Moi non plus, je n'étais pas sale dès le début.
Il y avait aussi quelqu'un que j'aimais purement.
« Seigneur Fûma... moi... je n'ai pas de talent de ninja... contrairement à Shinobu-chan... je suis lente, je n'ai pas de force, et les techniques me sont difficiles... »
C'était comme de l'admiration, mais...
« Tu es capable d'auto-analyse, et comprendre tes propres manques et les points à améliorer est une grande force, de gozaru. »
« Hein... »
« Shinobu, c'est là qu'elle échoue, de gozaru. Car elle a trop confiance en elle et s'enorgueillit, de gozaru. Je pense qu'elle devrait avoir un peu d'humilité comme toi, de gozaru. »
J'étais assez pure pour tomber amoureuse juste parce qu'un bel homme m'avait caressé la tête gentiment.
À cet endroit, l'ancienne moi était peut-être normale.
Y repensant maintenant, c'était trop simple, mais c'était quand j'étais enfant...
« Dis, Shinobu-chan... Seigneur Fûma est cool, hein... t'as de la chance, Shinobu-chan... d'avoir un si bel oncle... »
« Ah, vraiment ? »
« C'est ça~, Shinobu-chan est pas au courant pour ce genre de sujets~. T'as jamais été amoureuse ? »
« L'amour hein... je comprends pas du tout, et je peux pas l'imaginer non plus. J'ai pas d'intérêt. Probablement que je tomberai jamais amoureuse de quelqu'un, pas vrai ? »
« C'est pas bien, Shinobu-chan ! On est des filles, quand même ! Je pense que même les ninjas peuvent tomber amoureux, non ? La maman de Shinobu-chan, Kagero-sama, elle a fait un grand amour et s'est mariée, non ? »
« C'est vrai. Mais, parce que j'entends ça depuis que je suis gamine... peut-être. Aller vers un homme moi-même, c'est impudique, et puis de toute façon je peux pas imaginer un garçon qui serait à la hauteur de ce que je chercherais. »
« Ah~, Shinobu-chan a l'air d'avoir des idéaux élevés... »
Shinobu-chan et moi, on était amies.
Même s'il y avait un gouffre entre nos lignées, je pouvais traiter Shinobu-chan normalement.
Probablement parce qu'on se pensait toutes les deux malheureuses.
Moi, simplement, ma famille était pauvre.
Shinobu-chan, elle, aurait dû pouvoir vivre dans le luxe en tant que princesse, mais son père, Ôtei-sama, a été exilé par le roi précédent, et ils ont perdu leur statut royal. Même le roi Umashika, son successeur, déteste Ôtei-sama et l'éloigne du château.
J'ai intégré l'académie ninja avec Shinobu-chan, et on galérait toutes les deux pour trouver du travail... mais au final, Shinobu-chan et moi, on était différentes.
Moi, je n'avais pas le talent de combat nécessaire aux ninjas.
Shinobu-chan, elle, avait le talent de combat nécessaire aux ninjas. C'est pour ça qu'on lui a trouvé du travail. Shinobu-chan semblait même pas satisfaite de ce travail, mais elle était différente de moi.
Surtout, Shinobu-chan, même vu par une fille comme moi, était belle, forte au stratég, et quoi qu'on en dise, c'était la chouchoute du pays.
Complètement différente d'une femme de l'ombre comme moi.
Et puis, j'avais besoin d'argent. Mes parents sont tombés malades et j'étais la seule à pouvoir faire quelque chose.
Shinobu-chan, elle, n'avait pas de souci pour vivre normalement, et ses deux parents étaient encore en vie.
« Monseigneur... je veux changer de travail pour devenir samouraï du royaume... et devenir votre servante attitrée. »
« M-mufo, mufo!? »
« Je vous en prie, regardez donc qu'il n'y a aucune arrière-pensée chez moi, rien de caché... »
« !? Ha, y'en a pas... o, oh!? »
« Bien sûr... si vous ne comprenez pas en regardant, vous pouvez m'examiner à fond, ça ne me dérange pas. »
« Fooooo!? C-c'est ça, uumuu! Je suis un daimyo, moi! J-peux pas garder un type louche près de moi! F-faut que j'examine bien, fo, fofuo, c-c'est louche ici! »
J'ai tout fait.
