Le lendemain, je me rendis à la Guilde des aventuriers.
Après avoir demandé qu'on appelle Erland au guichet, on me guida jusqu'au bureau du maître de guilde.
« Erland-san… »
Il était là, Erland.
Bon, c'est le bureau du maître de guilde, donc c'est normal qu'il y soit.
Il fixait son bureau avec des yeux de poisson mort, s'affairant silencieusement sur des paperasses.
Sous la surveillance d'Ugoor, en plus.
« Bienvenue, Mukouda-san. J'ai entendu l'histoire de ce maître idiot. Il paraît que vous nous apportez un dragon rouge cette fois. »
Ma… maître idiot, hein.
La façon dont Ugoor-san traite Erland-san empire.
Bon, c'est de la faute d'Erland-san, et je comprends les sentiments d'Ugoor-san, ceci dit.
« Euh, oui. J'aimerais qu'on procède au démantèlement du dragon rouge, et si certaines pièces peuvent être rachetées, je vous en prie… »
« Bien sûr ! Ah, les matériaux du dragon terrestre qu'on a rachetés l'autre fois, tout s'est vendu à prix d'or. Les objets du donjon aussi, mais même pour un dragon terrestre, cette guilde a pas mal gagné. »
Vu le bénéfice, Ugoor-san affichait un large sourire, pour une fois.
« Le鬼 d'Ugoor-kun ! Le démon ! Vendre la dent de dragon terrestre que je destinais à mon épée de rêve Dragon Sword… ! »
Depuis l'autre côté du bureau, Erland-san accusait Ugoor-san avec une mine à pleurer.
Ah, Ugoor-san vient de dire qu'il a vendu *tous* les matériaux du dragon terrestre.
Donc la dent qu'Erland-san chérissait précieusement a aussi été vendue.
« Hmph, dites ce que vous voulez. C'est votre faute pour avoir agi égoïstement. La dent de dragon terrestre s'est vendue immédiatement. Et à un prix驚くほど élevé, en plus. »
« Waaaaaaah ! »
Erland-san pleurait en laissant couler de grosses larmes.
Erland-san, beau gosse elfe ou pas, la tronche d'un vieux qui pleure, j'ai pas envie de voir ça.
Du coup, je l'ignore.
« Laissez cet idiot de maître de côté… Mukouda-san, un dragon rouge, c'est valeur encore plus élevée qu'un dragon terrestre, c'est certain. Je vous en prie, laissez-nous le racheter. »
« Oui. Alors, pouvez-vous commencer le démantèlement tout de suite ? »
« Bien sûr. Allons à l'entrepôt. Maître idiot, on va à l'entrepôt. »
« On peut démanteler un dragon rouge ! »
Erland-san dit ça en affichant un sourire.
Dès qu'il a entendu « démantèlement de dragon rouge », il avait déjà cessé de pleurer.
Il récupère vite, ou je ne sais quoi.
***
« Alors, sortez-le ici. »
Erland-san, tout sourire, me presse : « Vite, vite. »
Je sortis le dragon rouge sur le grand établi qui avait servi pour le dragon terrestre.
« Oh~ »
« C'est ça, un dragon rouge… »
Erland-san comme Ugoor-san avaient les yeux rivés sur le dragon rouge posé sur l'établi.
« D'après Fel, ce dragon rouge est encore un jeune adulte, et même comme ça, il est plutôt petit. »
« Avec ça… »
Ugoor-san s'étonne en m'écoutant.
Douze, treize mètres de corps massif, et on dit que c'est « petit ».
Qu'Ugoor-san soit surpris, je comprends.
Erland-san, lui, est tout seul dans sa joie : « Après le dragon terrestre, pouvoir démanteler un dragon rouge de mes propres mains… comme je suis chanceux… » marmonne-t-il.
« Combien de temps prendra le démantèlement, à peu près ? »
« Voyons… Je veux tout vérifier dans les moindres détails, alors il me faut bien trois jours. »
Erland-san, pour le dragon terrestre aussi, tu disais « vérifier dans les moindres détails ».
Vu que tu aimes les dragons, tu veux tout confirmer, mais ta façon de le dire est à chaque fois dégoûtante.
« Maître idiot, pas la peine d'y passer trois jours. Toi, tu peux le faire en un jour. »
« U, Ugoor-kun, qu'est-ce que tu dis ! Ça prend trois jours ! J'ai plein de choses à vérifier ! »
« Vérifier ? C'est plutôt que tu veux mater le dragon rouge. Le travail s'accumule, alors finis en un jour. Pas de discussion. »
Ugoor-san le trancha net, et Erland-san grimaça en grognant : « Guuu… »
Visiblement, Erland-san sait qu'il a tort, puisqu'il ne protesta pas plus.
Bon, s'il l'avait fait, ça aurait été la cata.
« Ah, c'est moi qui déciderai aussi des pièces à racheter. Si je laisse faire le maître idiot, il décidera selon ses désirs. »
« Gukku… »
Ugoor-san a raison.
Erland-san coula misérablement sous les arguments justes d'Ugoor-san.
« Mukouda-san, d'ici demain après-midi, le démantèlement sera fini et j'aurai décidé quelles parties racheter. Revenez donc demain après-midi. »
« Ha, hai… »
Personne ne peut désobéir à Ugoor-san.