J'entrai dans la maison et guidai les cinq personnes vers le salon.
« C-c'est une sacrée maison… »
C'est ce que dit Philip.
« C'est une location, ceci dit. Je la loue tant que je reste dans cette ville. »
Sur ces mots, les cinq se mirent à dire entre eux : « Le rang A, c'est ouf » et ce genre de choses.
Je ne sais pas comment sont les autres rang A, mais moi, c'est grâce à Fel et aux autres que je gagne ma vie.
« Bon, je vais préparer à manger, donc buvez ça et attendez un peu. »
Je fis passer les cinq au salon, servis des boissons et les fis patienter un moment.
J'utilisai tout de suite les mugs achetés à l'atelier Dovan chez Brigitta.
Je servis du jus d'orange, et ils le trouvèrent sucré, le descendant goulûment.
Pour Fel et les autres, je mis du lait aux fruits dans les bols profonds habituels.
Les bols profonds achetés chez Ida, je comptais m'en servir pour servir le repas que j'allais préparer.
Je devais me dépêcher de cuisiner.
De retour à la cuisine, je m'attelai prestement à la préparation du repas.
Après avoir réfléchi un peu, je partis sur un sandwich poulet-miel-moutarde au cocatrice.
Ces cinq-là n'ont pas l'air d'être souvent sortis de la ville, alors je me suis dit que leur servir du riz d'emblée n'était pas forcément une bonne idée, et j'ai opté pour du pain.
D'autant que j'avais justement mis la main sur un cocatrice.
Une saveur sucrée-salée qui devait leur plaire, genre repas de café, un peu branché.
En plus, c'est plutôt simple à faire.
D'abord, il fallait se procurer les ingrédients.
J'ouvris le Supermarché en ligne et achetai ce qu'il me fallait.
J'avais déjà de la sauce soja et du jus de citron en bouteille, il me fallait donc de la moutarde à l'ancienne, du miel, de la laitue et du pain de mie.
Bon, passons à la cuisine.
Je piquai la peau de la viande de cocatrice à la fourchette, puis la salai et la poivrai.
Ensuite, je préparai la sauce miel-moutarde.
Je mélangai moutarde à l'ancienne, sauce soja, miel et jus de citron.
Il ne restait plus qu'à chauffer de l'huile dans une poêle et faire cuire la viande côté peau.
Une fois la peau bien dorée et croustillante, je retournai la pièce pour cuire l'autre face.
Comme du gras s'écoule pendant la cuisson, je l'épongiais régulièrement avec du papier absorbant pour éviter que ce ne soit trop gras.
Une fois la viande cuite, j'y ajoutai la sauce préparée et la laissai réduire en l'enrobant, et c'était prêt.
Attention, quand on verse la sauce, les grains de moutarde éclaboussent.
Pendant que le sauté de poulet miel-moutarde tiédissait un peu, je toastai légèrement le pain au four, lavai la laitue et la déchirai en morceaux de taille convenable.
Je mis de la laitue sur le pain toasté, posai par-dessus le sauté, refermai avec une seconde tranche, coupai le tout en deux, et le tour était joué.
Je dressai les portions de Fel et des autres sur les assiettes achetées pour eux (des bols profonds, mais ça ne pose pas de problème), et celles d'Anton et des quatre autres sur les assiettes de l'atelier Severi chez Anton.
Évidemment, les leurs étaient plus généreuses.
Il ne restait plus qu'à verser du jus d'orange dans une carafe en verre.
Heureusement, la maison était même pourvue de vaisselle.
Il y avait une carafe en verre dedans, alors je m'en servis.
Elle avait l'air un peu chère, donc il fallait faire gaffe en la manipulant.
Il y avait aussi un chariot de service, que j'utilisai sans hésiter pour apporter les sandwichs cocatrice miel-moutarde au salon.
« Désolé d'avoir fait attendre ! »
Je les distribuai à chacun.
Fel et les autres avaient visiblement faim, ils se mirent à manger avec entrain.
Enfin, surtout Fel, qui avala sa demi-part en une bouchée.
Ça, c'était sûr, ils allaient redemander illico.
« Ah, tout le monde veut boire quelque chose ? »
« « « « « Oui ! » » » » »
Le jus d'orange avait vraiment l'air de leur plaire.
Je versai du jus d'orange dans les cinq mugs.
« C-c'est dé-li-cieux ! »
C'est Philip qui s'exclama ainsi en croquant le premier dans son sandwich cocatrice miel-moutarde.
« Celui d'hier était bon, mais celui-ci aussi, il est dément. »
Et il enchaînait les bouchées à toute vitesse.
« C'est vrai. C'est bon ! Ce petit côté sucré, c'est le top ! »
Anton, pas en reste, fourrait aussi à pleines joues.
« Mmh, mmh, c'est délicieux. C'est sucré-salé, mais pas que sucré. Un goût que je n'ai jamais mangé, mais c'est vraiment bon. »
Brigitta mangeait par petites bouchées en disant ça.
« Y'a du sucré, du piquant, du salé, plein de saveurs, mais ça se tient vachement bien. Ouais, c'est super bon. »
C'est Paul, qui semblait le plus calme des cinq, qui disait ça en hochant la tête.
« C'est trooop bon ! Glou glou… Je veux encore ! »
Livia, déjà une seconde portion ?
C'est rapide.
« « « Re-bis ! » » » »
Fel, Dora-chan et Sui en redemandèrent aussi.
« Bon, attendez un peu. »
Je retournai prestement en cuisine pour préparer les secondes portions.