Et, ironiquement, il semble que j'avais du « talent de ce côté-là ».
On appelle ça peut-être le talent unique des kunoichi, ces vieux laids et bedonnants sont tous devenus dingues de moi.
Et ils ont accepté mes « demandes » facilement.
Mais, pour ça...
« Fufufu... c'est effrayant... à ton âge, captiver non seulement un daimyo, mais une multitude de riches marchands et de puissants... fufufufu... si tu le souhaites, pourquoi n'utilises-tu pas ce pouvoir pour des gens encore plus haut placés ? »
« Vous êtes... qui... »
« Je suis le président du groupe commercial Inai... je suis venu te débaucher. Ah, rassure-toi. Pas besoin d'utiliser tes charmes sur moi, M. Makura. Je m'intéresse qu'aux jolis culs de garçons... mais bon, laissons ça, qu'est-ce que tu en dis ? »
Incroyable, on m'a repérée pour juste cette capacité, et je me suis fait embarquer dans une drôle d'histoire.
« Ce pays, Japone, si on remonte à l'origine... c'est comme le terrain de jeu des anciens... des créateurs qui se prenaient pour des dieux. Mais c'est pour ça que... leurs jouets dorment partout dans le pays. Je veux les déterrer. Les creuser. Pas des culs, hein. Je veux que tu t'occupes des autorisations de fouille et des magouilles pour les marchés de travaux. Si c'est par appel d'offres, donne-moi les prix aussi. Le prétexte... disons travaux de contrôle des eaux ou de colonisation, n'importe quoi. »
« Pourquoi moi... une chose pareille... »
« Tu peux le faire, non ? J'ai ou dire que le roi de ce pays te visait, toi qui était au service d'un daimyo. Si tu t'approches de lui, il sautera dessus joyeusement. »
« En faisant ça... qu'est-ce que j'y gagne... »
« ...quoi que tu gagnes comme argent, la maladie de ton parent... c'est une maladie bizarre... impossible à soigner sur ce continent. Il faudrait... le plus grand médecin du monde, Suona, pour ça. »
« C'est... vrai... mais... cette personne... »
« Ne sous-estime pas mes connections. C'est quelqu'un qui ne bouge pas pour l'argent... mais si j'écris une lettre de recommandation... fufufufu. »
« !? »
Mais je n'avais plus d'autre choix que d'accepter.
Et je l'ai fait.
« C'est effrayant. Qu'une chose pareille soit sous terre... en plus, pas dans les profondeurs scellées par le sceau strict de Shisonotami, mais enterrée dans un endroit moins profond, et pourtant d'une telle puissance... à ce niveau, il serait pas étonnant qu'il y ait une arme capable de détruire le monde lui-même. Dans tous les cas, pour notre civilisation, ces jouets-là sont juste parfaits. »
« Qu'allez-vous en faire ? »
« Ça dépend de mon partenaire d'affaires, M. Hakuki. Des poupées qui bougent au doigt et à l'œil, des jouets géants. Toi aussi, fais gaffe à la manipulation et aux fuites d'info. À Japone, il y a M. Mikado... et aussi les types de l'Empire, les sept héros... et... un gars nommé Tsuna aussi. Vous pourriez bien vous détruire vous-mêmes. »
On pourrait périr... et alors ?
« Au fait, j'ai eu des nouvelles de Suona. Ton parent a vaincu la maladie bizarre, et il est actuellement en convalescence rééducative, paraît-il. »
« !? »
« J'aimerais bien te laisser aller le voir... mais en ce moment, il y a justement Tsuna là-bas, alors attends un peu. Quand il pourra rentrer de son côté... »
Moi qui ai sali, souillé, pourri mon cœur, mon corps, jusqu'à mon âme, j'ai enfin saisi quelque chose... si on essaie de le briser, je l'éliminerai.
