Quel genre de poursuite était-ce donc pour qu'elle se déroule en plein jour ? Je sentais que les passants me regardaient, perplexes.
'Oh, je savais bien que je ne me comportais pas comme une princesse. Non, c'est bon, je n'avais encore que trois ans ! C'est normal à cet âge !'
Pourtant, Assisi ne s'arrêtait pas. 'Ce salaud ! Ma colère me donnait des forces. Il fallait que je coure plus vite.' Cependant, au moment où je m'élançais, quelque chose m'accrocha le bout du pied. Je savais que…
« Heuh ? »
Je ne tombai pas. Je sentis des mains m'attraper avant que je ne touche le sol. 'Heu, ouah, j'ai failli tomber.' Quand j'ouvris les yeux, une grande ombre se dressait devant moi.
« Ça va ? »
Ces yeux dorés-verts.
Ça me surprit. Il était si loin devant, comment avait-il fait pour revenir si vite ? Je le remerciais, mais j'étais assez étonnée. 'Non, mais ce n'est pas l'important, là !' Reprenant mon souffle, j'attrapai la cravate d'Assisi.
« Je t'ai eu ! »
Je l'avais capturé !
L'expression d'Assisi changea quand je riai.
« Tu me suivais ? »
« Oui, c'est ça ! »
« Pourquoi… ? »
Qu'est-ce qu'il y a à comprendre ?
« Pour te voir, bien sûr. »
Après qui d'autre aurais-je couru ?
(Hoche, hoche). Tandis que je hochais la tête, l'expression d'Assisi changea à nouveau. Même son visage légèrement froncé était beau. C'est bizarre de le voir d'aussi près. Comment ce type peut-il être si beau ? Sa beauté rivalisait avec la mienne. Bon, il avait l'air un peu froid, mais ça ne posait aucun problème.
« Tu es Assisi, hein ? »
« Heu ? Oui. »
Ouais, je le savais déjà. Je souriais le plus largement possible.
« Salut, je m'appelle ! »
« Oui, je sais. »
Assisi hocha la la tête, sa cravate toujours dans ma main. Je rigolai encore en regardant ça. Je n'arrivais pas à m'arrêter de sourire. J'aurais dû faire ça dès le début. Je me demandais pourquoi j'avais tant hésité.
Je me rapprochai de lui, en souriant. Je sentis Assisi essayer de reculer. Cependant, ce n'était pas facile à cause de la cravate que je tenais.
« Tu m'as fait un mauvais coup ? »
« Pardon ? »
« Pourquoi tu fuis tout le temps ? »
« Eh bien, c'est… »
Même son air décontenancé était charmant. Mieux vaut être beau, que ce soit un homme ou une femme.
« Est-ce que… »
Dans ma voix, qui avait capté son attention, Assisi fit face à mes yeux en silence. Ses pupilles étaient si époustouflantes que j'avalai ma salive sans bruit.
« C'est parce que je ne te plais pas ? »
« Quoi ? Non, bien sûr que si. Princesse, comment pourriez-vous croire ça ? »
Je fus un peu surprise par son déni si immédiat. Assisi secoua la tête, consterné.
« Princesse, comment pourriez-vous croire ça ? »