« Assisi, tu veux qu'on échange nos places ? J'ai toujours des batailles de papier avec des idiots. Snif, snif, je veux être un chevalier princesse moi aussi. Snif, snif, princesse, je veux être ton chevalier aussi ! »
« Tu sais te servir d'une épée, Ferdel ? »
« Non. »
Qu'est-ce que ce type foutait ? Il ne savait même pas se servir d'une épée, et il voulait être chevalier ? Il se foutait de ma gueule ? Ferdel me demanda, sa cuillère dans la bouche, s'il ne voyait pas mon visage durci.
« Princesse Ria, tu préfères Assisi ? Ou tu me préfères moi ? »
« Assisi ! »
'Tu n'avais pas à poser ce genre de questions évidentes.'
Même si Ferdel était contre Assisi.
Pourtant, il était visiblement déçu par ma réponse, comme s'il avait nourri quelque attente. Et puis il dit : « C'est pas grave, moi aussi j'aime bien Assisi. » … Hein, il fait un peu peur.
« Et alors, tu préfères Keitel ou tu me préfères moi ? »
« Papa ! »
'Si Keitel n'avait pas été là, j'aurais peut-être donné une autre réponse. Mais comme il était là, ma réponse allait de soi : mon père.'
'Quand est-ce que j'aurais ma note pour celle-là ?'
Quand il entendit ma réponse, il fut encore plus frustré. C'était une réaction totalement différente de celle d'avant. On aurait dit : « Je suis derrière lui, c'est ridicule ! » Je trouve que c'est faux, mais c'est peut-être juste mon impression.
De son côté, Keitel semblait le tenir pour acquis. Allez.
« Bon, et entre Keitel et Assisi ? Lequel tu préfères ? »
'… C'est une sorte de test ? Comme ces questions « Tu aimes mieux maman ou papa ? »'
'Si on répondait qu'on préférait maman, ça peinait l'un. Si on répondait papa, ça peinait l'autre. Si on disait les deux, ça créait une ambiance chaleureuse, mais ça reste l'un des quatre grands défis qui existent dans n'importe quel monde. J'aurais hésité à répondre avant, mais maintenant, je ne regrettais pas du tout ce que j'allais dire.'
« Assisi ! »
Au moment où je prononçai ces mots, de la joie se répandit sur le visage de Ferdel.
'Il le voulait vraiment à ce point, pas vrai ?'
Au moment où Keitel seul se retrouvait comme écrasé, j'étais dans un embarras indescriptible, ne sachant si ce qui se passait était « bien » mais « sincère ». Tant pis. Je crois que je pouvais comprendre ses sentiments.
« Courage, papa. »
« Tu veux crever ? »
Bref, il se fait toujours taper dessus quand il se moque de lui.