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Comment tuer la vilaine

Chapitre 56

Comment tuer la vilaineComment tuer la vilaine
Chapitre 56

Chapitre 56

Chapitre 56/9062%~10 min de lecture1 881 mots

La vue des gens terrorisés ne cessait d'attirer mon attention. Devais-je les aider ? Alors que j'hésitais à nouveau par pitié, Anakin dit doucement.

« J'irai si Maître l'ordonne. Je pourrai probablement le vaincre… mais la sécurité de mon maître est ma priorité absolue. »

« …L'académie peut-elle vaincre ça ? »

« Les ingénieurs magiques ne sont pas seulement des chercheurs. Ils sont aussi entraînés pour la guerre en cas d'urgence. Pour l'instant, ils sont simplement déconcertés par la situation soudaine, mais ils trouveront une solution bientôt. »

C'est vrai, nous deux sommes les seuls à compter. Ils attraperont le monstre par eux-mêmes. Inutile que moi et mon Anakin sortions.

« …D'accord. Alors… rentrons. »

« Oui. »

J'ai découvert par hasard quelque chose qui ressemblait à un pistolet roulant par terre. Quelqu'un l'a dû laisser tomber dans la confusion. Je l'ai ramassé sans réfléchir et l'ai caché contre moi. Ça pourrait servir si je l'emportais.

Nous avons descendu l'escalier en vitesse et nous sommes dirigés vers la porte arrière de l'académie. La porte était ouverte, mais le champ magique posait problème.

Après avoir touché un instant le champ magique rond qui nous entourait, Anakin saisit son épée et retint son souffle. Une délicate noirceur voltigea sur la lame d'Anakin.

Il se concentra et trancha le champ magique d'un seul mouvement. Anakin, qui avait créé l'ouverture, me fit sortir en premier, puis me suivit.

Dès qu'Anakin fut dehors, le trou dans le champ magique se referma.

Pendant que nous le regardions, nos yeux croisèrent ceux de quelqu'un qui nous observait depuis l'autre côté du champ. Entre-temps, la personne s'enfuit dans l'académie.

Qui était-ce ? Mon cœur s'affolait. Même en essayant de me convaincre que ce n'était qu'un étudiant de l'académie, un coin de mon cœur continuait de s'inquiéter.

« Avez-vous laissé quelque chose derrière vous ? Dois-je retourner le chercher ? »

« Non… non. Allons-y, Anakin. Le plus vite possible. »

Les mauvais pressentiments ne se trompent pas toujours, mais je voulais que ce soit le cas cette fois. J'attrapai la main d'Anakin et courus dans la ruelle arrière.

Devant l'académie, c'était la cohue à cause des quelques monstres qui s'étaient échappés avant que le champ magique ne soit déployé.

À cause des gens qui se ruaient vers les voitures, il semblait difficile même pour un cheval de courir. Anakin

réfléchit un instant, puis s'agenouilla et me tourna le dos.

« Je vous porte sur mon dos. »

« Quoi ? Je sais courir ! »

« Je sais. Mais il faut courir sans s'arrêter jusqu'au manoir. Pour bien des raisons, il vaudra mieux que je vous porte. »

Bien sûr, de toutes les chaussures, je portais des talons, pas des chaussures plates. Si je dois courir jusqu'au manoir au lieu de marcher, je ne pourrai jamais tenir et je m'effondrerai.

Je les avais choisies parce que je pensais prendre une voiture pour le retour, mais il est inutile de m'en vouloir rétrospectivement.

Je ne savais pas si le monstre pourrait apparaître tout de suite, mais je ne pouvais pas perdre de temps ici, alors je me laissai porter par Anakin sans hésiter. Anakin posa ses poignets sous mes cuisses et se releva.

« Si je cours, ça va beaucoup trembler et ce sera très inconfortable. S'il vous plaît, supportez-le. »

Et il se mit à courir à un rythme assez soutenu, mais contrairement à moi qui haletais après un petit sprint, il ne ralentit pas.

C'était quand je pouvais voir la porte extérieure menant au manoir. Soudain, j'entendis un cri étrange, alors j'agrippai l'épaule d'Anakin et me retournai.

