De retour au manoir, je me rendis d'abord auprès de mon mari.
… Mon mari dormait, le visage paisible.
Bien que je ne puisse me résoudre à dire qu'il va bien, n'étant pas médecin, son teint s'améliore de jour en jour.
En le voyant ainsi, je souffle soulagée et m'assois sur la chaise près de son lit, en caressant sa tête.
Mon mari a trop travaillé.
Il s'inquiétait pour Iris, voulait l'accompagner aux réunions pour la soutenir, a voulu aider tant de fois… mais, n'étant pas en état de se lever, il a travaillé d'arrache-pied pour la soutenir du mieux qu'il pouvait… Moi aussi, je voulais soutenir mes enfants, mais… je ne supportais pas de le laisser dans cet état. Avant tout, je m'inquiétais pour sa santé.
…… Récemment, mes inquiétudes pour sa santé ont redoublé.
Alors que le conflit au palais royal s'intensifiait, il continuait de marcher sur le fil et de travailler sans répit.
Il accumulait de plus en plus de fatigue, physique comme mentale.
Chaque fois qu'il nous regarde, je sais que toutes ses pensées vont au pays et à son peuple. Je voudrais tant qu'il pense davantage à sa santé… Mais c'est impossible…
Beaucoup de gens souffraient de la catastrophe et de l'affaire des fausses pièces d'or… et il sait que tant de gens comptent sur lui, ses subordonnés, le comte de Sagittaire… et le prince Alfred et les siens… s'ils n'avaient pas été là pour maintenir le pays, nous ne pourrions imaginer ce qu'il en serait aujourd'hui.
Nombre de ceux qui voulaient obtenir un poste au palais en suivant le moindre caprice de la reine Elle et du marquis Maeria s'infilтраient dans les rouages de l'administration, espérant les manipuler comme des marionnettes quand Édouard monterait sur le trône… mais ils ignoraient même l'existence du prince Alfred et de sa sœur à cette époque.
C'est pourquoi je ne les en ai pas empêchés.
D'ailleurs, ces nobles n'ont fait que rendre plus flagrants les agissements de la reine Elle et du marquis, facilitant ainsi leur inculpation.
Mais… en y réfléchissant, même sans ces nobles pour rendre leurs actes évidents, la reine Elle et le marquis Maeria auraient pris les devants eux-mêmes une fois au sommet. C'était inévitable, de toute façon…
C'est plutôt, je pense, un souvenir honteux pour ceux qui les ont suivis aveuglément.
Et… le fait que l'administration du pays stagne… quand j'y pense…
L'administration centrale existe pour organiser la vie du peuple et gérer le pays ; son dysfonctionnement affecte grandement la vie des gens, maintenant et pour l'avenir…
Même si je ne me mêle pas de politique, je le sais.
Les choses étant ce qu'elles sont, ce pays finira par s'autodétruire, tôt ou tard, ou attendra-t-il d'être attaqué par d'autres nations… ?
Le fait que ce pays s'autodétruise avant d'être attaqué n'est ni une métaphore, ni une exagération.
Dans de telles circonstances, je m'inquiète d'autant plus pour mon mari, qui a continué de travailler peu après mon absence.
'Je me demande si la personnalité d'Iris, accro au travail, vient de mon mari… cette possibilité est très forte.'
Je marmonnai en y pensant.
L'instant d'après, mon mari entrouvrit les yeux un moment.
« …Es-tu revenue, Mary ? »
« Tu es réveillé ? »
« Plus ou moins… Sais-tu quelque chose d'Iris ? »
Il me le demanda d'une voix rauque, inquiet.
« Ne t'inquiète pas, mon mari, Iris est en sécurité, mon père vient de m'apprendre que le prince Alfred a été victorieux, la situation de la maison du duc d'Armélia va aussi s'arranger… cela veut dire que c'est aussi une victoire pour Iris. »
« … Vraiment… Je suis soulagé de l'entendre… »
Alors qu'il marmonnait et se détendait en soufflant soulagé, mon mari referma les yeux.
Inquiète pour l'état de santé de mon mari, je continue de le surveiller, mais j'entends son sommeil paisible et régulier, et je me sens soulagée.
M'inquiété-je trop ?
Chaque fois qu'il ferme les yeux, je pense que ce pourrait être le sommeil éternel, cette fois-ci ; c'est ma plus grande crainte.
Après avoir embrassé le front de mon mari, je me levai et sortis par une porte différente de celle par laquelle j'étais entrée.
Cette porte ne ressemble pas à une porte au premier regard.
Elle se fond parfaitement dans le mur, et il est impossible de l'ouvrir sans en connaître l'existence.
Des pièces secrètes et des passages cachés reliés par ces portes d'entrée existent toujours dans le manoir d'un noble.
Dans ce manoir, comme dans celui du fief, il n'y en avait pas beaucoup.
Au-delà de la porte se trouve une petite pièce qu'on peut sans risque qualifier de débarras.
Elle ne possède ni décoration ni meuble.
Seule une petite table ronde et sa chaise assortie, placées au centre de la pièce.
Je m'assois sur cette chaise.
Elle n'est pas luxueuse, rembourrée comme nos sièges habituels.
C'était davantage un bloc de bois.
Une fois assise, je saisis l'épée que j'avais posée négligemment sur la table.
Cette épée, comme les meubles de cette pièce, n'a aucune ornementation.
Je la tiens un moment… Puis je tire la lame du fourreau.
C'est une vraie lame, on le voit au premier coup d'œil. Elle a des années d'utilisation derrière elle, mais a été soigneusement entretenue.
Je porte l'épée près de mon front et ferme les yeux.
Cette épée qui d'ordinaire s'entraîne avec moi, ma partenaire, m'accompagne à présent…
En me remémorant, je calme ma respiration. Comme une prière…
Alors, je commençai l'entretien de cette épée.