dit : « C'est exact. Le prix est encore meilleur. »
Curtis sourit, glissant dans sa bouche la crevette qu'il venait d'éplucher. « Bien que ça ne puisse se comparer à ce qu'on a chez nous, c'est déjà bien mieux que la nourriture dehors. Mange encore. »
mangea la crevette, puis tendit à Curtis celle qu'elle avait massacrée en tentant de l'éplucher. « Toi aussi, mange. Ce sont tous des plats que tu aimes. Ce serait trop gâcher si je les mangeais toute seule. »
Ils se nourrissaient l'un l'autre, retombant machinalement dans leur façon de faire du monde des hommes-bêtes. Ce qui fit rouler des yeux à bien des clients et au personnel du restaurant.
Célibataire, la serveuse qui les servait encaissa dix mille points de dégâts, comprenant trop bien ce que signifiait se faire torturer par une exhibition publique d'affection.
Elle ne put que maudire en son cœur : « Ceux qui étalent leur bonheur crèvent plus vite. »
Les quelques plats de fruits de mer raffinés satisfirent Curtis. L'humeur de s'améliora aussi. Elle but une gorgée de boisson fraîche et dit : « Ah, au fait, j'ai vu Muir aujourd'hui. »
Le corps de Curtis se figea et il tourna le regard vers le visage de .
se hâta de dire : « Il n'est pas ici. Il est quelque part de très loin. Je l'ai vu à la télévision. » En disant cela, elle s'emporta, prit une grande inspiration et lança d'une traite : « Mince ! Il a participé aux Jeux olympiques, quand même ! Ça m'a fichu une trouille ! »
À l'entente de « Muir » et de « Jeux olympiques », tous ceux qui avaient entendu tournèrent la tête vers .
se couvrit la bouche et baissa le volume, continuant à parler à Curtis : « Souffle, il est vraiment trop fort. Dans une épreuve de natation entre humains, il a laissé les autres à une distance énorme. Il n'a pas peur qu'on le découvre ? Et comment a-t-il obtenu une identité ? »
Le regard de Curtis restait fixé sur son expression. Bien que se plaignît de Muir, ses lèvres qui remontaient aux coins ne pouvaient se contenir. Ce qui le mit fort mécontent.
« On dirait que tu es bien contente ? » Le ton de Curtis baissa, comme s'il annonçait une sacrée tempête.
La voix de marqua un temps, elle secoua la tête, puis hocha. « Bien sûr que je suis contente qu'il parvienne à s'intégrer ici. Mais sa situation est vraiment inquiétante. Il est trop voyant. »
« Hmph. » Curtis laissa échapper un rire froid, mais en réalité il approuvait la méthode de Muir.
C'était peut-être dangereux, mais c'était efficace.
Il n'avait eu le temps de découvrir et d'étudier ce monde que parce qu'il était auprès de Neige. S'il en avait été loin, il aurait aussi cherché un moyen de devenir célèbre, même au prix de voir son identité exposée.
Curtis était reconnaissant d'avoir été invoqué auprès de sa compagne. Muir a dû très mal le vivre ces derniers jours, d'être si loin d'elle.
Curtis lui frotta la tête et dit : « Tu as fini de manger ? »
« En. » se rapprocha de l'oreille de Curtis et dit en souriant : « On va au bord de mer demain. Tu pourras te faire un festin ! Il n'y aura pas de problème avec ton travail ? Tu as congé demain vu que c'est le week-end ? »
En entendant cela, Curtis comprit que son intuition était juste. La mer n'était pas encore à la portée des humains. Quant au travail qui l'obligeait à changer sans cesse de vêtements pour les montrer aux autres ?
Curtis esquissa un rictus. « C'est bon. Allons au bord de mer. »
« En. » répondit par un sourire. À la pensée de l'attitude de Curtis au bureau, elle ne fut pas tranquille et décida d'appeler la manager Qin une fois rentrée.
Tous deux quittèrent le restaurant, puis allèrent faire du shopping au grand magasin.
Les vêtements que portait Curtis étaient ceux que avait achetés la semaine précédente. Ils étaient propres mais un peu froissés. Ils ne tenaient le coup que parce qu'il ne transpirait pas. D'ordinaire, des gens qui portent la même tenue une semaine en été puent affreusement.