Nous nous promenions tranquillement, mais dès que j'ai aperçu ce gamin, mon humeur a pris un coup. Je ne pouvais pas foutre ce gosse à la porte. Bien sûr, Keitel a dit que ce n'était pas son fils, mais je me sentais mal à l'aise puisqu'il a aussi affirmé qu'ils n'auraient pas besoin de test de paternité.
« Alors… qu'est-ce qui va lui arriver ? »
« Eh bien, il ne deviendra probablement pas membre de la famille royale. »
« Pourquoi pas ? »
« Parce que ce n'est pas ce que l'Empereur désire. »
'C'est tout ? Bon… ça sonnait un peu comme une blague, mais c'était une excuse valable. Pff, peu importe. Je ne devrais plus m'en faire. J'étais trop sensible ces derniers temps.'
Je me suis retournée pour repartir, mais le gamin a couru vers moi.
« Tiens ! »
Zayland, qui arrivait en courant avec quelque chose dans les mains, m'a souri largement.
« Tu peux les avoir ! »
Il m'a donné un joli caillou. Le jardin en regorgeait, mais chacun était d'une beauté telle que j'en collectionnais pas mal quand j'étais petite.
Zayland a souri timidement pendant que j'examinais la pierre. Son sourire était si frais qu'il m'a arraché un regret distrait.
« Merci. »
Le garçon a souri à ma réponse. Puis il s'est enfui en courant.
'Il me laissait tomber comme ça ? Quel ennui.'
Ce gamin et moi, on était bien pitoyables. Tous deux nés dans une famille aussi emmerdante. Enfin… au moins, sa mère semblait l'aimer beaucoup.
'Un enfant devrait recevoir tout l'amour de ses parents. Moi, pendant ce temps… J'arrête. Ça ne fait que me rendre triste.'
'Maintenant que j'y pense, ça faisait un bail que je n'avais pas vu les jumeaux. Peut-être que Ferdel me laisse tranquille après tous ces ennuis. Ou peut-être qu'ils étaient juste occupés avec leurs affaires de famille… Leur famille était si grande et chaotique en permanence que c'en était fascinant. Au moins, la leur n'était pas aussi emmerdante que la nôtre…'
Je suis rentrée au palais pour porter les cailloux que Zayland m'avait donnés jusqu'à ma chambre, et j'ai croisé Papa dès que j'ai mis les pieds à l'intérieur. J'ai paniqué une seconde.
« Salut, Papa ? »
'Cela dit, je devais lui dire bonjour. Mais qu'est-ce qu'il foutait là, lui ?'
J'ai penché la tête, perplexe, mais je m'en foutais. Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais l'expression de mon père était féroce. J'ai été terrifiée de voir les serviteurs s'agiter nerveusement derrière lui.
« Tu n'as rien à me dire ? »
« Hein ? »
Qu'aurais-je bien pu lui dire ? En penchant à nouveau la tête, j'ai vu Keitel me reposer la même question.
« Tu n'as vraiment rien à me dire ? »
'Qu'est-ce qui se passait, là ?'
Il avait l'air bougon… mais je n'avais rien fait de mal. J'ai hoché la tête fièrement, mais j'ai compris que j'aurais pas dû.
« Je croyais t'avoir spécifiquement dit de ne pas voir ces deux-là. »