Était-ce Muir ou un autre oiseau ?
Lorsque Parker aperçut un second oiseau, il eut sa réponse. C'étaient assurément des hommes-bêtes venus de la Cité des hommes-bêtes et qui en voulaient à la vie de Qingqing.
Ils n'étaient que deux, aussi Parker n'avait-il pas peur. Il grimpa dans un arbre et poussa un rugissement puissant.
Il n'était pas question qu'il laisse partir les hommes-bêtes qui en voulaient à la vie de Qingqing !
Quand les deux hommes-bêtes aigles entendirent sa voix, ils échangèrent un regard et piquèrent vers le bas.
Parker était fin prêt au combat, mais les deux hommes-bêtes aigles connaissaient leurs limites. Ils se posèrent sur les branches d'un autre arbre et reprirent leur forme humaine.
« Nous sommes venus vérifier la situation à la Falaise de Mer. Il semble que la catastrophe n'ait rien à voir avec Bai Qingqing. Nous ne continuerons pas à en vouloir à sa vie », dit l'un des hommes-bêtes aigles.
Les sourcils de Parker se haussèrent et lui aussi reprit sa forme humaine.
« Vos yeux ne sont pas là pour rien. »
L'homme-bête aigle ne s'en offusqua pas. Il s'excusa sincèrement. « Nous sommes venus présenter nos excuses à Bai Qingqing. C'est une femelle. Nous n'aurions pas dû la traiter ainsi. »
« Inutile », dit Parker avec impatience. « Vous pouvez partir. Ne revenez pas nous déranger. Je transmettrai votre message à Qingqing. »
Il ne croyait pas un mot de ce que disait l'homme-bête aigle. Les deux aigles cherchaient peut-être à se servir de lui pour découvrir où se trouvait Qingqing. Bien qu'il fût certain de pouvoir les battre, il ne voulait pas la mettre le moindrement en danger.
Les deux hommes-bêtes aigles échangèrent un regard et acquiescèrent.
« Très bien, nous repartons. La saison des pluies arrive et les femelles de la Cité des hommes-bêtes ont besoin qu'on s'occupe d'elles. »
Sur ces mots, les deux hommes-bêtes aigles reprirent leur forme animale et s'envolèrent en direction de la Cité des hommes-bêtes.
Parker se sentit totalement soulagé et repartit en courant, excité.
Muir était sorti chasser. Récemment, Qingqing n'aimait que la viande grasse, aussi avait-il commencé à la chercher dès l'aube. Il ne s'attendait pas à croiser Parker et à entendre leur conversation.
Ce qui devait arriver arrivait enfin.
Bai Qingqing le chasserait immédiatement de la maison en bois. Il ne supportait vraiment pas… de renoncer à la vie paisible qu'il avait partagée avec Bai Qingqing pendant cette période. Ce serait bien si de tels jours pouvaient durer encore quelques jours, juste quelques jours de plus.
Muir était bien plus fort que ces deux hommes-bêtes. Comme il évitait intentionnellement Parker, ce dernier ne le remarqua pas.
Parker courait vers Bai Qingqing, excité. À chaque pas, il sentait qu'il se rapprochait d'elle. Il devrait pouvoir la voir très bientôt.
Le cœur de Parker battait la chamade, ses yeux dorés brillaient de joie. Soudain, quelques paons lui barrèrent la route.
« Gah ! »
Les paons poussèrent des cris féroces, ébouriffant leurs plumes, ce qui les faisait paraître encore plus imposants.
Parker comprit qu'il s'agissait du village où Qingqing avait demandé à séjourner temporairement. Il stoppa net, recula même de quelques pas de manière amicale et reprit sa forme humaine.
« Je cherche ma compagne. Elle s'appelle Bai Qingqing. Est-elle restée ici chez vous ? »
Les quelques paons échangèrent quelques regards, puis poussèrent quelques cris en direction de Parker. L'un d'eux fit demi-tour et s'envola tandis que les autres continuaient à bloquer la progression de Parker.
Parker connaissait les règles des villages. Il faudrait attendre l'accord du chef du village avant de pouvoir entrer.
Il faisait les cent pas avec angoisse, envahi d'une irrépressible envie de foncer. Soudain, il vit une ombre passer dans le coin de son œil.
« Hmm ? » Parker se tourna.
N'était-ce pas Muir ? Au vu de son grand corps, c'était forcément Muir.
Parker fut transporté de joie et cria vers lui : « Muir ! Je suis là ! »
Il ne savait pas si l'aigle noir l'avait entendu, mais celui-ci continua son vol sans se retourner, disparaissant de la vue de Parker.
« Me suis-je trompé de personne ? » marmonna Parker.
Lorsque Alva reçut la nouvelle, sa première réaction fut de lever le bras pour le humer. Il se sentit alors troublé et fronça les sourcils.