Le temps avait déjà changé.
J'ai regardé par la fenêtre, l'air émerveillé. Les arbres avaient déjà revêtu leurs habits multicolores et les feuilles tombaient.
Arf, ça allait être chiant à nettoyer. Non, ce n'était pas important…
L'automne arrivait. Merdre, même si j'essayais de me mettre dans l'ambiance, ma personnalité s'en mêlait.
« Voici, Princesse. Ceci… »
La bouillie que Cerera me donnait avait changé depuis que j'avais huit mois. Bien sûr, je buvais toujours du lait, mais on me donnait à la fois du lait et de la bouillie comme si je mangeais du riz et de la soupe.
Aujourd'hui, c'était de la courge musquée écrasée.
« Ma ma. Ma ma. »
« C'est ça. Bien. C'est bon ? »
« Délicieus. »
En l'imitant avec un accent maladroit, Cerera a ri franchement.
C'est vrai, je peux maintenant dire des mots qui ressemblent à du langage humain. Bon, mon accent était fort, donc je ne pouvais toujours pas parler correctement, ce qui était un peu décourageant. 'Pourquoi je n'arrive pas à parler alors que j'ai une bouche ? Ce doit être la volonté des cieux qui sont jaloux de mon intelligence !' Ouais, bien sûr. C'est censé être comme ça…
« Coucou. »
Pendant que je mâchais la douceur de la courge dans ma bouche, Elaine a surgi d'en bas. Ce que je voulais vraiment faire, c'était lui lancer un regard méprisant plein de pitié, mais comme elle le faisait pour moi, je lui ai lancé un os.
Allez gamine, je t'offre un sourire.
« Oh, la Princesse aime ça. »
Elaine s'est assise près de mon berceau, a posé son menton sur les barreaux et a souri radieusement.
'Hé, j'aime pas du tout, mais je ris pour toi, d'accord ?'
Je n'arrivais vraiment pas à savoir qui était le bébé, d'elle ou de moi.
Peu importe, je veux juste manger. Miam, miam. La courge douce était délicieuse.
D'après les commérages des servantes, j'étais un bébé vraiment amusant à élever. Quand j'y pensais, la raison était peut-être plutôt évidente. Je veux dire, même moi, je voudrais élever un bébé comme moi.
Si je pouvais trouver un bébé comme moi qui non seulement écoute bien mais ne pleure jamais et ne râle pas, alors moi aussi, je voudrais élever ce bébé.
Non seulement j'étais tout ça, mais n'étais-je pas en plus jolie ?
Ha, cette beauté dévastatrice qui est la mienne !
« Tu as beaucoup grandi et ton poids est bon. Notre princesse, tu fais des efforts pour grandir si bien. »
Cerera m'a essuyé la bouche avec un mouchoir et a souri radieusement.
Son visage s'était tellement illuminé qu'on ne trouvait plus trace de l'ombre qui planait sur lui quand on s'est rencontrées. C'était encore une période incertaine pour moi, donc elle ne pouvait voir son enfant qu'une fois par mois, mais quand viendra le moment où je serai plus stable et n'aurai plus besoin d'elle comme avant, elle pourra voir son fils plus souvent.
En entendant ce qu'elle disait, j'ai eu envie de faire des efforts pour grandir plus vite, mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire juste en y mettant du cœur.
Ce n'était pas quelque chose que je pouvais contrôler toute seule ! Pfft. Ah, j'ai eu un coup de blues.
« Même en un court instant, son visage a changé plusieurs fois. »
Ah, c'est lui. Il est revenu ?
J'ai tourné la tête, exprimant mon agacement.
Cerera et Elaine étaient occupées à débarrasser mon repas, donc elles ne faisaient pas attention à où je regardais. Grâce à ça, je pouvais dévisager le type invisible autant que mon cœur le désirait.
« Je suis un peu blessé. Tu es quand même contente de me voir, non ? »
Tu te fous de ma gueule, là ? Tu essaies de fourguer ta came à qui ?
J'ai mis toute mon incrédulité et mon mépris dans mon regard en le dévisageant, ce qui l'a fait rire si fort qu'il en a renversé la tête en arrière.
Ah, putain de dingue.
Comme s'il ne traînait pas déjà avec un autre cinglé, lui aussi il est à côté de la plaque. Bien sûr, il insiste encore pour dire qu'il est normal…
D'habitude, en règle générale, les fous ne savent pas qu'ils sont fous.
« Je suis blessé. Ton amour pour moi a dû refroidir ! »
Casse-toi. Arrête de me fourrer ta drôle de tronche devant les yeux.
