Les deux œufs étaient à l'origine séparés. Bien qu'ils fussent à moins d'un demi-centimètre l'un de l'autre auparavant, il n'y avait désormais plus d'espace entre eux. Cela suffisait à prouver que leurs yeux ne leur jouaient pas de tours.
La respiration de se coupa et elle saisit la main de Muir.
Muir lui serra la main en retour. Peut-être grâce à l'intuition du lien du sang, il était bien plus nerveux cette fois.
Curtis, lui aussi, mit de côté ses préjugés et observa les œufs, debout derrière eux.
Le processus d'éclosion était très lent. L'œuf qui avait bougé tout à l'heure ne bougea plus pendant très longtemps. L'autre, en revanche, trembla légèrement.
demanda, inquiète : « Est-ce parce qu'ils n'ont pas fini d'incuber ? Vont-ils avoir froid ? Devrait-on les réchauffer encore un peu ? »
Muir hésita également.
Curtis dit : « Puisqu'ils peuvent bouger, ils devraient être prêts. »
« Ça se tient. » acquiesça, d'accord.
Aussi Muir ne se remit-il pas à couver au-dessus des œufs. Assis près de à regarder les petits aigles briser leur coquille, un sentiment de bonheur jaillit soudain en lui.
Muir pensa que, s'il ne pourrait jamais être le mâle préféré de Qingqing, il devait être l'homme-bête aigle le plus comblé. Il était le seul homme-bête aigle à avoir eu le droit d'attendre dans l'anticipation et d'assister à l'arrivée de leurs petits aigles aux côtés de sa compagne.
L'aura de bulles roses autour de lui était bien trop évidente. Curtis, qui préférait ne pas la voir, entra dans le nid pour se reposer. Parce que, comme on dit, loin des yeux, loin du cœur.
« Lequel dis-tu qui est l'aîné ? D'ailleurs, te souviens-tu encore quel œuf est sorti le premier ? » chercha un sujet de conversation.
« Celui-ci. » Muir désigna l'œuf de gauche avec certitude.
retomba dans l'embarras. « Alors, qu'est-ce qui arrive si celui de droite sort de sa coquille le premier ? »
Muir : « … »
Ils attendirent avec anxiété. Une demi-heure plus tard, un craquement finit par se faire entendre, et le sommet de l'un des œufs montra une légère fissure.
C'était celui de gauche.
« Ah ! » poussa un souffle rauque. « Il sort enfin. » De plus, c'était celui qui était né le premier. Plus besoin de se sentir tiraillée.
Muir lui serra la main fort, et même Curtis leva la tête pour regarder.
Cependant, cela semblait demander beaucoup de force au petit aigle, car après avoir picoré deux ou trois fois, il cessa de bouger. Les mains lui démangeant, eut l'envie de fendre la coquille d'un coup sec.
Mais elle savait que cela pouvait tuer le petit aigle, aussi ne put-elle que résister à la tentation.
Une autre demi-heure passa avant que celui de gauche ne picore à nouveau quelques fois, soulevant enfin un minuscule morceau de coquille et révélant la matière brune à l'intérieur.
« Ah, le petit aigle ! » s'écria, excitée.
Muir hocha vigoureusement la tête. Curtis jeta à nouveau un coup d'œil. Mais comme sa patience avait été trop épuisée précédemment, cette fois il se contenta d'attendre un moment. Voyant qu'il n'y avait pas de mouvement, il ne se donna même plus la peine de regarder.
demanda en fronçant les sourcils : « Pourquoi s'est-il arrêté ? Quand le bébé va-t-il sortir de sa coquille ? »
« Attendons patiemment. Si tu es fatiguée, tu peux aller te reposer là-bas un moment. Je reste à veiller ici, » dit Muir.
secoua la tête et déclara résolument : « Je veux voir les petits aigles sortir. C'est un moment très important. »
Muir l'attira dans ses bras, la tendresse dans son cœur lui donnant envie de la serrer fort. Il s'assit par terre et fit asseoir sur ses genoux. Ainsi, elle serait bien plus confortable.
Tous deux attendirent de l'aube à midi. À ce moment-là, une fissure de la taille d'un bouchon de bouteille de bière s'était formée dans l'œuf de gauche. Le petit aigle pouvait déjà sortir la moitié de sa tête.
Son bec était rose et tendre, d'apparence fragile, comme s'il s'aplatissait si on le pinçait.
allégea sa respiration, de peur que le vent de son souffle ne donne froid à son petit aigle, le traitant avec un soin extrême.
Soudain, un craquement net retentit.
L'œuf de droite se fendit à son tour.