Au moment où il eut dit cela, les habitants d'origine du village se mirent à hurler d'excitation, la tête levée vers le ciel.
Bai Qingqing se couvrit les oreilles et cria en tirant le bras de Parker : « C'est trop bruyant ici ! An'an risque de se réveiller avec ce vacarme, rentrons. »
Craignant qu'elle ne se fasse duper par ses frères, Parker acquiesça vivement. « D'accord ! »
Il la souleva alors horizontalement et se frayèrent un chemin hors de la foule.
Les léopardeaux ne jetèrent qu'un regard à leurs parents, mais ne les poursuivirent pas et continuèrent de courir dans tous les sens au milieu de la foule.
Effectivement, An'an avait été réveillée par le bruit. Avant même d'arriver à la maison, on entendait déjà ses cris perçants.
Curtis, qui la portait, tourna instantanément la tête vers Bai Qingqing dès qu'il perçut ses pas.
« Je ne l'ai pas touchée. » En parlant, Curtis posa An'an sur la peau de bête et ajouta : « Je ne sais pas pourquoi elle ne veut pas s'arrêter de pleurer. »
Il avait déjà essayé de calmer le bébé comme il avait vu faire Parker et Winston. Clairement, quand eux le faisaient, An'an cessait de pleurer en un rien de temps (bien sûr, sauf les nuits de pleine lune). Mais quand il les imitait et faisait la même chose, cela semblait totalement inutile.
Même si elle était si minuscule, ses cris semaient plus de panique dans son cœur que les hurlements des bêtes sauvages.
Bai Qingqing, qui n'imaginait pas une seconde que Curtis aurait pu maltraiter le bébé, lui lança un regard amusé avant de marcher vivement jusqu'à An'an.
« An'an a probablement été effrayée pendant son sommeil par le bruit. C'est normal qu'elle pleure un moment. »
Bai Qingqing souleva An'an et s'accroupit près de la bassine de pierre pour laisser le bébé y faire pipi.
Curtis poussa secrètement un soupir de soulagement.
« Sois sage et arrête de pleurer, An'an. Maman est là. » Sous les paroles réconfortantes de Bai Qingqing, les cris d'An'an faiblirent.
Après s'être soulagée, An'an cessa de pleurer. Pourtant, elle continuait de sangloter, l'air hébété, les yeux grands ouverts.
« Il y a des nouveaux arrivants dans le village, quarante à cinquante jeunes mâles », dit Bai Qingqing à Curtis pendant qu'elle essuyait les petites fesses d'An'an.
« Mm », répondit Curtis sur un ton neutre.
Maintenant qu'An'an avait cinq mois, ses bras et ses jambes s'étaient allongés.
En se rappelant la pile de minuscules vêtements qu'elle avait confectionnés l'année précédente, Bai Qingqing dit rapidement à Parker : « Vite, trouve-moi les petits habits d'An'an. Ils sont au fond de la caisse en bois. »
À l'époque, comme An'an était trop petite, ils n'osaient pas trop lui bouger les bras et les jambes, de peur de lui tordre les membres par mégarde. C'est pour cela qu'ils ne lui avaient pas fait mettre les vêtements faits par Bai Qingqing.
Parker alla jusqu'à la caisse en bois et en sortit tous les vêtements d'An'an.
« Essayons de lui mettre. » Avec un sourire, Bai Qingqing choisit sa tenue préférée parmi le lot, posa An'an sur le lit et l'aida doucement à l'enfiler.
À l'époque, Bai Qingqing avait prévu de faire porter ces vêtements à An'an dès sa naissance. Mais les nouveau-nés étaient encore plus petits qu'elle ne l'avait imaginé, donc les habits étaient un peu trop grands à ce moment-là.
Maintenant que ses bras et ses jambes étaient plus fermes, c'était le moment approprié pour les lui mettre.
« C'est fait ! Notre An'an est vraiment adorable ! »
Tenant An'an par la taille pour la faire tenir debout, Bai Qingqing eut soudain l'impression que sa fille avait grandi en regardant la petite humaine devant elle.
Cependant, An'an gardait un air abattu. Avec des cernes sous ses yeux magnifiquement dessinés, elle inspirait à la fois de la peine et de l'amusement.
Parker éclata de rire en pointant le bras d'An'an. « Regarde ses bras. Maintenant qu'elle a mis ces vêtements, ses bras sont écartés, on dirait un petit oiseau. »
Bai Qingqing lui lança un regard mécontent.
« An'an, tu as souffert. Tu t'ennuies ? Maman va t'emmener jouer dehors. » Bai Qingqing prit An'an contre sa poitrine et déposa un baiser sur son petit visage clair et tendre.
« Curtis, tu veux venir avec nous ? » demanda-t-elle.
Si Curtis ne venait pas, elles iraient chercher le petit serpent. S'il voulait venir, tant pis.
« D'accord. » Curtis accepta sans hésiter.