« Mon âme est donc devenue encore plus puissante. » songea Jian Chen, surpris. Il n'en ressentait pourtant pas une joie complète. Même après ce renforcement, la seule chose qui avait changé était sa capacité de perception, rien d'autre.
Soudain, tout le corps de Jian Chen se mit à trembler légèrement tandis qu'il fermait les yeux pour méditer. Toutes sortes d'énergies venues de partout commencèrent à être perçues à travers sa conscience ; à cet instant, son monde explosa en une myriade de couleurs splendides, issues de tous les spectres.
Il pouvait distinguer à peu près toutes les couleurs imaginables par l'œil humain. Il y avait la lueur pâle du blanc, la teinte sombre du noir, l'éclat terne du rouge, la nuance lourde du jaune, le bleu profond et le vert vibrant.
Face à un tel monde chatoyant, Jian Chen resta stupéfait. Ces couleurs étaient les six éléments du monde qu'il n'avait jamais pu percevoir auparavant. Autrefois, hormis la Force Sainte Radieuse ou l'énergie du monde, il ne pouvait détecter aucun autre élément.
Mais à présent, il pouvait sentir les cinq autres éléments en plus de la Force Sainte Radieuse. Devant un tel spectacle, Jian Chen ne put s'empêcher de se demander s'il ne rêvait pas.
« Serait-ce l'effet de la fusion des Esprits de l'Épée avec mon âme ? » songea-t-il, cherchant à expliquer un tel phénomène.
Ouvrant lentement les yeux, Jian Chen remua sa main droite. L'ouvrant et la refermant, il ressentit soudain que la pièce était devenue assez chaude avant qu'une lueur rouge ne commence à converger vers ses mains. En cet instant, une mer de flammes miniature apparut sur ses paumes.
Incrédule, Jian Chen fixa cet océan de feu minuscule dans ses mains, l'air foudroyé, incapable de croire ce qui venait de se produire.
Malgré la proximité des flammes, qui léchaient presque sa peau, il ne ressentait aucune chaleur. C'était comme si ces flammes n'étaient qu'une illusion, pas réelles.
« Au feu ! Il y a un feu, au feuuu ! » Soudain, un cri frénétique retentit depuis l'extérieur de la pièce. Tiré de ses pensées, Jian Chen réalisa que la pièce venait de s'embraser.
Dans son hébétude, les flammes rassemblées dans sa main avaient disparu. Dans un tel état, il avait presque oublié à quel point cette pièce était inflammable.
« Boum ! » La porte vola en éclats tandis que le costaud en vêtements simples déboulait dans la pièce en hurlant : « Non non non, y'a le feu ! Allez, Jian Chen, faut sortir d'ici ! » Comme s'il volait, le costaud se jeta sur le lit de Jian Chen et l'en emporta.
En un instant, les flammes de la pièce s'élancèrent vers le ciel comme pour dévorer les cieux.
« Éteignez le feu ! Vite, quelqu'un apporte de l'eau ! » Plusieurs cris déchirèrent l'air tandis qu'une douzaine de villageois en vêtements simples accouraient avec des seaux d'eau.
« Tianyu, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment la maison a-t-elle pu prendre feu ? » Soudain, le père du costaud apparut de nulle part, s'adressant aux flammes qui rongeaient la maison.
Gémissant, le costaud se tourna vers son père, le visage douloureux mais innocent : « Papa, j'en sais rien non plus. Tout allait bien ! Comment la maison a-t-elle pu s'enflammer, y'avait même pas de source de lumière quelque part ! »
À ces mots, le regard du père se porta sur Jian Chen avec une intensité mesurée, mais il ne dit rien.
Les yeux du costaud pivota vers Jian Chen comme s'il en tirait la même conclusion. Avec un sursaut, il s'écria : « Grands dieux, Jian Chen, dis-moi pas que t'es suicidaire ! »
Jian Chen se redressa seul avec difficulté. Bien que ses blessures parussent guéries en surface, quiconque le regardait comprenait que le moindre de ses mouvements lui causait une douleur atroce.
« Je suis vraiment désolé, ce n'était pas intentionnel. » Jian Chen esquissa un petit sourire, signe que son humeur s'était un peu améliorée par rapport à tout à l'heure.
« Oh mon dieu, Jian Chen. Je t'en supplie à genoux, ne sois pas déprimé ! T'es si jeune, tu peux pas aller te tuer ! Tu dois absolument continuer à vivre ! » Le costaud s'inquiétait en le regardant, persuadé qu'il avait fait une bêtise dans un moment de déprime.
Face à cet émoi, Jian Chen ne put s'empêcher d'esquisser un sourire : « Ne t'inquiète pas, je ne me tuerai pas. »
Une fois assuré que Jian Chen ne simulait pas, le père rit : « On dirait que t'as déjà tourné la page. »
« Vite, éteignez le feu ! »
« Plus vite avec l'eau, tout le monde, plus vite ! »
À cet instant, les villageois continuaient d'apporter seau après seau vers l'incendie pour tenter de le maîtriser.