Un monstre fonçait sur nous à grande vitesse. Anakin ne pouvait pas lever son épée parce qu'il me portait. J'ai sorti le pistolet de mes bras sans y penser.

Et j'ai crié à Anakin.

« Anakin ! Faites demi-tour ! »

Anakin obéit immédiatement à mon ordre, et avec mes jambes serrées autour de sa taille, je visai le monstre avec le pistolet.

J'armai le chien qui dépassait, saisis fermement le pistolet à deux mains et pressai la détente. Bang ! Au bruit, une sphère magique jaillit au lieu d'une balle, mais elle était mal visée.

Sans un regret, j'appuyai à nouveau sur la détente. Bang ! Cette fois encore, je ratais. Je n'ai jamais tiré au pistolet de ma vie, c'était normal, alors je serrai les dents.

S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît ! Si je ne touche pas cette fois, c'est fini. J'appuyai sur la détente une dernière fois alors qu'il était presque sur nous. Bang !

La tête du monstre explosa devant mes yeux.

Dieu merci. Je suis vraiment soulagée. Mes mains tremblaient et je laissai tomber le pistolet, mais aucun de nous deux ne s'en soucia et nous courûmes à nouveau.

Quand nous parvînmes enfin au manoir, Anakin plia ses jambes fatiguées, et je me dirigeai vers la salle de bain sur mes jambes tremblantes, soutenue par les servantes.

Après un bain rapide, je ressortis et il y eut soudain une agitation en bas. Je regardai en bas, les cheveux mouillés, me demandant ce qui se passait, et ce furent les chevaliers du Palais impérial.

« Le marquis Misérian est arrêté d'urgence pour avoir ouvert la porte sans permission et libéré des monstres démoniaques à la cérémonie de remise des diplômes de l'académie ! Marquis, dépêchez-vous de vous habiller ! »

« Il semble y avoir un malentendu, et j'ai besoin de voir Sa Majesté tout de suite. Je lui expliquerai directement. »

« Carnival Misérian ! Le coupable qui a ouvert la porte avec votre fortune a déjà été arrêté ! Comment osez-vous demander une audience à Sa Majesté alors que les pièces d'or que vous lui avez données dans la cour ont aussi été saisies comme preuve ! »

(QC/N : Je pense que c'est son nom. Si je ne me trompe pas + d'après les phrases suivantes.)

Le marquis grinca des dents face aux déclarations des chevaliers. Il semblait à peine retenir ce qu'il voulait hurler.

Cependant, sachant que tout esclandre supplémentaire serait inutile, il changea de vêtements et suivit les chevaliers en silence jusqu'à la porte. Les domestiques chuchotaient et piétinaient.

Quelque chose clochait. Le marquis était l'un des plus gros mécènes de l'académie. Bien sûr, son soutien n'était pas désintéressé.

C'était parce qu'en plus d'ouvrir des relations avec des gens qui sont les talents du pays et pourraient devenir puissants à l'avenir, il pouvait aussi les faire pression implicitement.

S'il faisait cela, il risquait de perdre définitivement le mécénat de l'académie, la poule aux œufs d'or, alors pourquoi aurait-il ouvert la porte et attaqué le palais impérial ?

Le marquis n'était pas un homme si imprudent, et il n'y avait aucun avantage en retour pour lui.

Le vrai coupable était ailleurs et il voulait le couvrir avec le marquis. Puisque le terrorisme par monstres n'était pas productif, le but a pu être d'éliminer le marquis.

Le marquis avait trop d'ennemis politiques. Qui aurait pu imaginer ça, même en essayant d'y réfléchir, il y en avait plus d'un ou deux.

Je ne cessais de m'inquiéter pour celui qui était sorti de l'académie aujourd'hui et nous avait trouvés, Anakin et moi.

C'était comme si mon intuition me disait qu'il était le coupable.

J'y ai pensé jusqu'à ce que mes cheveux soient secs, mais je n'ai pas trouvé de réponse.

