C'est inévitable.
Shiki-san ordonna aux filles présentes d'informer les filles du Centre de Culture de se rassembler dans le hall le plus vite possible.
Elle se tourna alors vers nous.
« La porte de transfert peut s'ouvrir n'importe où tant que le familier faucon est là, non ? Il faudra encore du temps avant que l'île flottante n'arrive au-dessus du Centre de Culture. Nous ferons fuir le groupe du Centre de Culture par la porte de transfert tout de suite. Après ça, vous volerez vers la section lycée avec le faucon. »
Elle dit cela et continua :
« J vais écrire un mot maintenant. Kazu-kun, appelle le corbeau et fais-le voler jusqu'au toit du bâtiment du collège. Le personnel de relais de la section lycée y est posté. Faisons en sorte que les gens de la section lycée se rassemblent en un seul endroit. »
Shiki-san sortit un stylo et un carnet et finit rapidement d'écrire une lettre.
Elle plia promptement le papier et l'attacha au corbeau que je venais d'invoquer en hâte.
Et à mon ordre, le corbeau s'envola.
Shiki-san et les autres descendirent l'escalier.
Après avoir renvoyé deux familiers, je levai les yeux au ciel une dernière fois.
L'immense île continuait de se rapprocher lentement de nous.
Et en chemin, elle ne cessait de lâcher de gros tas de quelque chose.
C'est trop loin pour que je puisse discerner quoi que ce soit, mais j'imagine que ce sont des monstres.
Wah, je suis content que le Centre de Culture n'ait pas envoyé une équipe de reconnaissance ou quelque chose comme ça pour l'instant.
« Kazucchi, merci. »
Mia dit d'une voix basse, en tirant sur le bas de ma chemise.
Je lui souris.
« C'est Shiki-san qui y a pensé. »
« Mais Kazucchi a accepté tout de suite, lui aussi. »
« Enfin, si on a une chance de gagner, alors... »
Mia hocha la tête.
« Même comme ça, j'étais contente. »
« Si ça augmente ta motivation, c'est encore mieux. »
Nous fîmes demi-tour et quittâmes le toit.
Les gens de la section lycée causaient toujours un tumulte sur la place.
Mmm, on dirait que la cible de l'ennemi va immédiatement se reporter ici.
Honnêtement, je voulais faire plusieurs choses avec la porte de transfert mais…
On n'a pas l'air d'avoir tant de temps que ça.
Mieux vaut se dépêcher.
Au bout d'environ cinq minutes.
Dans la salle d'entrée sombre du premier étage, une lumière disque bleu-blanc de trois mètres de diamètre apparut.
C'est la porte de transfert.
Il semblait que les garçons de la section lycée faisaient du bruit dehors comme d'habitude.
Cela dit, ils ne couraient même pas ni ne préparaient l'interception.
C'était une foule complètement désorganisée.
Les filles sur la lumière disparaissaient les unes après les autres.
Elles portaient toutes un sac à dos lourd.
« Nous avions prévu de pouvoir abandonner le Centre de Culture à tout moment si nécessaire », dit Shiki-san.
Il semble que l'équipement nécessaire à la survie ait été correctement réparti dans les sacs à dos.
Ça devrait suffire pour au moins quelques jours.
C'est rassurant.
J'utilisai « Polyglotte » sur Shiki-san et les autres.
Je me rends compte seulement maintenant que ce serait embêtant s'ils ne peuvent pas converser de l'autre côté.
Après avoir vu Shiki-san disparaître sur la lumière en dernier, le familier faucon ferma la porte de transfert.
Le faucon sauta sur la tête de Lucia.
« C'est sa maison maintenant ? »
« Lucia ne taquine pas les familiers, après tout. »
Le faucon dévisagea Mia.
Ah, on dirait qu'il lui en veut.
Mia détourna le regard et siffła, faisant semblant de ne pas savoir.
Nous sommes sortis volants depuis le deuxième étage du Centre de Culture, sous « Invisibilité Supérieure » et « Vol ».
Seul moi pouvais voir les autres grâce à « Voir l'Invisibilité », mais eux ne voyaient même pas leurs alliés.
C'est pour ça qu'on se tenait par la main.
Lucia portait le familier faucon de Rin-san d'une main.
Mais si elle faisait seulement ça, le faucon serait encore visible, alors « Invisibilité Supérieure » fut utilisée sur lui aussi.
Nous traversâmes la place où les garçons étaient encore dans le chaos.
J'entendis quelques-uns dire quelque chose.
« Shiba-san… a dit…… »
« Hé, alors Shiba-san…… »
Hmm ?
Ces types… n'ont-ils toujours pas accepté le fait que Shiba-san est mort ?
Est-ce pour ça qu'ils ont pu faire un truc aussi stupide ?
Ça arriva juste après qu'on entra dans les bois.
Quelque chose brilla au sommet de la forteresse flottante.
Je sentis un frisson me parcourir l'échine.
« Entrez dans la forêt ! »
Je criai et plongeai dans les arbres en descendant.
Et quelques instants plus tard, un rayon tiré de la forteresse flottante transperça le Centre de Culture.
Le bruit de l'explosion me perça les tympans.
Même l'onde de choc de l'attaque nous souffla.
Sur le coup, nous nous saisîmes fortement les mains les uns des autres.
Nous nous rapprochâmes et tournoyâmes dans les airs…
Et tombâmes sur un tapis de feuilles mortes dans les bois.
J'atterris violemment sur le dos.
Tous gémirent de douleur.
« Ça va, les gars ? Kazu-san, tu vas bien ? »
« Ah…… ouais, tant bien que mal. »
Juste quand j'essayai de me relever, une vive douleur me traversa l'épaule.
Je laissai échapper un grognement sourd.
Arisu tenta de le soigner par magie mais…
« E-eto, Kazu-san, c'est… par ici… ? »
« Hyaah, Arisu-san, c'est moi. »
Lucia croassa.
Je vis la scène.
Arisu frottait les fesses de Lucia.
Je ne pus m'empêcher de sourire.
Mia me tira violemment la joue.
O-oï, tu… tu vois ?!
« Je sais pas pourquoi mais j'ai juste eu envie de punir un peu Kazucchi. »
« N'agis pas sur un coup de tête ! »
« La façon dont tu protestes… t'as vraiment vu quelque chose, hein ? »
Mia dit avec des yeux reprocheurs.
Mince.
J'essayai de protester à nouveau mais la douleur à l'épaule m'en empêcha.
Ei, de toute façon, c'est pas le moment de bavarder tranquillement.
Quand je levai les yeux et me tournai vers le Centre de Culture…
Ce bâtiment élégant n'était plus là.
Seuls des nuages de poussière s'en élevaient.
L'endroit qui servait de base il y a peu n'était plus que ruines après une seule attaque.