« Alors, comment était ce type quand tu l'as enfin rencontré ? »
Les yeux de Sanse pétillaient d'excitation. Je portai une cuillerée de glace au yaourt à ma bouche.
« Il était plutôt bien. Surtout, ce n'est pas un taré. »
« Oh wow ! »
Je parlais de Hasin. Je pensais que ça ne les intéresserait pas, mais les gamins étaient déjà tellement absorbés par les histoires d'amour des autres et y prenaient autant de goût. Dès qu'ils sont venus me voir, ils m'ont aussitôt demandé des nouvelles de ma femme de chambre. Du coup, je leur ai raconté ce qui s'était passé la veille et l'avant-veille. En m'écoutant, Sanse affichait un enthousiasme encore plus poussé.
J'étais en train de porter ma cuiller à mes lèvres quand Valer a explosé d'un air excité. Surtout, les jumeaux semblaient particulièrement surpris par mon évaluation, assez généreuse de leur point de vue.
« Ria a dit que c'était parfait ! »
« Ça doit être un mec vraiment bien ! »
… Quelle idée ils peuvent bien se faire de moi, au final ?
Même Cito, assis à côté d'eux, hocha la tête pour approuver. Oh, ces petits foutus ! J'ai haussé un sourcil, mais les enfants s'en lavaient les mains. Merde. Ils devraient carrément rester dans leur cour !
« Et toi, oncle, tu as décidé de l'aider aussi ? »
Valer tourna vers Assisi et lui demanda.
Assisi sursauta légèrement en sentant mon regard, mais je suis revenue de mon observation. L'histoire où il avait pleuré de peur que je ne me marie concernait aussi mon père en secret. J'étais la seule à connaître le pot aux roses et je comptais me payer sa tête jusqu'à la fin de mes jours !
« Oui, Assisi a dit que ça formait un beau couple. »
« Sanse pense pareil pour eux ! »
« Valer aussi trouve ça cool ! »
Les jumeaux levèrent la main et hurlèrent. À côté d'eux, Cito hocha doucement la tête.
« Moi aussi, j'ai le même avis. »
Ils étaient trop mignons.
J'avais envie de pincer leurs joues, mais je me retins. Bon sang, j'étais enfant aussi, pourtant je ne comprenais pas pourquoi ces môles avaient l'air si attachants.
Avant que je ne puisse répliquer, Valer lança déjà, le visage grave.
« C'est réglé ! On va donc soutenir la femme de chambre de Ria ! »
« Oui, on le fera ! »
« Moi aussi. »
Comment en étais-je arrivée là, à fonder la Société de Soutien Amoureux d'Elyne ?
C'était aussi une société secrète ; elle-même n'en savait rien. Non, en fait, je ne me souvenais pas avoir accepté Hasin comme partenaire d'Elyne. Mais il aurait été trop galère d'arrêter ces gamins qui complotaient déjà pour faire ça.
Allez, je n'insistais plus. J'ai simplement retiré mes mains de leur jeu et terminé ma glace, croquoum croquoum.