Puisqu'il est le marquis de Misérian avec sa grande ressources, il s'en sortira d'une manière ou d'une autre. Comme j'essayais de me détendre et de m'allonger, j'entendis soudain frapper à la porte à nouveau. Quand la servante ouvrit, le valet, qui portait un ordre impérial, fut guidé par la gouvernante et vint vers moi.

« Mademoiselle Misérian. Il y a un témoignage selon lequel vous étiez à l'académie au moment de l'incident d'aujourd'hui, est-ce vrai ? »

« …J'y suis allée avec une escorte personnelle pour regarder les feux d'artifice. »

« Sa Majesté vous ordonne de vous rendre au palais car il a des questions concernant les accusations contre le marquis Carnival Misérian. Veuillez vous habiller rapidement. »

Pour être honnête, j'avais peur, mais à des moments comme celui-ci, il ne faut pas le montrer. J'inclinai poliment la tête, me levai de mon siège et dis à ma servante.

« Dites à Anakin de se préparer pour le palais. »

« …Vous allez entrer au palais avec une escorte personnelle ? Les chevaliers du Palais impérial vous escorteront. »

« Ne sont-ils pas les "chevaliers du Palais impérial" ? Je me sens à l'aise avec mon escorte. »

Je demandai au domestique, qui semblait quelque peu embarrassé, avec un sourire.

« N'ai-je pas le droit de prendre mon escorte ? Je ne suis pas une suspecte de toute façon. »

« …Non. La fille du seigneur peut faire ce qui la met à l'aise. »

Anakin se prépara et arriva sur l'appel de la servante. Je montai dans la voiture et regardai la route menant au Palais impérial, mais elle était calme, comme si tout avait déjà été réglé. Comme s'ils savaient que cela allait arriver.

Le palais impérial n'avait-il pas remarqué quelque chose que même moi pouvais déduire facilement ? Je pensai soudain à cela. Des gens qui veulent se débarrasser du marquis, des gens qui ne seront pas lésés même s'ils ouvrent la porte et invoquent des monstres, des gens qui savent tout ça et peuvent tout régler rapidement….

Le vrai coupable est l'un des membres de la famille royale. L'empereur, l'impératrice, le prince héritier. Lequel des trois est-ce ?

L'impératrice et le prince héritier avaient à l'origine une profonde rancune contre le marquis. Cependant, il est impossible d'exclure l'empereur de la liste des suspects, l'un des plus grands opposants politiques de l'empereur était le marquis de Misérian. Cela fait un moment qu'ils ont appelé une trêve et se sont donné la main.

Pourquoi voulait-il enquêter alors que le marquis avait déjà été désigné comme coupable ? Pourquoi m'a-t-il fait appeler ? Il y avait plus d'un ou deux doutes qui surgissaient.

Mais maintenant, je ne pouvais pas descendre de la voiture. Même si je tombais, je ne pouvais pas m'enfuir. Je serrai les poings et cachai mes mains tremblantes.

« Descendez, mademoiselle Misérian. »

Je descendis de la voiture et entrai dans la pièce guidée par le valet. Quand Anakin essaya d'entrer derrière moi, le domestique l'arrêta.

« Sa Majesté va arriver bientôt. Ce n'est pas un endroit où une escorte peut entrer. »

« Mais— »

« Mademoiselle Misérian, Sa Majesté ne sera pas accompagnée d'un chevalier non plus. Je vous prie de comprendre. »

Je ne pouvais pas insister là-dessus. Surtout, maintenant que le marquis avait été emmené au palais, moi, la fille du marquis, n'avais rien à gagner à refuser un ordre impérial.

De toute façon, s'il arrivait quelque chose, Anakin accourrait si je chuchotais seulement un peu, donc ça allait.

Seule dans la pièce, je m'assis sur le canapé, bus du thé et attendis. En regardant autour, c'était plus proche d'une chambre que d'un salon, car il y avait un lit derrière.

Au bout d'un moment, la porte s'ouvrit.

« Je vois Votre Majesté. »

Quand j'eus fini de parler et levai les yeux, l'homme à la porte n'était pas l'empereur, mais Alecto.

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