S'avançant pour les arrêter, l'homme d'âge mûr parla : « Pas la peine de paniquer comme ça. Reposez-vous pour l'instant. Qu'elle brûle ou pas, on devra de toute façon la reconstruire. »
« Si vous le dites, oncle Xiu Di, on prendra notre temps. » Les villageois cessèrent immédiatement leurs gestes frénétiques et saluèrent l'homme avec respect.
« Aïe, ma pauvre maison. On dirait que je vais devoir la rebâtir une fois de plus. » Le costaud se lamenta.
Jian Chen ressentit une gêne extrême à ce commentaire. Dans un moment d'inattention, il avait accidentellement mis le feu à la maison qui l'hébergeait. Cela le rendait confus.
« Je suis vraiment désolé. Quand je serai rétabli, permettez-moi de vous aider à reconstruire. » Jian Chen s'excusa.
Les yeux du costaud brillèrent en répondant : « C'est dit alors. N'oublie pas ; quand tu iras mieux, on bâtira une maison encore plus grande que la précédente. » À peine eut-il fini de parler qu'il se tourna soudain vers l'arrière, surpris : « Grand-père ! Jian Chen, regarde ! Mon grand-père est de retour ! »
Se retournant lentement, Jian Chen ne vit qu'un vieillard tenant une houe arriver de loin. Il avait l'air tout à fait ordinaire, comme n'importe qui de son âge. Un unique brin de paille maintenait ses cheveux attachés et ses vêtements étaient eux aussi d'une facture commune. Ses deux jambes et le bas de ses vêtements étaient couverts de boue, comme s'il avait passé la journée entière à travailler les champs et venait juste de rentrer comme un paysan.
« Grand-père, la personne que papa a sauvée s'est enfin réveillée. Laisse-moi te présenter, il s'appelle Jian Chen ! » Le costaud s'empressa de crier pour saluer son grand-père.
Le vieillard examina Jian Chen un instant avant de se retourner vers le costaud avec un sourire bienveillant : « P'tit costaud, pourquoi ta maison brûle ? »
Le costaud regarda Jian Chen : « Jian Chen voulait se suicider par déprime, mais maintenant tout va bien. Il a accepté la vie ! »
En entendant cela, Jian Chen faillit s'effondrer de choc. Les paroles du costaud ne retenaient rien et reposaient sur son propre jugement. C'était comme s'il était encore un enfant, ce qui jurait avec son âge actuel.
Après avoir entendu les mots du costaud, le vieillard se mit à rire en s'approchant de Jian Chen. D'un sourire bienveillant, il dit : « Jeune homme, qui ne meurt pas est promis à la fortune. Prends cette Pilule Spirituelle et avale-la. Elle devrait au moins soigner tes organes internes dans une certaine mesure. » De nulle part, il sorti une pilule et la tendit à Jian Chen.
Voyant le vieillard en sortir une autre, le père du costaud afficha un air choqué : « Haha, Jian Chen, c'est une Pilule Spirituelle de Classe 8, un trésor particulièrement rare. On dirait que mon père a jugé bon de t'en donner deux. »
« Je remercie le senior, mais cet objet est bien trop précieux pour que je l'accepte. » Jian Chen parla respectueusement. Il savait à quel point les Pilules Spirituelles Radieuses étaient rares et précieuses, puisqu'elles étaient conçues par les Maîtres Saints Radieux en utilisant leur propre Force Sainte. Une seule pilule valait bien plus que ce que Jian Chen pouvait espérer.
Le vieillard rit : « Cet objet ne me sert à pas grand-chose ici. C'est une coïncidence que tu en aies besoin, alors prends-le et remets-toi au plus vite. »
Après une hésitation, Jian Chen accepta et prit la pilule des mains du vieillard. La rangeant soigneusement en lieu sûr, il savait que cette pilule était bien trop coûteuse pour risquer de la perdre.
« P'tit costaud, va trouver une chambre pour que Jian Chen puisse se reposer. » Après cela, le vieillard posa sa houe et se dirigea vers une autre maison non loin.
Regardant le dos s'éloignant du vieillard avec un air complexe, Jian Chen ne savait quoi penser.
« Jian Chen, allons te trouver une nouvelle chambre. » Dit le costaud en s'en allant.
Peu de temps après, Jian Chen se retrouva sur un autre lit. Comme l'avait dit le p'tit costaud, il avait besoin de repos, alors il s'assit sur le lit et commença à dormir.
Au bout d'un moment, Jian Chen parvint à se calmer et tenta de contrôler la Force Sainte Radieuse autour de lui pour se soigner. La Pilule Spirituelle de Classe 8 était bien trop précieuse pour être avalée tout de suite.
Juste au moment où Jian Chen y pensait, une boule de lumière blanc laiteux commença à se former autour de lui. Sentant avec quelle rapidité la Force Sainte Radieuse s'amassait, Jian Chen ne put s'empêcher d'esquisser un faible sourire. Peut-être était-ce dû à la mutation de son âme, mais il sentait que son contrôle sur la Force Sainte Radieuse s'était renforcé de plus en plus. Même en la contrôlant à une telle intensité, son corps ne ressentait aucune tension.