D'un seul coup d'œil sur le dessin, Muir sut à quel point Qingqing adorait ces deux petites choses. Il se sentit satisfait, mais bizarrement mécontent.
Il était satisfait de lui avoir donné quelque chose qu'elle aimait.
Mais, en même temps, comment Qingqing pouvait-elle leur témoigner tant d'affection alors qu'ils n'avaient rien fait pour la mériter ? Lui-même n'y parvenait pas.
Muir déchiqueta rapidement la proie et tendit un lambeau de viande devant les aiglons, interrompant son dessin.
posa le charbon de bois et se pencha pour observer les aiglons manger.
Muir porta naturellement le premier morceau de viande au bec de Droite, car il était vigoureux et attirait l'attention.
Ce contact inattendu fit faire une pause à Droite, mais il attrapa instinctivement le lambeau de viande avec son bec peu après.
À cette vue, Gauche se précipita immédiatement.
Les deux petits n'étaient pas seulement frères, ils étaient aussi rivaux. Bien que Muir eût prévu de les élever tous les deux, ils savaient instinctivement qu'ils devaient se battre l'un contre l'autre.
Gauche ouvra son bec plus grand que pour boire. Arrivé près de Droite, avant même d'obtenir la nourriture, il se retourna pour piquer son bec, comme s'il prenait sa part du butin.
S'ils avaient été des petits léopards, ils auraient encore pu lécher pour goûter la nourriture. Malheureusement, ils ne le pouvaient pas, étant des aiglons. On n'entendait qu'un léger claquement quand Gauche piquait le bec de Droite.
poussa Muir avec insistance, qui déchira la viande encore plus vite et tendit le deuxième morceau.
« Cric ! »
« Cric ! »
Les deux aiglons se ruèrent immédiatement en tendant le cou et en ouvrant le bec le plus grand possible. Vu d'en haut, leurs têtes étaient complètement masquées. Seuls l'intérieur doré de leurs becs, leurs langues acérées, et même leurs gorges étaient clairement visibles.
eut le cœur serré à ce spectacle, mais elle n'avait pas l'intention de les aider. Il était bon de les garder rivaux, cela les aiderait à mieux se développer. De toute façon, si elle n'intervenait pas, Muir serait seul à la Falaise de la Mer. Il valait mieux qu'elle n'aide pas, car ce n'était pas vraiment nécessaire.
Le deuxième morceau de viande fut donné à Droite à nouveau. Quand Muir tendit le troisième morceau, Droite affichait toujours une expression vorace, comme s'il était affamé depuis longtemps. C'était un spectacle pitoyable qui aurait certainement fait croire qu'il n'avait mangé aucune viande.
Sans l'œil attentif de , Muir aurait pu être dupé.
Mais elle savait à quel point Muir avait l'œil perçant. Ses yeux ne pouvaient pas être trompés. Il favorisait simplement l'aiglounet qu'il préférait. Cependant, il ne pouvait pas laisser Gauche trop souffrir non plus. Aussi lui donna-t-il le troisième morceau.
Sans se soucier de ce qu'était la nourriture, Gauche l'avala immédiatement sans même la goûter.
Voyant cela, pensa que même s'il s'agissait d'un fil de fer, il l'avalerait sans hésiter.
Quand les aiglons furent rassasiés à soixante-dix pour cent, Muir ignora leurs cris réclamant de la nourriture et mit de côté la quantité importante qui restait.
Au bout d'un moment, les aiglons cessèrent progressivement de crier et s'allongèrent satisfaits dans le nid d'herbe, fermant bientôt les yeux.
« Ils se fatiguent si vite, s'endormant juste après avoir mangé », dit , amusée.
Muir retira les brins d'herbe séchée tachés de sang, puis prit les aiglons et les déposa à côté du nid d'herbe. « Mieux vaut qu'ils dorment sur le côté. »
acquiesça immédiatement, inquiète d'écraser les aiglons dans son sommeil.
Au bout de quelques heures, les aiglons se réveillèrent et ouvrirent le bec pour réclamer de la nourriture dès qu'ils aperçurent Muir, le traitant clairement comme un garde-manger ambulant.
Muir sortit alors capturer un autre oiseau et le leur donna à manger.
Le dîner fut apporté par Winston. Il était spécialement venu voir les aiglons après avoir appris de qu'ils avaient percé leur coquille.
Les aiglons venaient de manger à satiété, et eut faim en les regardant manger. Elle sortit en entendant le bruit d'une corde qu'on tirait dehors.