Depuis ce jour, où je m'étais rendue à l'hôpital du palais impérial, mon attention s'était portée sur Elyne et cet homme.
Heureusement, Elyne ne s'était pas rendu compte que je la suivais l'autre jour. D'une façon ou d'une autre, tout le monde à l'hôpital le savait. Bien sûr, je les avais prévenus de garder le secret, mais je devais me méfier des gens. Ils pouvaient propager de sales rumeurs.
Toujours est-il que la raison pour laquelle elle était particulièrement distraite ces temps-ci, c'était à cause de lui, hein ?
Ça avait du sens maintenant que je repassais en revue chacune des actions d'Elyne. Pour une raison quelconque, elle s'intéressait à mes friandises dernièrement. Elle essayait de les lui donner, pas vrai ?! Mon chocolatier m'avait dit qu'Elyne commandait plus de friandises ces temps-ci. Du coup, il pensait que j'allais prendre beaucoup de poids, mais il fut surpris de me voir telle que d'habitude.
« Quelque chose ne va pas ? »
J'étais en train de ruminer quoi faire quand, soudain, Assisi demanda. J'en eus un frisson dans le dos. Oh, il avait l'esprit vif.
« Hein ? Non, rien. »
Je lui souris en essayant d'avoir l'air innocente, et Assisi inclina la tête.
Elyne était partie en course pour Cerera. Quand j'avais demandé à maman où elle allait, maman m'avait donné un indice : Elyne se rendait à l'hôpital du palais. Comme prévu, Cerera le savait déjà.
Je n'étais pas la seule à surveiller cette histoire d'amour. J'avais appelé mon grand-père médecin personnel hier. Je lui avais dit que ma servante était tombée amoureuse de cet homme, qui était médecin adjoint sous ses ordres. Alors, grand-père m'avait promis de retrousser ses manches et de les soutenir. Il s'intéressait à ce qui se passait entre eux, alors j'ai pêché quelques infos. Hem.
Ouaih, c'est marrant de se mêler des amours des autres ! Surtout quand c'est pas les miens !
« Assisi. »
« Oui ? »
Bien que je l'eusse oublié à cause de mon père, Assisi était bien passé de l'âge où les gens se marient habituellement. Pourtant, il n'avait pas l'air intéressé par les fréquentations ou le mariage. Assisi ferait un mari parfait. Bien sûr, cette idée n'était pas seulement la mienne.
« Tu ne vas pas te marier ? »
Assisi secoua la tête en entendant ma question.
« Non, je n'ai pas l'intention de le faire. »
« Ah, pourquoi pas ? »
Je fus surprise par sa réponse si nette et demandai pourquoi, mais dès que je posai la question, il se referma comme une huître. Hein ? Qu'est-ce qui ne va pas ? En plus, son expression s'assombrit. Ce n'était pas au niveau de la gêne. C'était au-delà. Est-ce que j'avais fait quelque chose de mal ? Je croyais qu'il allait mieux. Cela faisait un moment que je n'avais pas vu son visage si raide.