Une journée entière s'écoula. Après qu'An'an eut perdu connaissance d'épuisement, Bluepool mit enfin fin à sa nuit de noces avec sa compagne.
Il ressentait à la fois de la peine et de la frustration. Il avait dû employer trop de force et blesser An'an.
Bluepool se releva sur-le-champ et utilisa de l'eau de mer pour aider An'an à se nettoyer le corps. Puis il s'agenouilla entre ses jambes et inspecta longuement, avant de finalement s'approcher pour lécher la zone à plusieurs reprises, y laissant sa salive afin que la blessure guérisse plus vite. Ce n'est qu'alors qu'il serra à nouveau An'an contre lui et ferma les yeux pour se reposer.
L'accouplement était physiquement très éprouvant pour les mâles. Bluepool dormait profondément, et même quand An'an se réveilla, il dormait encore.
An'an sentit une lourdeur sur son corps et tendit instinctivement la main pour la repousser. Soudain, une nouvelle sensation naquit en son cœur.
Elle éprouva un sentiment de proximité envers la chose à côté d'elle. C'était la réaction de la formation d'un lien conjugal.
D'ordinaire, lorsqu'un lien conjugal se formait, seuls les mâles en ressentaient les effets, afin de pouvoir percevoir clairement leur compagne femelle. Les femelles ordinaires ne ressentaient rien après la formation d'un lien conjugal.
Mais pour An'an, qui était fermée au monde, elle ressentit une connexion assez nette après la formation du lien conjugal. Cela lui fit comprendre instantanément que la personne plaquée sur elle était Bluepool, celui qui s'occupait d'elle.
Aussi cessa-t-elle de pousser violemment, et se mit-elle à ramper prudemment vers l'extérieur.
Mais elle n'était pas seulement clouée par le simple poids. Elle semblait également clouée par quelque chose. Dès qu'elle bougeait, elle ressentait une douleur à l'endroit où elle était clouée.
An'an commença à sentir de la tristesse. Est-ce qu'il ne l'aimait plus ? Était-ce pour cela qu'il faisait ça ?
Cloués comme ça, tous les deux allaient probablement finir par devenir un arbre conjoint, non ?
Bien que ce fût aussi le cas hier, Bluepool bougeait et réagissait au moins. Elle n'avait pas encore pensé dans ce sens. À présent, Bluepool était si silencieux qu'on aurait dit qu'il n'existait pas. Plus An'an y pensait, plus elle s'attristait.
Remué par ses mouvements, Bluepool finit par se réveiller. La voyant sangloter, il la serra immédiatement dans ses bras.
« Qu'est-ce qui ne va pas, An'an ? »
Grâce à la connexion de leur lien conjugal, An'an pouvait ressentir l'inquiétude de Bluepool pour ses sentiments. Quand on se souciait de soi, il était facile de se sentir lésée.
Bluepool suivit le regard d'An'an et son visage rougit.
Mais voyant qu'elle allait pleurer, il n'était certainement pas d'humeur à faire autre chose. Il se retira immédiatement.
Pendant ce temps, An'an continuait de fixer Bluepool.
Elle écarquilla les yeux. Était-ce sa… fleur ? De petits fruits allaient-ils pousser sur elle ?
An'an regarda ses bras et songea que ce ne serait peut-être pas si mal si cela arrivait. À l'avenir, quand elle aurait faim, elle n'aurait qu'à manger les fruits qui pousseraient sur son corps.
« Laisse-moi voir. » Après s'être retiré, Bluepool voulut vérifier son état.
Cependant, An'an se retourna, lui tournant le dos.
Bluepool fit le tour d'elle à plusieurs reprises avant de réussir à examiner sa situation.
Voyant qu'il n'y avait pas de saignement, il fut soulagé.
Bluepool enfila d'abord des vêtements propres sur le corps d'An'an. Elle coopérait à chaque fois qu'il l'habillait, mais aujourd'hui, elle l'ignora purement et simplement. Non seulement elle ne coopérait pas, mais on avait indistinctement l'impression qu'elle lui résistait.
« Tu es fâchée ? » Bluepool était à la fois agréablement surpris et nerveux. « Je n'aurais pas dû employer autant de force hier. Je t'ai blessée. Je ferai attention la prochaine fois. »
C'était la réaction la plus nette qu'An'an lui ait donnée en toutes leurs années d'interaction. Comment Bluepool n'aurait-il pas été agréablement surpris ?
Il fit le tour d'An'an et la câlina longuement, implorant son pardon, comme s'il croyait fermement qu'An'an pouvait comprendre ce qu'il disait. Au bout du compte, An'an fut vraiment apaisée et retrouva son habituelle docilité.