Le cœur de fut apaisé lorsque les deux petits aigles réussirent à briser leur coquille. Elle demanda d'un ton inquiet : « Maintenant, qui est le grand frère et qui est le petit ? Comment devrions-nous les appeler ? »
Muir hésita. Il n'avait jamais envisagé un tel problème.
Les hommes-bêtes aigles qui élevaient leurs petits aigles à la Falaise de la Mer étaient tous pressés de rentrer chez eux le plus vite possible. Ainsi, même s'il n'y avait qu'un ou deux œufs, la question de l'ordre et des noms ne venait pas à l'esprit des papas aigles. Le jour où les petits aigles apprenaient à voler était le jour où leur papa aigle pouvait retrouver le côté de leur compagne. Muir, habitué à raisonner ainsi, se trouva bloqué par la question.
Après un silence momentané, il jeta un regard silencieux à .
Elle dit : « Puisque les petits léopards ont pris les noms d' "Aîné" et de "Second", nous ferions probablement mieux de ne pas les appeler par leur ordre. Et si on les nommait "Gauche" et "Droite" ? Ainsi, nous n'avons pas à distinguer qui est le plus âgé. »
Les yeux de Muir s'illuminèrent, et il dit avec reconnaissance : « Appelons-les comme ça. »
Le nid d'herbe que Muir avait utilisé pour couver les œufs était temporaire. Il était raide et piquait souvent la peau rosée et tendre des petits aigles. Surtout parce que leurs têtes penchaient à gauche et à droite, il était facile pour leurs yeux, qui bombaient comme ceux de libellules, de se faire piquer.
« Muir, nous ferions mieux de les déplacer là-bas », proposa .
Puisque c'était déjà ainsi, peu importait l'endroit où dormaient les petits aigles. Muir accepta instantanément.
ramassa aussitôt le plus fort, Droite. Elle n'osait pas toucher Gauche, de peur de le blesser.
Inattendument, Droite était plus lourd que son apparence frêle ne le laissait supposer. Sa paume pouvait sentir la fréquence de la respiration de Droite, ce qui fit trembler la sienne en retour.
C'était peut-être ce qu'on appelait le « lien mère-fils ».
Derrière , Muir tendit la main et ramassa Gauche.
« Curtis, écarte-toi. Ah ! Fais attention quand tu te retournes en dormant. Ne les écrase pas », dit en donnant un coup de pied à Curtis avant de déposer le petit aigle au centre du nid.
Curtis inclina la tête sur le côté et jeta un regard dédaigneux aux petits aigles en se décalant.
Droite et Gauche avaient des physiques nettement distincts, ce qui les rendait faciles à différencier même placés ensemble.
Leur duvet avait essentiellement séché, devenant plus gonflé et doux à présent, et prenant une couleur blanche. Leur peau rosée était recouverte de duvet, ce qui leur donnait l'air de petits poussins duveteux. Ils paraissaient nettement en meilleure santé qu'auparavant.
Couic~ Couic~
Ils gisaient sur l'herbe sèche, leurs becs roses s'ouvrant et se fermant, émettant des sons qui ressemblaient à ceux de petits poussins, d'une adorable à croquer.
poussa un soupir en s'allongeant à côté des petits aigles et posa son menton sur sa main pour les observer.
« Ils ne cessent de faire tous ces bruits. Tu arrives à comprendre ce qu'ils disent ? » était un brin inquiète. « Ont-ils faim ou soif ? »
Après une observation attentive, Muir supposa : « Ils sont trop jeunes et ne savent pas s'exprimer avec précision. Mais on dirait qu'ils veulent boire de l'eau. »
dit aussitôt : « Il y a de l'eau fraîche dans la cuve. Avec ce soleil de plomb, elle devrait être encore tiède. On peut les nourrir avec ça. »
Être aussi pointilleuse sur la température même pour de l'eau à boire. Muir trouva que c'était une manière trop minutieuse d'élever les petits aigles. Mais c'était effectivement plus sûr. Même si le petit aigle mourait, l'avoir élevé ainsi aurait peut-être pu lui permettre de vivre.
Muir apporta un bol d'eau tiède. apporta aussi une paire de baguettes, les trempa dans l'eau avant de toucher les becs des petits aigles avec.
Couic~
Les petits aigles n'avaient pas le concept de boire de l'eau au début. Lorsque l'eau des baguettes coula dans leurs becs et humecta leur langue avant de descendre dans leur gorge, ils commencèrent à réclamer de l'eau consciemment.
Les petits aigles tournaient la tête et tâtonnaient. Et quand leurs becs touchaient quelque chose de dur, ils ouvraient la bouche. Comme ils étaient malins.