Quand maman ira mieux, je lui ferai profiter de plein de luxe, et on vivra heureuses. Ce pays est déjà à nous, après tout.
Et puis, aujourd'hui est arrivé, Shinobu-chan est apparue à Japone, et ce qui s'est passé à cette séance d'appréciation, et maintenant encore Shinobu-chan est populaire... cette Shinobu-chan a trouvé un garçon qu'elle aime... elle a l'air si belle et heureuse, intacte... vraiment... ah... c'est pas bien... Shinobu-chan est mon amie, elle est précieuse, ah, non, je dois pas penser ça... ça m'énerve...
Shinobu-chan. Tu comprends, hein ? Si le roi Umashika disparaît, qui les gens de Japone vont-ils porter au pouvoir... comment le peuple me voit... donc je ne le permettrai pas.
[ORDRE DEMANDÉ]
Maintenant, je suis à l'intérieur d'un jouet géant. On dirait qu'on peut regarder les gens et les bâtiments comme des déchets...
« Sauvetage du roi Umashika. Emploi de la force armée contre quiconque résiste. »
[ORDRE ACCEPTÉ. « TERMINICHAN PROTOTYPE », PASSAGE EN MODE ARMÉ.]
Et les poupées qui marchent à mes pieds.
Leur corps entier est fait d'une substance comme du fer, et leur visage est un crâne de fer, une forme difforme.
Cinq cents d'elles, formant une rangée, avancent lentement sur la grande avenue de la capitale royale vers le centre de la capitale.
Et puis...
« Terminichan Prototype... ce n'est pas tout. Si celui sur lequel je suis monté se déchaîne... les sept héros, les six suzerains, même Earth Ragan ne font pas le poids. »
La moi d'aujourd'hui a de la « force », contrairement à l'époque où je me lamentais de n'avoir pas de talent.
« Parce que j'ai ça, ce monstre gigantesque... le Méca-God-Dragon ! ... C'est long ? ... Fufufu, abregeons en « Godra ». »
Alors, écrasez-vous, mourez, disparaissez, tout ce qui tente de me prendre ce qui est à moi !
« Hein ? Attendez un peu, c'est quoi cette secousse ? »
« C'est sûr, y'a un bruit... quelque chose approche ! »
Je sais pas quel est le principe, mais quand on est dedans, le visage de qui on veut voir s'affiche sur la vitre frontale, et on peut bien le voir, bien l'entendre.
Au centre où la foule s'amasse, ils ont pas encore remarqué, mais ceux sur les toits... Earth Ragan-kun et Shinobu-chan et les autres ont l'air d'avoir remarqué avant.
« C'est certain, de gozaru... cependant, ce n'est pas vivant... y a pas d'odeur, de gozaru. »
« Yare yare... on a enlevé Daddy, et voilà qu'arrivent encore des nouveaux venus de votre part ? »
« Hein ? Non, moi non plus je sais pas ! Dis donc, Sirène, c'est quoi ce bordel ? »
« ...Hein ? Moi non plus je sais pas. »
Noja des Six Suzerains, le Prince Céleste Gaaru, et puis Gokuu, le présumé auteur de l'enlèvement du roi Umashika cette fois, et sa camarade Sirène.
Ils avaient l'air de s'amuser à exciter les idiots de civils, mais ce sont des criminels qui visent la chute de l'État, donc y a pas de problème à les tuer, si ?
« Qui que ce soit qui vienne, c'est moi qui protégerai Earth-sama ! »
Écoutons même les insectes de la forêt !
« ...Hein ? »
« ...Ha ? »
« « « « ...Euh ? » » » »
Étonnez-vous, frémissez, tremblez.
Quiconque tente de détruire mon présent en s'en donnant à cœur joie, je ne le pardonnerai pas.
Je ne laisserai personne me l'enlever. Je ne laisserai personne me désobéir.
Si quelqu'un fait ça, lui montrer ce qui arrive, c'est important, non ?
Même si c'est celle qui fut mon amie d'enfance...