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Campfire Cooking in Another World

Chapitre 587

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Chapitre 587

Chapitre 587

Chapitre 587/66289%~8 min de lecture1 578 mots

Embarqué de force par le maître de guilde de Carina jusqu'à la guilde des aventuriers de la capitale, je me retrouvai aussitôt traîné devant les hautes autorités, parmi lesquelles le maître de la guilde royale, Bram, et consorts.

Après que le maître de guilde leur eut expliqué sommairement la situation, ces dignitaires, dont le visage s'était décomposé sur-le-champ, me conduisirent dans l'énorme entrepôt de la guilde de la capitale.

Le démantèlement du Léviathan y était déjà achevé à près de cent pour cent. Si tout semblait bien rangé, c'était sans compter le caractère bien connu de cet individu insupportable : Eldrand était là aussi...

Dès que nous eûmes franchi la porte avec les dignitaires livides, Eldrand, flairant quelque chose, se colla à notre groupe en arborant une mine débordante d'excitation.

Il tenta bien de nous interpeller sans même lire l'atmosphère, mais Moya le cloua net d'une bourrade qui le tint sage.

Mais ce n'était pas le moment de penser à lui.

Les dignitaires et le maître de guilde, muets, me glaçaient littéralement...

« Hé ! Sors-les. »

« D'accord. Eh bien, les tous ? »

« Tous, oui. »

« Euh, si je les sors tous d'un coup, je n'en ai pas la capacité. »

« Peu importe, sors-en ce que tu peux pour l'instant. »

Sacrebleu, sa gueule carrément sinistre venait de virer au démon, alors arrêtez de me faire peur !

« A-alors, un spécimen de chaque espèce. »

Je sortis donc les dinosauros de ma Boîte à objets.

« ……………… »

Les dignitaires et le maître de guilde fixaient les dinosauros rendus silencieux, sans prononcer un mot.

Dans l'entrepôt tombé dans un silence de mort, on entendit l'étrange vocalise de l'intéressé. J'ignorais complètement ce détail.

Bien moins important que ça...

Je baissais les yeux pour scruter du coin de l'œil l'attitude des dignitaires alignés face à moi.

Le silence, vraiment, cessons-en.

Ça me filait une angoisse terrible.

Parlez-moi.

Après une longue étreinte de silence, des soupirs fusèrent enfin de leur côté.

« Un léviathan, et maintenant des dinosauros... »

« Il amène problème sur problème... »

« Ha ha... Il y en a vraiment, ceux-là... »

« Les mots me manquent... »

« Pour être honnête, j'aurais préféré ne jamais les voir... »

Les cinq dignitaires de la guilde royale tenaient leur tête entre leurs mains.

Villem, le maître de guilde de Carina, appuyé contre son front, bredouillait en laissant retomber ses épaules : « Tu n'en fais vraiment qu'à ta tête... »

Tandis que les dignitaires et le maître de guilde baignaient dans une atmosphère funèbre, un seul individu rayonnait.

« C-c'est..., est-ce que ce seraient de nouveaux types de dragons ?! C'est bien ça ?! »

À peine eut-il fini sa phrase qu'oubliant les supplications désespérées de Moya, Eldrand fonça sur les dinosauros alignés au sol.

Puis il se mit à les tapoter nerveusement et à les examiner sous toutes les coutures.

Quel type totalement libre de ses mouvements, comme à son habitude.

« Attendez, ce ne sont pas des dragons, ce sont des dinosauros... Euh ? Comme ils portent un "dragon" dans leur nom, je suppose qu'on ne peut pas dire que c'est totalement différent ? »

« Ho ho ho ! Je m'en doutais !! »

Tout en s'esclaffant joyeusement, l'intéressé, non, le pervers.

« Il paraît qu'il en existe plusieurs variétés, regardez celle-ci ! Elle ressemble trait pour trait à un dragon terrestre, non ? »

Se penchant ensuite vers le T-Rex comme pour lui rendre un hommage charnel, il ajouta en l'examinant : « Mais au toucher, la peau a une texture différente de celle des dragons terrestres, et l'alignement des dents n'a rien à voir. Cela suffit à prouver que c'est une espèce distincte ! »

Cependant, on ne pouvait évidemment pas laisser ce pervers continuer ainsi...

« Assez joué ! »

Bang !

Éventré d'un coup asséné sur la tête par Moya, Eldrand fut ramené à pas traînants sur son point de départ.

Bram, le maître de guilde de la capitale, poussa un long « Haaaaa~ ».

« J'aimerais bien m'en débarrasser au plus vite, mais les choses ont changé. »

Hé, attention aux mots.

Je comprends qu'il veuille dire « fou furieux », certes, même s'il est un vrai pervers, c'est quand même le maître de la guilde de la cité-donjon de ce royaume, alors évitez de le traiter ainsi devant témoins...

« Mukouda, nous allons racheter cela. »

Selon Bram, « On ne peut visiblement pas ignorer cette affaire. »

La preuve que les lieux du récit légendaire que s'appelait "Le Récit d'Héden" existaient bel et bien.

Bien sûr, pour ma part, une telle offre tombait à pic.