Comme je flipuais et essayais de me reculer, le type s'est approché. Il est venu au berceau et a commencé à rayonner un sourire juste devant mes yeux.
« Hé, c'est toi qui as dit que j'étais le seul à qui tu pouvais parler. Qui a dit que c'était une bonne chose ? »
C'est fini. J'ai pas envie de parler avec un taré comme toi ! Dégage !
J'allais mourir de colère. Comment je me suis fourrée avec un taré pareil ?
J'en veux à moi-même de m'être réveillée en pleine nuit il y a deux mois. Ouais, c'est ça, c'est tout à cause de ces dents ! J'ai grimacé en maudissant les dents pointues qui étaient sorties en bas. Il s'est avéré que je me réveillais souvent la nuit parce que je faisais mes dents. Même si je me réveillais, je me réveillais devant un type comme lui.
J'aurais pas dû sauter de joie à ce moment-là. J'aurais vraiment pas dû.
Il n'avait pas l'air blessé par mon aversion exagérée. Au contraire, avec la mentalité d'un fou, il me retournait les tripes. C'était la même chose que ce qu'il faisait maintenant.
« Être revêche, c'est mignon aussi, ma princesse. »
'Putain, casse-toi ! Toi !!! Oui toi, je te parle !'
Il a mâché mes paroles pleines d'animosité aussi légèrement que si c'était du chewing-gum. Ce fils de pute.
« J'veux pas. »
Va te faire foutre. Barre-toi, et assure-toi de te vautrer en plus. Il n'a même pas cligné des yeux face à ma déferlante d'injures. Il m'a juste fixée droit dans les yeux et m'a tapoté la tête.
C'était un peu différent de la façon dont Caitel me tapotait la tête. Comment expliquer ? Je suppose que Caitel me donnait toujours l'impression de caresser un animal de compagnie, mais ce connard me donnait l'impression d'apaiser un animal plutôt ?
'Ah, moi. Quelle était la différence ? Dis-moi quelle est la différence !'
« Je trouve ça fascinant. Même Caitel ne peut pas me voir quand je suis comme ça. »
En disant ça, Dranste avait l'air inhabituellement honnête. Je l'ai regardé avec un air « bof ». Même en plein jour, les lueurs bleues faiblement brillantes qui sortaient de ses yeux froids semblaient étranges. Il n'était définitivement pas humain.
« Tu l'as dit toi aussi, c'était fascinant de pouvoir te parler. »
Ah, c'était vraiment vrai. Cependant, c'était pas assez fascinant pour que ça vaille le coup que j'endure son harcèlement ! J'ai mis mon pied à terre, mais il a juste laissé mes mots lui entrer par une oreille et sortir par l'autre.
Argh ! Ce fils de pute.
Qu'est-ce qu'il a dit que c'était ? C'était soi-disant une sorte de télépathie.
C'est ça, il avait l'air de trouver trop chiant d'expliquer, donc il m'a donné une explication à moitié faite. Ça me donnait envie de lui mettre un coup de poing, mais d'après ce que j'ai entendu, ça avait vraiment l'air d'être ce genre de pouvoir.
Peut-être, en quelques mots, j'étais celle qui lâchait ses pensées n'importe où, et il les captait juste par hasard. Mon père et Cerera ne pouvaient pas l'entendre parce qu'ils étaient parfaitement humains et que leur code ne correspondait pas. Un truc comme quoi pas de permission d'approcher ?
Ah, peu importe. J'ai plus besoin de toi, alors tu peux partir. Hein ?
Lis dans mes pensées ! »
« Malheureusement, je n'ai pas ce genre de capacité. »
Dranste m'a répondu avec haine tout en souriant radieusement. J'avais envie de lui pincer cette face au moins une fois avec beaucoup de haine et de force !
« Même un type comme moi a des limites. »
Beurk, ce salaud.
Son sourire trop sûr de lui était si dégueulasse, j'avais vraiment envie de demander à mon père d'aller le tabasser.
'Papa, ta fille se fait harceler !'
Maintenant que j'y pense, j'ai déjà entendu cette voix quelque part. Ouais, c'est ça. Je l'ai déjà entendue avant. C'était quand j'avais environ 3 mois ? Ouais, en plein milieu de la nuit, il est venu avec mon père et ils ont tous les deux fait irruption dans ma chambre ensemble.
Ah, j'aimerais bien envoyer un doigt d'honneur à mon moi du passé qui pensait que ce type était une personne normale, par UPS. Quel genre de putain de personne normale c'était ?!
« Mignonne. Tu as quel âge ? »
J'suis pas ton animal de compagnie, d'accord, pourquoi tu me demandes depuis combien d'années je vis ?
