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Campfire Cooking in Another World

Chapitre 24

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Chapitre 24

Chapitre 24

Chapitre 24/13518%~8 min de lecture1 411 mots

« Dis, Fel, on voyage sans destination précise, mais y a-t-il un endroit où tu veux aller ? »

Pour ma part, tant qu'on a pu quitter ce royaume de Reisehel qui sent le soufre, peu m'importe où l'on va, pourvu qu'on s'éloigne suffisamment de ce pays en chemin.

« Dans ce cas, que diras-tu de l'ouest ? La Forêt des Abysses, à l'ouest, regorge de monstres délicieux. »

« L'ouest ? Quel pays s'y trouve ? »

« Hmph, cela, je l'ignore. »

« Tu l'ignores, toi... »

« Savoir quel pays c'est et comment il est, c'est important. S'ils sont en guerre, ce sera dangereux, non ? »

« Mmph, les noms des pays, je m'en fiche. Que les humains se battent ou non, cela ne me concerne pas. De toute façon, les humains provoquent des conflits quelque part en permanence. »

Dire qu'il ne connaît pas les noms des pays... J'ai eu tort de demander à Fel.

Enfin, vu la force de Fel, même s'il fonçait en plein conflit, il en sortirait indemne, alors il n'a peut-être pas besoin de connaître les noms ou la situation des pays humains.

Mais pour moi, ce n'est pas une option.

Le fait que les humains provoquent des conflits quelque part signifie que les guerres entre pays ne cessent jamais dans ce monde non plus.

Le royaume de Reisehel semblait sur le point d'entrer en guerre avec le royaume voisin de Marbelle, après tout.

Au final, tant qu'on voyage, il faut bien qu'on se renseigne une fois sur les pays de ce monde et leur situation respective.

Du coup, une carte, ça serait vachement utile.

Jusqu'ici, à cause de Fel, on contournait les villages croisés en route sans y entrer.

Mais comme je veux une carte, la prochaine fois, j'essaierai d'entrer.

***

« Il y a un village plus loin. »

Fel semble capable de détection de présence ; il repère à peu près où sont les monstres et les gens, et me le signale comme ça.

« On contourne encore ? »

« Non, cette fois on entre. J'ai besoin d'une carte. »

Quand l'entrée du village apparut, un type qui ressemblait à un garde nous barra la route, la lance au poing : « Halte ! »

« Je m'appelle Mukouda, aventurier. Ceci est mon familier. »

Je hélai le garde à pleine voix. Il demanda : « Une preuve ? » Je répondis : « Regardez ma carte de guilde. »

J'aurais bien présenté ma carte de la guilde des marchands, mais avec Fel, je devais prouver que j'avais un familier, donc je n'avais d'autre choix que de montrer ma carte de la guilde des aventuriers — qui mentionne le familier le cas échéant, en plus du nom et du rang — pour entrer.

À ma réponse, l'un des deux gardes s'approcha de nous, tout tremblant.

« Voici ma carte de guilde. »

« H-hum, c'est bien un familier. C-c-c'est, c'est un Grand Loup, ça ? »

Le garde semblait le prendre pour un Grand Loup ; je jugeai que c'était encore mieux que de dire Fenrir, alors je ne le contredis pas et répondis « Oui. »

« Hé, « Chut »... »

Je fis taire Fel qui s'apprêtait à parler.

Déjà qu'il flippe devant un Grand Loup, s'il apprenait que c'est un Fenrir, on ne sait pas comment il réagirait. Sans compter que les villageois nous observent tous de loin.

D'ailleurs, la plupart des villageois nous regardent en se tenant à distance.

« Je ne suis pas un Grand Loup. »

« Whoa ! »

« Hein, quoi ? »

« N-n-non, rien du tout, oui... »

« Je vois. Cela dit, avoir un Grand Loup de rang A comme familier, t'es un aventurier drôlement balèze, toi. »

Je ris vaguement face aux paroles du garde.

« C'est pour ça que je dis que je ne suis pas un Grand Loup. »

La voix de Fel résonna à nouveau dans ma tête, et je fixai Fel intensément.

« Quoi, ça ? C'est de la télépathie. Les contractants d'un pacte de familier peuvent communiquer par télépathie. »

Hein, c'est la première fois que j'en entends parler, moi.

