« Oh, où sont les jeunes seigneurs jumeaux ? »
Les jeunes seigneurs jumeaux étaient les fils de , qui venaient au palais tous les jours. Une fois éloignée de , je regardai autour de moi.
« Je ne sais pas. Ils sont sans doute repartis explorer le jardin. »
« Mais c'est déjà l'heure du goûter. »
afficha un air inquiet. Je tirai la manche d'Assisi sans dire un mot, puis je m'adressai à .
« J'irai les chercher ! »
« Je t'attendrai jusqu'à ton retour, alors. »
« Allons-y, Assisi ! »
D'une façon ou d'une autre, derrière moi, j'ai cru entendre : « Dame est si formidable ! Il me semblait que vous traitiez la princesse si bien ! » Je n'en étais pas sûre, cependant. Je suppose que c'était juste à cause de ma morosité.
Le soleil chaud m'accueillit dès que je sortis du pavillon du jardin, luxueusement construit pour donner l'impression qu'il s'étendrait à l'infini. Je m'arrêtai de marcher car la lumière du soleil se posa un instant, et je fus brièvement fascinée par le paysage qui s'offrit à mes yeux.
Les arbres blancs, les fleurs colorées, les papillons volants et les oiseaux avaient tous l'air d'images sorties tout droit d'un livre d'images. Ce n'était pas aussi beau que le jardin d'hiver, mais ce que je voyais était tout aussi impressionnant.
C'est le jardin Illestri.
C'est un endroit que j'appelais jardin partagé, et c'était un cadeau d'anniversaire que j'avais reçu de quand j'avais quatre ans. Pour que ce jardin soit possible, le roi avait fait raser une partie de la zone où se tenait le sérail, ainsi que le jardin d'hiver, si bien qu'il fut critiqué pour avoir endommagé le patrimoine culturel national. De plus, il portait mon nom en tant que jardin spécial fait exclusivement pour mon usage personnel. Ainsi, chaque fois que je me souvenais du nom du jardin, j'étais terriblement gênée.
Bon, en fait, je trainais au jardin d'hiver à cause de l'arbre d'hiver, mais mon père semblait croire que j'aimais le jardin lui-même. En fait, quand j'ai essayé d'en faire une blague, il a essayé de déterrer l'arbre d'hiver pour en déplacer les racines. Du coup, sa folie m'a effrayée et l'a poussé à arrêter. Ha, bref, je ne pouvais rien dire d'autre.
Bref, ce jardin était plus vaste que je ne le pensais, puisqu'il n'était pas à mon échelle, mais aménagé au niveau de la famille royale. Il est difficile d'en faire le tour même si on court toute la journée. Si on jouait à cache-cache ici, il faudrait environ quatre heures pour trouver celui qui compte. Pourtant, j'aimais le fait que personne ne puisse entrer puisque c'était mon jardin personnel. Cela m'attristait un peu de ne plus voir Layla pendant mes promenades.
Bref, où sont passés les jumeaux ?
« Assisi, où allons-nous en premier ? »
Assisi se tourna vers moi en entendant ma question. Pourquoi ? Est-ce que j'ai quelque chose sur le visage ?
« Si c'est trop pour toi, je les retrouverai moi-même. »
« Non, ça va ! »
J'avais dit que je sortirais pour les chercher, en premier lieu.
Debout à mes côtés avec un sourire, il me fixait de haut.