Beurk, j'allais exploser de l'intérieur. Il ne cessait d'appuyer là où j'avais mal ! C'est ça, je vis que depuis 8 mois alors qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?!
« Tu dis que tu es née il y a seulement huit mois ? »
Arrête de demander alors que tu connais déjà la réponse ! Ne confirme pas ce que tu sais déjà !
« Mignonne. Tellement adorable. »
Ouais, merci pour les compliments.
Par contre, qu'il croit pas qu'il peut m'avoir avec ça. C'est une erreur. (En coréen, erreur se termine par le même mot que montagne.) Montagnes de la province de Gyeonggi erreur. (Jeu de mots coréen)
… Ah désolée. C'était nul. Celle qui devrait aller se faire foutre, c'était moi.
J'ai vraiment mal au cœur.
Je l'avais si mal que je suis restée là, les joues gonflées. Le type a recommencé à rire.
Quoi ? Pas seulement Caitel mais lui aussi ? Pourquoi ils rient tous les deux de moi ?
J'étais drôle ? Peut-être que j'avais l'air drôle ?
Je m'étais pas encore vue dans un miroir, donc je n'avais aucune idée de ma tête. Quelqu'un devait me filer le truc qu'on appelle un miroir, pour que je puisse me voir.
J'ai soupiré. Puis, ma lèvre du bas a commencé à sortir pour une raison quelconque.
Bref, pourquoi j'avais cette capacité ?
« Hein ? Quoi ? »
La capacité de te voir, toi, cette boule de chewing-gum.
« Je te l'ai dit la dernière fois. C'est à cause de ta lignée. »
Il a donné une réponse à la va-vite en me caressant la joue. J'ai commencé à être vexée.
Qu'est-ce que tu veux dire par ma lignée ?
« Comment veux-tu que je le sache ? »
Mais qu'est-ce que tu sais, toi ?
Mon regard méprisant l'a transpercé.
Si c'avait été quelqu'un d'autre, il n'aurait pas pu déchiffrer un regard aussi bizarre de ma part, mais ce type a instantanément su ce que je voulais dire. Penser que ce type pouvait comprendre même des trucs comme ça avec sa télépathie à 100 % vers moi.
Tsk, j'ai utilisé mon petit bras pour lui taper agaçante sur le bras, ce qui l'a fait retirer sa main. J'aurais dû faire ça dès le début.
Il a utilisé la main qu'il a retirée pour poser son menton dessus.
« Tu as une meilleure vue que les bébés normaux. D'après ce que je vois, c'est tout grâce à ta bonne lignée. Bien sûr, ton développement actuel est aussi grâce à ça. Ton développement cognitif et intellectuel est déjà fini. Et ton développement mental à ce stade est, eh bien, suffisant. Ta croissance mentale est praticamente finie à ce stade et il ne reste plus que ton corps qui est encore un bébé ? »
Peux-tu pas fièrement étaler un truc que je sais déjà. Donc si je suis sa logique, le fait que j'aie tous les souvenirs de ma vie précédente pourrait être grâce à l'influence de ma lignée. Ou peut-être pas.
« Si le sang mélangé dans tes gènes était un peu plus épais, ton développement physique n'aurait pas pris de retard par rapport à ta croissance mentale et aurait été tout aussi rapide… exception faite des yeux — Bon. Tsk. Malheureusement, on dirait que ce n'est pas le cas. »
Tu dis que je suis pas humaine ? »
La question que j'ai lancée l'a fait rire.
Cette nuit-là, je ne l'avais pas bien vu mais Dranste au soleil était une beauté qui ne perdait rien face à Caitel. Si tu devais les comparer, techniquement c'était une victoire pour mon papa. Si tu y réfléchis, personne ne peut battre la beauté de Caitel. Si tu analyses seulement cet humain (Caitel), sa beauté n'était même pas humaine du tout.
« Peut-être que dans ce monde, il y a toutes sortes de gens. Si je devais préciser, tu es à peu près 98,2 % humaine ? »
Alors c'est juste humaine. Tu veux crever putain ?
« Ouais ! Mais une dame ne doit pas être si grossière. »
C'est lui qui a commencé avec ses taquineries et maintenant il fait encore ça. J'ai l'impression que mes tripes vont exploser avec tout ce feu intérieur. Hwa-byeong (trouble de la colère). Ah, Hwa-byeong. Si je m'évanouis à cause du Hwa-byeong à cet âge tendre, c'est tout grâce à ce type.
Papa, s'il te plaît, bats ce type. (Snif. Snif. Snif.)