Assisi sourit en désordre, détournant le regard des remontrances d'Elaine. Elaine ne cessa pas de radoter sur moi, bien qu'Assisi regardât déjà ailleurs.
'Elle pensait vraiment que j'étais une cane facile. Une cane !'
« On ne peut pas traiter les enfants aussi brutalement que l'Empereur le fait, mais vous, monsieur, vous la gâtez trop ! C'est pour ça que la princesse est si manipulatrice. Pourquoi la laissez-vous vous tenir en laisse ? Vous êtes le gardien de Ria, nom d'un chien ! »
Les montagnes étaient escarpées, et l'eau était tranquille.
'Était-ce la même Elaine qui avait peur d'Assisi et ne pouvait même pas parler, sans parler de se tenir à côté de lui, et l'évitait tous les jours il y a trois ans ? Vraiment ?'
J'ai ressenti un léger malaise. Ah, les humains étaient vraiment des créatures adaptables, après tout.
Soudain, je me suis souvenue du premier jour d'Assisi comme chevalier gardien.
'… L'adaptabilité des êtres humains dépassait de loin celle des cafards.'
Les gens l'évitaient autrefois et l'appelaient chevalier noir. Ils le voyaient comme un faucheur grimacant venu de l'enfer. Ils s'inquiétaient tous pour moi. Cependant, maintenant, on avait l'impression qu'ils étaient des gens entièrement différents. Maintenant, ils retournaient leur veste et disaient que c'était moi qui jouais avec Assisi. Ils lui conseillaient de ne pas me laisser le tenir en laisse.
« Tu es aussi en tort, princesse ! Tu penses qu'Assisi est ton animal de compagnie ? Bien qu'il t'ait toujours poursuivie comme un enfant perdu et bien qu'il pense que tu es une personne sans caractère et bien qu'il écoute chacun de tes mots, il reste ton chevalier gardien ! »
'Oh, maintenant elle dit qu'il est mon animal de compagnie !?'
Bien qu'Assisi ait timidement répliqué en disant : « Je ne suis pas tous ses ordres », sa voix de fourmi s'est vite éteinte après avoir croisé les yeux d'Elaine.
'Assisi, si tu recules, alors à quoi bon le faire ?'
À ce moment-là, j'ai entendu la voix d'un ange. Était-ce un signe de Dieu ?
« Elaine, ça suffit. »
Elaine, qui s'apprêtait à entamer son second couplet avec une attitude de haute voltige, adoucit immédiatement son expression. Assisi et moi avons tous les deux rayonné à cet instant.
'Serira ! C'est ma maman.'
Serira sourit radieusement et posa mon goûter sur la table qu'elle avait apportée de la cuisine. Je me suis levée d'un bond et j'ai couru vers Serira pour lui faire un gros câlin. Maman !
« Serira, vous êtes trop douce avec la princesse aussi ! »
« Mais vous l'êtes aussi avec elle, Elaine. »
Cet évangile a terrassé Elaine sur le champ.
'Oh, était-elle vraiment humaine ? Peut-être était-elle un ange ? Était-elle un ange ?'
Elaine avait toujours l'air mécontente, mais j'étais encore plus heureuse.