À présent que j'avais l'âge de me débrouiller seule, n'avait plus à rester constamment à mes côtés pour s'occuper de moi. Du coup, je passais plus de temps avec Assisi qu'avec . Avant tout, Assisi me suivait partout où j'allais. Le travail de , ces temps-ci, consistait à préparer mes vêtements, m'informer de mes devoirs ou m'aider dans mes responsabilités.
« Papa ! »
En entrant dans la salle à manger avec Assisi, avait déjà commencé son repas.
Regarde un peu ce père que j'ai ? Je n'avais pas mangé alors que je crevais de faim, juste pour qu'on mange ensemble ! Pourtant, lui n'a pas pu m'attendre sous prétexte qu'il avait faim ? Ce salaud.
Je m'assis à côté de , le regard chargé de colère, et Assisi prit place en face de moi. Puis, comme s'ils nous attendaient, les servantes apportèrent notre dîner sur la table.
Waouh, ça avait l'air délicieux ! Le menu du soir, c'était de la viande ? De la viande, de la viande !
« C'est quoi cette saleté sur tes vêtements ? »
« Hein ? Qu'est-ce qu'il y a dessus ? »
Je baissai les yeux sur ma robe quand la désigna, mais il n'y avait rien.
Qu'est-ce qu'il regardait, bon sang ? La robe que je portais était couleur ivoire. Elle n'avait qu'un motif simple avec quelques bijoux en guise d'accentuation brodés sur la manche… attends… ne me dis pas que ?
« Oh, ça ? C'est juste une décoration. »
« … »
Mon père resta sans voix. détourna la tête et continua de manger. Hein ?
« Papa. »
« … »
« Papa ? »
Tandis que je mangeais de la viande à la fourchette, j'appelais papa, qui restait silencieux. Il ne tourna pas la tête vers moi et ne répondit pas à mon appel.
« Papa, t'es gêné ?
C'est ça ? C'était le cas ?
Je souris et demandai à , qui tourna la tête pour me regarder légèrement. Je lui souris radieusement.
« Allez, je sais tout. Sois honnête avec moi. T'es gêné ? C'est ça ? »
Papa détourna la tête de l'autre côté. C'est vraiment pitoyable de le voir manger en silence.
'Tu sais quoi, papa ? Même si tu fais ça, je vais pas t'en laisser passer une facile.' Sentant ma ferme détermination, , qui mâchait sa viande en silence,'ouvrit la bouche.
« La nourriture est trop salée. Le chef cuistot a pété un câble ? »
« Papa, t'es gêné ?
'C'est bon. J'ai compris.'
me lança un regard noir. Un regard chargé d'intentions meurtrières. J'en fus tellement surprise que je ne pus… je rigole ! Je voyais cette expression tout le temps. Je lui souris simplement.
Les vieux disent qu'on ne peut pas cracher sur un visage souriant. Papa savait que je ne le faisais pas exprès, non ? Tout ça, c'était parce que je l'aimais bien. Ça s'appelle une démonstration d'affection publique.
Oui, c'est une expression d'amour. Peut-être.