Pendant ce temps, , l’asocial, était déjà bien devant le reste du groupe. Quand il s’est retourné et les a aperçus, il poussa un gémissement de douleur.
« Vous ne pouvez pas vous dépêcher ? On arrive vite et on rentre ! »
N’ayant d’autre choix, il dut poser ses bagages et descendre la montagne à toute allure.
En voyant revenir, les membres de son équipe furent sous le choc. Zhang Yu demanda : « Pourquoi tu redescends ? Il t’a pourtant fallu un mal de chien pour aller jusque-là. »
garda le silence. Apercevant cette femme maigrelette, sur le point de s’évanouir d’épuisement, il éprouva de la pitié et lui prit les deux valises des mains.
Il se retourna vers les autres membres de l’équipe, puis délesta Song Yuan’er, au visage pâle, de ses bagages.
Puis, une valise dans chaque main et un énorme sac sur le dos, il se mit à courir en silence.
Oui, il se mit vraiment à courir. Tandis que les autres avançaient péniblement centimètre par centimètre, il enchaînait sans effort. Ses bagages, pourtant incroyablement lourds, semblaient flotter entre ses mains comme s’ils étaient taillés dans le vent.
Les membres de son équipe : « … »
Les hommes pensèrent : *Les bagages des participantes féminines doivent être très légers.*
Les femmes pensèrent : *Il faut forcément être solide pour porter ça.*
Ils continuèrent donc leur lente ascension.
posa ses charges, redescendit chercher celle des autres et fit quelques allers-retours jusqu’à regrouper tous les bagages au même endroit.
Si ses bras avaient été assez longs, il aurait tout pris en une seule fois.
pensa : *Cette fois, ils devraient pouvoir avancer plus vite, non ?!*
Qui aurait cru qu’en relevant la tête, il les verrait pratiquement encore exactement là où il les avait laissés.
: « … On dirait que le ciel conspire contre moi. Laissez tomber les femmes. Qu’est-ce qui se passe avec ces jeunes hommes robustes ? Va-t-il falloir que je les porte un par un ? »
Au final, c’est bel et bien ce qu’il fit. Le premier à monter sur ses épaules fut Zhang Yu.
Ensuite, il enchaîna plusieurs trajets et transporta toutes les membres féminines de l’équipe jusqu’en haut. Il n’eut pas à faire autant pour les hommes, qui refusèrent catégoriquement son aide par pudeur.
Résultat : les hommes prirent un tel retard qu’ils étaient complètement distancés, même lorsque les femmes firent une petite pause à mi-pente.
Ils attachèrent les sacs entre eux avec une corde pour que puisse les traîner d’un seul coup. Après avoir marché un certain temps, il remontait chercher les participantes et les portait sur une nouvelle portion. Et ainsi de suite. Très bientôt, ils atteignirent le sommet.
« Mon dieu ! On est enfin arrivés ! » Song Yuan’er se tint debout sur une roche, les mains aux hanches, et regarda en contrebas. « On voit plus rien où ils sont partis. »
Zhang Yu dit : « On monte d’abord les tentes. Comme ça, quand ils arriveront, on pourra lancer les cuissons. »
« D’accord », répondit quelqu’un avant d’en sortir immédiatement les tentes de leurs sacs.
se dirigea vers elles pour aider, mais Zhang Yu l’en empêcha. Avec un sourire, elle déclara : « Tu nous as portées sur une distance considérable. Vas te reposer de l’autre côté. Attends simplement de manger après. »
« C’est vrai, ça t’a beaucoup fatigué », ajouta une autre. Tout le monde se sentait coupable de continuer à lui abandonner les corvées.
Pour , chaque seconde pesait comme une année et il n’avait plus la force de garder les convenances. À ces mots, il porta la main à sa poitrine, s’isola dans un coin tranquille et vide, puis s’assit le dos tourné au groupe.
Les participantes eurent aussi quelques démêlés avec la manipulation des montures avant de finir par installer les tentes.
Elles s’apprêtaient à le supplier d’aller se reposer lorsqu’elles se retournèrent. Là, elles le virent assis tout seul, le vent lui fouettant le visage, comme s’il attendait quelqu’un. Pour une raison inconnue, en voyant son dos, elles éprouvèrent soudain de la pitié à son égard.
Le caméraman chargé de suivre enregistrât le paysage par pure ennui. Documenter un asocial doté d’une force monstrueuse semblait promettre peu d’intérêt en fin de compte.
En apercevant Zhang Yu approcher, le technicien redressa la tête et braqua aussitôt l’objectif sur elle : *Enfin, une vraie séquence à tourner.*
« Les tentes sont dressées. Il fait froid dehors, allez vous asseoir dedans. » La voix de Zhang Yu rompit le silence morne qui régnait autour d’eux.