« Il semblerait que tu aies beaucoup de temps libre. J'ai l'impression de te voir pas mal ces derniers temps. »
Le Dranste suffisant me sourit en coin en réponse à ma question. Il but une gorgée du thé devant lui etposa son menton sur sa main. Son allure rappelait celle d'un voyou de campagne, ce qui ne fit qu'accentuer l'amertume dans mon regard.
« Je suppose que oui. »
'J'étais sûre qu'il repartirait bientôt… mais j'imagine qu'il a décidé de rester un moment pour une raison quelconque. Sa chambre était toujours vide ; à présent, il a complètement déballé ses affaires… et cela fait déjà près de deux mois… Je suis surtout surprise qu'il ne se soit pas encore évanoui sans un mot, comme à son habitude.'
'Bref, peu importe s'il reste longtemps. Le vrai problème, c'est qu'il me colle aux basques en permanence rien que pour se moquer de moi !'
'Juste comme aujourd'hui !'
'Je profitais de ma brève parenthèse de tranquillité… et le voilà qui débarque jusque dans le jardin pour me narguer.'
Je fixai Dranste en fronçant les sourcils, tandis que tous les domestiques lui témoignaient une politesse excessive sur le chemin. Qu'a-t-il de si spécial ? Il allait et venait comme le vent ; je ne comprenais pas pourquoi on l'accueillait si chaleureusement.
Quand je fronçai les sourcils ouvertement, Dranste éclata de rire.
'C'est agaçant.'
« Qui es-tu, au juste ? »
« Pourquoi me le demandes-tu ? Est-ce que tu es vraiment si curieuse ? »
'Ben oui, justement. Je veux savoir ce qu'est Dranste et ce qu'il faisait dans le passé.'
'Ça fait déjà sept ans qu'on se connaît, mais tout ce que je sais vraiment de lui, c'est son nom, sa tête et son thé préféré. Juste trois choses !'
'Ce n'est pas que je m'en fiche de ce type. Quand il n'est pas là, je m'en moque éperdument, mais dès qu'il se plante devant moi, impossible de ne pas être curieuse ! Je ne peux m'empêcher de faire attention à lui parce qu'il est juste là, sous mon nez.'
À ma réponse, Dranste sourit comme s'il y trouvait son compte. Mon jauge d'agacement remonta encore d'un cran. 'Putain, je le déteste.'
'Jusqu'ici, l'homme le plus mystérieux au monde, c'était mon père, mais il y en a deux autres du même acabit. D'abord Assisi, et l'autre, c'est Dranste, planté juste devant moi !'
« Surtout, j'aimerais savoir pourquoi tout le monde t'appelle le professeur de mon père. »
Dranste posa son menton sur sa main, l'air boudeur.
« Parce que c'est ce que je suis. »
« Qu'est-ce que tu lui as appris ? »
« Eh bien, qui sait… »
'Je devrais peut-être juste le gifler ?'