Sur l'océan bleu, une petite île verte affleurait, si insignifiante qu'elle semblait un minuscule bateau sur l'immensité de la mer.
Une jeune fille en robe blanche était assise au bord de l'île. Sous le soleil éclatant, sa peau claire paraissait encore plus blanche et sans défaut. Ses pieds trempaient dans l'eau, balançant nonchalamment. Elle jetait de temps à autre un regard vers la mer, une expression anxieuse sur le visage.
Les trois lionceaux coururent et jouèrent derrière elle, joyeux. Ils roulaient, creusaient le sol, sautaient pour attraper des mouches ou faisaient des culbutes comme des acrobates.
Finalement, un paon s'envola au-dessus d'eux.
D'innombrables têtes humaines surgirent aussitôt de la mer, observant avec méfiance. Les tritons restés cachés sur l'île se rapprochèrent également de la jeune fille.
Les yeux de Bai Qingqing s'illuminèrent, et elle se leva prestement. Comme prévu, elle aperçut une tête de léopard à la surface de la mer.
« Parker ! » Bai Qingqing se fit un porte-voix de ses mains et cria.
Quand Parker l'entendit appeler, il nagea encore plus vite. Bluepool, qui l'avait amené là, accéléra lui aussi, arrivant devant Bai Qingqing d'une courte tête.
« Je l'ai amené. » Bluepool s'allongea sur le sable à ses pieds, l'air de réclamer des éloges.
Bai Qingqing ne le regarda pas, mais tourna les yeux vers la mer et dit : « Merci. »
Bluepool fit la moue, claqua sa queue dans l'eau peu profonde, tentant d'attirer l'attention de la femelle par le bruit. Cela parut totalement inutile.
Juste au moment où Parker allait toucher terre, il reprit sa forme humaine dans l'eau. L'instant d'après qu'il atteignit le rivage, il saisit Bai Qingqing et s'enfonça vers le cœur de l'île.
« Parker. »
« J'ai quelque chose à te dire. »
Tous deux parlèrent en même temps.
Les tritons en faction autour d'eux découvrirent aussitôt les dents, affichant des mines féroces et leur barrant le passage. Bluepool devint sur le champ méfiant, reprit sa forme humaine et remonta sur le rivage.
« Grrr ! » Parker ne recula pas. Il fonça sur les tritons devant lui et poussa un grognement d'avertissement grave. Il lança ensuite un regard à Bluepool.
Bai Qingqing tapota le bras de Parker pour le calmer, lui faisant signe de rester tranquille. Elle dit alors aux tritons : « On va juste parler à l'ombre des arbres. Il fait trop soleil dehors. Ma peau me brûle. »
Le cœur des tritons se serra aussitôt de compassion, et leurs attitudes s'adoucirent.
Bluepool dit : « Alors allez-y vite. »
Bai Qingqing esquissa un sourire, puis entraîna Parker en courant vers les arbres.
Alva était arrivé sur l'île avant Parker, mais Bluepool ne l'avait pas laissé approcher. C'était un oiseau. S'il s'approchait de Bai Qingqing, il aurait une chance de l'enlever.
Pour être franc, Alva n'osait pas non plus laisser Bai Qingqing voir sa forme animale. Il fit les cent pas aux alentours, puis reprit sa forme humaine et s'immergea dans l'eau.
Bai Qingqing et Parker gagnèrent un grand arbre, et les trois lionceaux les suivirent. Ils regardèrent d'abord leur père, puis continuèrent à jouer de leur côté.
« Tu as dit que tu avais quelque chose à me dire ? Qu'est-ce que c'est ? » demanda Bai Qingqing. À voir son expression, elle jugea que ce n'était rien de bon.
Parker jeta un coup d'œil aux tritons alentour, puis parla tout bas à l'oreille de Bai Qingqing : « J'ai appris de la tribu des paons que Jean et le roi des singes arrivent. »
« Quoi ? »
Elle fut si chocquée que sa voix monta de plusieurs tons. Sous les regards interrogateurs des tritons, elle recomposa vite son expression.
Bluepool s'approcha en demandant : « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Rien. N'approche pas. Ce n'est pas facile pour moi de voir Parker. Je veux parler en privé avec lui. » Bai Qingqing imita la façon de parler des femelles capricieuses.
Bluepool éprouva une pointe de pitié pour Parker et accepta à contrecœur. Il fit aussi reculer un peu les tritons. Cependant, ils redoublèrent de surveillance sur Alva.
L'ouïe des tritons était médiocre. Bai Qingqing et Parker baissèrent délibérément la voix, si bien qu'ils n'entendirent rien.
« Pourquoi sont-ils venus ? Pour me tuer ? » Le visage de Bai Qingqing devint livide. Elle comprit alors quelque chose, et son visage pâlit d'un cran supplémentaire.