Tenue par la main par Cerera, j'ai emprunté un chemin au hasard le long du sentier du jardin, où se dresse l'arbre d'hiver. Elaine nous suivait derrière avec un air mécontent. Tiens, en y pensant, Elaine est toujours avec moi aussi. J'ai tellement l'habitude qu'elle soit à mes côtés.
Quand je me suis retournée, nos regards se sont croisés. Mon sourire vient d'illuminer le visage d'Elaine.
« Cela fait un moment qu'on n'a pas fait de promenade ensemble, Princesse. »
« Oui, c'est vrai. »
« On le fera souvent à partir de maintenant. »
'Ouais, on devrait faire ça.'
« Attends, Princesse ! »
Hein ? Je me suis arrêtée net à la voix d'Elaine et j'ai failli trébucher sur une pierre. Cerera m'a rattrapée prestement et a poussé un soupir de soulagement. J'ai ri malgré moi, désolée.
J'ai entendu dire qu'élever un enfant est une succession de batailles, et je suppose que c'est vrai. Elle est encore sur le pied de guerre aujourd'hui. Après avoir vérifié qu'il n'y avait rien d'autre par terre, Cerera m'a remise sur le sol. Et dès que j'ai tenté de repartir, j'ai aperçu une foule étrange plus loin devant nous.
Mon père a une grande suite, mais il y a beaucoup de monde aussi. C'était un contraste frappant avec moi, qui n'avais que deux personnes à ma suite. On dirait une délégation, vu le nombre. Cependant, presque tous les émissaires séjournant à Agrigent sont déjà rentrés chez eux, il n'en reste que quelques-uns. J'ai entendu qu'ils se reverraient de toute façon à Phantom et dans la ville lunaire de Tiepolo.
'Bon, est-ce une vraie délégation ?'
À cet instant, mon regard a croisé quelqu'un dans le groupe. Heu, hein ?
« On s'est déjà rencontrées, non ? »
Ce n'était donc pas une délégation ? C'est encore plus effrayant de la voir afficher ce sourire dès qu'elle me voit.
Oui, on s'était déjà rencontrées. Malheureusement, celle qui menait le groupe était la princesse Tylenia d'Andurs, que j'avais déjà vue. Ses cheveux dorés et brillants lui tombaient jusqu'aux pieds. Pour une raison quelconque, je détestais cette femme, bien qu'elle fût aussi belle que Silvia.
« Oh, qu'est-ce qui arrive à notre princesse ? »
Me dégageant de la main qui tenait mon épaule et me cachant derrière Cerera, j'ai vu celle-ci faire une grimace embarrassée. Mais je n'y peux rien. Je ne l'aime pas. Pour une raison quelconque, je me suis souvenue de la princesse de Praezia, qui m'avait tenue quand j'étais plus jeune. Je ressens la même chose quand je suis près d'elle.