… »
« Hum ? »
« Est vraiment aimée par tous. »
‘Contrairement à moi.’
J’ai cru comprendre ces mots en fin de phrase, alors je me suis tue.
D’une façon ou d’une autre, j’ai senti que son cœur était si proche du mien que je pourrais presque le saisir.
Il organisait une fête d’anniversaire toujours plus extravagante chaque année, mais c’était la personne la plus mélancolique de toutes. Personne ne fêtait son anniversaire. C’était ça, mon père. Pourtant, je pensais que les choses s’amélioraient d’année en année depuis ma naissance. Ça n’a dû n’être qu’une illusion, finalement.
Je me suis prise la tête pour rien. Papa a ri pendant que je restais silencieuse, et ses lèvres ont effleuré mon front tandis qu’il se penchait avec soin.
« Joyeux anniversaire. »
Il ajouta d’une voix basse, profonde et un tantinet rauque.
Malgré tout, je percevais toute son émotion dans chacune de ses paroles.
« Merci de m’avoir donné la vie. »
« Ce n’est pas moi qui t’ai mise au monde, donc c’est ta mère qu’il faut remercier pour ça. »
rit à sa manière accoutumée, mais je n’avais aucune envie de rejoindre ce rire. Il semblait déplorer son inexpérience, son inefficacité face au rôle de père.
Mais même en étant un abruti, il restait mon père.
« Mais ce sentiment n’est pas désagréable. »
Son petit sourire m’a allégé le cœur. J’ai répondu par un grand sourire éclatant. C’était tout ce que je pouvais lui offrir. me fixa ainsi, sans cligner des yeux. J’ai eu un peu peur, car j’avais l’impression qu’il tentait de graver mon sourire dans chaque recoin de sa mémoire. J’ai du mal à contenir mes émotions face à lui.
« Puisque je te félicite, il est temps que je te donne ton cadeau. »
‘Ça y est !’
J’étais nerveuse. Qu’allait-il bien pouvoir faire cette fois-ci ? Mon regard inquiet ne dura qu'un instant : papa sortit brusquement un objet d'une enveloppe de papier.
C’était une carte de ce continent, que je n’avais jamais vue auparavant.
Ouh là, c’est incroyable.
Tandis que je la contemplais, prit la parole.
« Allez, choisis-en une. »
« Hum ? En choisir laquelle ? »
Quand je reportai la tête vers lui, mon père répondit.
« Je t’offre n’importe quel pays que tu désireras pour ton anniversaire. »
« … »
‘Je n’ai besoin de rien de pareil, papa !’