« Hum, moi non plus, c'était mon premier pacte de familier, alors j'avais complètement oublié. »

Fel, voyons, un truc aussi important, faut pas l'oublier.

Mais si les contractants peuvent communiquer par télépathie, ça veut dire que moi aussi je peux parler à Fel par télépathie ?

« Allô, allô, allô, Fel, tu m'entends ? »

« Oui, je t'entends. »

« Pour le Grand Loup, c'est parce qu'il vaut mieux laisser croire ça. Réfléchis : rien qu'en entendant "Grand Loup", il flippe comme ça ; si on lui dit que c'est le légendaire Fenrir, tu imagines la réaction ? »

« Mmmm, cependant... »

« Pas de "cependant" qui tienne. C'est mille fois mieux que de provoquer des histoires inutiles. Dorénavant, quand on entrera dans un village ou une ville, la version officielle, c'est que Fel est un Grand Loup. »

« Pourquoi ? »

« Si on sait que c'est un Fenrir, le pays, la noblesse, tout le monde va se mettre en mouvement. Ça serait chiant, non ? »

« C'est vrai, mais s'ils viennent, je peux juste tous les exterminer, non ? »

« Exterminer tout le monde... Depuis tout à l'heure je me disais que Fel, c'est quand même un sacré bourrin. »

« "Exterminer", dit-il... Si tu fais ça à tous ceux qui viennent, on n'aura plus nulle part où aller. Et si tu continues comme ça, les pays humains pourraient s'allier pour "À bas le Fenrir ! Mort au Fenrir !" et ce serait encore plus embêtant, non ? »

« Guh, c'est vrai que c'est possible. »

« Voilà. Donc par commodité, on fait comme s'il était un Grand Loup. »

« Si tu le dis, je n'ai pas le choix. »

« Ah, et dans les villages ou les villes, là où il y a du monde, on parle principalement par télépathie. Si Fel se met à parler, son identité de Fenrir sera dévoilée. »

« Mmph, j'ai compris. »

Après cet échange télépathique, on nous autorisa à entrer dans le village sans encombre, mais...

Les regards des villageois me font mal.

À la fin, même le chef du village se présenta.

« Bienvenue au village de Reden. Vous avez l'air aventurier, mais qu'est-ce qui vous amène dans un bled pareil où y a rien ? »

« En fait, je cherchais une carte, alors je me suis arrêté dans ce village... »

« Une carte, dans un petit village comme celui-ci ? C'est un objet de luxe, y en a pas. Au mieux, à la ville de Lauter, à quatre jours d'ici. Là-bas, y a une librairie et même une bibliothèque publique. »

Dans ce monde, le papier est rare et les livres sont tous manuscrits, donc chers ; les cartes, étant aussi sur papier et manuscrites, se vendent probablement en librairie, mais sont évidemment hors de prix.

Ce genre de produits de luxe ne se trouve que dans les grandes villes, et Lauter, la deuxième plus grande ville après la capitale, a à peu près tout ce qu'il faut, apparemment.

J'avais obtenu les infos voulues du chef du village, alors on décida de partir illico.

Les villageois semblaient mal à l'aise avec une grosse bête comme Fel, et le chef du village avait aussi l'air de vouloir qu'on dégage au plus vite.

Quel village peu accueillant pour les étrangers.

Enfin, tant pis, la prochaine destination est fixée.

La ville de Lauter se trouve à quatre jours de marche tout droit sur cette route depuis le village de Reden.

« Bon, on file à Lauter. Mais quatre jours, quand même... J'veux cette carte vite. »

« Hein ? Si tu veux aller vite, tu veux monter sur mon dos ? »

« Si tu me portes, c'est gentil, mais pas à la vitesse d'avant, hein. »

« À cette vitesse, on arrive en moins d'une journée. Tu veux encore plus rapide ? »

« Nan nan nan, déjà qu'à cette vitesse j'ai failli me faire éjecter, plus vite c'est la mort assurée. Quatre jours en deux, ce rythme me va. Absolument pas plus vite, d'accord ? »

« C'est un peu lent, mais je ferai comme tu dis. »

C'est ainsi que nous prîmes la direction de la ville de Lauter.

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