« Euh, au lieu d'un rachat, je pourrais simplement faire un don... »

« Refus catégorique. Ça engage la fierté de la guilde des aventuriers. Ces créatures étant inédites, nul prix fixe. Cela pourra sembler un peu bradé, mais nous effectuerons l'acquisition convenablement. »

« D'accord. »

Si c'est comme ça, tant mieux pour nous.

Toutefois, tous ces spécimens étant vus pour la première fois, leur évaluation prendrait un certain temps.

Le règlement de l'acquisition serait effectué directement via la guilde de Carina.

Ma part n'ayant aucun souci là-dedans, j'acceptai sans broncher.

Une fois le marché conclu avec moi, Bram s'adressa à Eldrand, titubant déjà vers les dinosauros, et à Moya qui tentait de le contenir.

« Hé, Eldrand. Écoute bien. Ces créatures magiques, eh bien... »

Il lui exposa alors les explications données par Villem, le maître de guilde de Carina.

Lorsqu'il mentionna qu'il lui confiait le démantèlement, Eldrand entra dans une euphorie totale à l'écoute.

Sa respiration s'emballa, son niveau d'excitation plafonnant à son maximum.

Certes, personne d'autre ne pouvait prétendre s'en charger aussi bien, mais imaginez un instant son état...

« Ho hahaha ! Incroyable ! Bravo Mukouda, c'est tout bon ! Ton meilleur ami va encore te combler de joie ! »

Non, insistance nécessaire, il ne l'est absolument pas.

Est-ce que tu cesserais de me traiter comme ton pote, au fait ?

« Je vais sûrement causer du tracas à Moya. »

« Non. Plutôt que ça, en tant qu'elfe, je me sens vraiment coupable... »

Moya laissait clairement transparaître sa déprime.

L'atteinte du pervers touchait là des sommets absolus.

Rassurez-vous, chacun sait déjà que cet elfe est le plus excentrique de tous.

Revenons à nos moutons, il fallait absolument préciser ceci.

Sinon, le démantèlement risque d'être compromis.

« Excusez-moi, pour le plus gros, il pourrait être impossible de le couper, même avec un couteau en adamantium. »

Cette unique phrase captiva instantanément le regard de tous présents.

Dans les encyclopédies, le "Super-Saurus" possédait l'épiderme le plus résistant de toutes les créatures capables d'arracher ou broyer l'adamantium...

« Probablement qu'une épée magique devrait suffire. »

« Oui. Même forgée dans l'adamantium, une lame chargée de mana doit pouvoir le trancher. »

Fel et Gon-jii, restés silencieux comme des statues depuis longtemps, finirent par rompre le mutisme.

Le visage creusé d'exaspération, Bram me proposa de signer un bail de location pour une épée magique.

Naturellement, j'acceptai.

L'objet confié était l'"épée magique Caladbolg", jugée la mieux adaptée à ses préférences martiales.

On convena de rédiger le contrat sous quelques jours ; le bail couvrirait un mois, moyennant 800 pièces d'or de loyer.

Voilà donc ce que les gens appellent un revenu passif.

Vivent les revenus passifs.

« Mais Villem, tu en as pris du chemin jusque-là. »

En disant cela, Bram posa une main réconfortante sur le dos du maître de guilde...

« Vous comprenez ?! »

...ce qui précipita une véritable crise de larmes masculines chez le noble.

Les dignitaires s'appliquèrent aussitôt à le consoler.

Pendant ce temps, le fanatique du dragon criait de tous ses poumons en folâtrant partout.

Quoi, quel est ce bordel ambiant...

Mes traits tiraient déjà la moue à cause de cette cacophonie indescriptible, quand des voix s'élevèrent.

« Hé, qu'arrive-t-il à la viande ? »

« Ce sont des proies destinées à la vente, n'est-ce-pas ? N'y aurait-il pas moyen d'en récupérer une part pour nous nourrir ? »

« J'ai vraiment envie de goberger de la viande de cette sacrée bête. Pitié, accordez-nous un peu ! »

« Maître, moi aussi je veux en goûter~ »

C'était vrai, j'avais oublié de réserver notre part.

Apparemment, personne ne lâcherait l'affaire avant d'avoir mangé.

« Euh... Serait-il possible de nous confier un démantèlement supplémentaire pour celui-ci ? »

À tâtons, je sortis donc un autre Super-Saurus.

« Haaa, très bien, fais-le. À condition toutefois que tous les matériaux retournent à la guilde. »

Entre le léviathan, les dinosauros et les frais de location de l'épée magique, la trésorerie claquerait sans vergogne.

Il valait donc mieux économiser où il se pouvait.

Pressé par Fel et consorts, je demandai de faire au plus vite. On accepta sous réserve que le travail soit considéré comme une pratique.

Si cela servait d'entraînement, ils renonceraient aux frais de démantèlement. J'acceptai donc sans hésiter.

Le fanatique des dragons, bouillant d'ardeur, hurlait déjà : « Je démantèle toute la nuit ! »

Les dignitaires avaient le visage tiré, Moya semblait épuisée, le maître de guilde sanglotait encore et le pervers exhibait une vitalité hors normes...

Devant ce chaos à faire mal aux yeux, nous nous retirâmes en trombe.

Et malgré les injonctions de Fel, avouer que j'aie réussi à obtenir ce contrat de démantèlement en plein milieu de pareille foire humaine mériterait indéniablement une petite récompense.

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