À peine ces mots eurent-ils quitté sa bouche que la pièce sombra dans un silence total. On n’entendait plus que les bruits de léchage de Furry.
la dévisagea en arborant un air d’innocence parfaite.
resta sans voix un instant, sur le point de rétorquer, lorsque la voix de Xiaofan jaillit depuis sa chambre.
« Il me semble bien avoir entendu quelqu’un qui me grondait, non ? » Bai Xiaofan s’était accoté au mur de l’angle et levait le menton en fixant .
écarquilla les yeux. Un éclair lui traversa l'esprit : il les agrandit encore davantage.
Qingqing n'avait que ses parents et un frère cadet. Qui pouvait bien être ce jeune homme ? Ce ne pouvait sûrement pas être…
découvrit soudain le sens précis du mot « malaise ».
Bien que sa poitrine de léopard s'emplit d'amertume, il sut maîtriser son visage. Il posa son regard sur Bai Xiaofan comme si de rien n'était, et adressa même à celui-ci un sourire fin et courtois. (Des années en service client l'y avaient habitué.)
« Bonjour ! Je rigolais, tout à l'heure. » , prompt à rebondir, enchêra aussitôt : « Tu ne savais pas ? Le surnom de Qingqing, c'est Doggie. »
s'octroya mentalement un bon-point pour cette justification.
roula des yeux et ne perdit pas une seconde à faire les politesses. « File travailler, vite fait ! »
Une fois son visage examiné à la lumière du jour, Bai Xiaofan dressa droit sur lui-même dans la stupeur et prit une grande bouffée d'air. En le fixant sans broncher, il balbutia : « Tu... tu... tu serais ? »
« Eh ? Tu connais mon nom, toi aussi ? » Ignorant royalement les tentatives de sa compagne pour le renvoyer à ses occupations, se rapprocha de Bai Xiaofan avec empressement. « Moi, c'est . Tiens, ce canard rôti est pour toi. »
Bai Xiaofan se cala la main sur la bouche. Dès que l'odeur du canard rôti lui chatouilla les narines, il baissa les yeux sur la viande et sentit ses commissures tressailler deux fois sans qu'il puisse les retenir.
« Si mes souvenirs sont bons, tu comptais bien offrir ce canard à Furry ? » dit Bai Xiaofan.
Furry, qui tournait autour de depuis tout à l'heure en exigeant ce fameux canard, bondit instantément dès qu'il entendit son nom. Se frottant frénétiquement à la cuisse de , il confirma aux yeux de Bai Xiaofan qu'il n'avait pas rêvé.
s'exécuta en toussotant sec, asséna un coup de pied au chien pour l'éloigner et glissa le canard entre les mains de Bai Xiaofan. « Ça, c'est pour toi. »
Bai Xiaofan se lécha les babines avant de saisir l'animal. « Tu fais preuve d'une telle courtoisie que refuser serait de ta part un acte de mauvaise éducation. Très bien, j'accepte donc ce canard. »
Et sans se faire prier, il se jeta sur le canard et s'y mit à mâcher avec avidité.
Inquiète, s'approcha à grands pas. « Hé, Bai Xiaofan, tu veux vraiment tout finir par toi-même ? »
Tout en pointant du doigt l'autre morceau que Furry venait de mettre à mal, il demanda d'une voix à demi étouffée : « Il n'y en aurait pas un second, là-bas ? »
Suffoquant de colère, elle leva un doigt tremblant vers le visage de son frère avant de lâcher, hors d'elle : « Très bien ! Tu as gagné ! »
Devant cet état de furie, s'empressa de la rassurer : « Je t'en rachète un plus tard, tranquille. »
« Laisse tomber. Mieux vaut que tu files d'ici au plus vite », pressa .
Face à cette réaction, l'expression de s'affaissa. Il porta un regard suppliant vers Bai Xiaofan.
Profitant de l'aubaine, Bai Xiaofan riposta d'un ton sévère : « Tu traites ainsi un invité ? Songe que tu es ma propre sœur. Manques-tu donc complètement de savoir-vivre ? »
Même s'il ne partageait pas ce jugement, hochait nerveusement la tête en signe d'assentiment.
pensa irrémédiablement à l'attitude de son frère envers Curtis. En comparant son comportement actuel avec et le passé, elle ne put s'empêcher de s'étonner.
Tandis qu'elle digérait l'information, Bai Xiaofan invitait déjà à passer dans sa chambre : « Viens, laissons ma sœur de côté. Nous nous amuserons beaucoup mieux à deux. »
En chemin, n'hésita pas à lui décocher un regard triomphant.
En les voyant disparaître derrière la porte, elle songea que des jeunes gens de la même génération s'entendaient naturellement beaucoup mieux.
Par rapport aux standards de leur monde, restait un adolescent.