Tête-de-Lion s'élança à sa suite dans la caverne, se moquant intérieurement que le léopard était bel et bien condamné.
L'homme-léopard ne pouvait pas exploiter son avantage dans l'étroit boyau. N'allait-il pas se faire mordre à loisir ?
Pourtant, une fois lancé à sa poursuite dans la grotte, il ne trouva aucun homme-bête. Il n'y avait qu'un petit trou d'où s'engouffrait un vent glacial.
Rooar !
Tête-de-Lion poussa un rugissement de rage et se jeta dans l'orifice.
Mais ce trou était trop exigu. Même Parker ne parvenait qu'à s'y faufiler difficilement. Impossible pour un lion, avec sa charpente massive, de passer.
Il resta coincé dans l'ouverture.
Un long moment s'écoula sans qu'aucun bruit de combat ne parvienne de la caverne. Les hommes-bêtes dehors échangèrent des regards, puis quelques mâles costauds s'engagèrent prudemment à l'intérieur.
Dès leur entrée, ils restèrent figés.
Ce qui s'offrit à leur vue, c'était les fesses d'un lion qui se débattait frénétiquement.
Parker regarda avec précision vers le tas de rochers. Bai Qingqing sembla percevoir quelque chose et fit apparaître une paire d'yeux derrière les pierres.
« Parker ? »
Bai Qingqing ne fit que mouvoir les lèvres, sans émettre le moindre son. Pourtant, ce fut comme si Parker l'avait réellement entendue, et ses yeux dorés s'adoucirent.
Quand Tête-de-Lion émergea du trou, Parker fit demi-tour et s'enfuit dans une autre direction.
Rooar ! Tête-de-Lion lança un rugissement furieux après le léopard en fuite et usa de toute sa force pour tenter de jaillir de l'orifice.
Les quelques mâles de l'autre côté échangèrent quelques regards, puis tous se ruèrent sur Tête-de-Lion, crocs à nu, mordant vers lui.
Tête-de-Lion sentit le danger et envoya valser deux mâles d'un coup de pattes arrière. Il profita de cet élan pour s'extraire du trou.
« Rooar ! » Tête-de-Lion se retourna et toisa froidement les hommes-bêtes qui l'avaient attaqué.
Ces derniers s'enfuirent aussitôt, la queue entre les jambes.
Snif ! Tête-de-Lion renifla et se lança à sa poursuite en suivant les traces de sang au sol, sans jeter un regard vers le tas de pierres où la femelle était cachée.
Bai Qingqing n'avait plus aucun compagnon auprès d'elle à présent. Elle se blottit dans une peau de bête. Pour empêcher An'an de pleurer de peur, elle lui couvrit les oreilles de ses mains.
Il n'y avait plus rien à voir, et tout retrouva son agitation habituelle, les hommes-bêtes vaquant et venant sans cesse.
Bai Qingqing guettait constamment l'activité dehors quand elle perçut soudain le bruit de plusieurs pas. Ils résonnaient si près qu'elle eut un frisson de danger.
« Ils sont tous partis pourchasser l'homme-léopard. La femelle doit bien se cacher dans les parages », lança une voix mâle rauque, avec nonchalance. Sa voix retentit juste au-dessus de la tête de Bai Qingqing.
À ces mots, Bai Qingqing retint son souffle.
Elle se roula en boule dans la peau de bête, ne laissant paraître qu'une paire d'yeux tournés vers le haut. Elle vit une paire de mains s'apprêter à écarter les rochers.
Crac—
Un bruit, comme celui d'os qu'on brise, retentit. De quoi vous glacer le sang.
« Qui est là ? »
La paire d'ombres de mains allait se retirer quand un second « crac » claqua. Ces mains devinrent alors molles comme des nouilles cuites.
Le dos de Bai Qingqing se raidit tandis qu'elle levait les yeux, horrifiée.
Curtis était-il revenu ?
Un grand mâle apparut alors dans le champ de vision de Bai Qingqing.
Son torse formait un triangle inversé, ses pectoraux et ses bras étant anormalement développés. Il ne ressemblait pas aux hommes-bêtes tigres, généralement puissants sur l'ensemble du corps, mais cette partie de sa musculature et de son anatomie formait une force qui paraissait disproportionnée.
Ce ne pouvait être Curtis. Winston ne correspondait pas non plus à cette silhouette. Quant à Parker, la possibilité était encore plus faible.
Bai Qingqing faillit hurler.
L'individu au-dessus d'elle tendit le bras et lui souleva le menton, la forçant à le regarder droit dans les yeux.
Tout le corps de Bai Qingqing était enveloppé dans la peau de bête, seule une paire d'yeux clairs et brillants émergeait.
Cette seule paire de suffisait à attirer le regard de n'importe quel mâle.