fut la première à se libérer de sa tristesse inexplicable. Elle le repoussa et dit : « Va vite t'essuyer. »
« Mm », répondit Muir. Il porta quand même jusqu'à la chambre avant d'aller se laver.
Il ne se souciait pas de ce que et les autres, qui rentraient justement, pourraient voir.
Curtis rentra plus tôt que et Winston, bien qu'il fût parti après eux. entendit un coup de vent, puis se retrouva dans une paire de bras solides.
reconnut ces bras à leur fraîcheur. Elle les pica bizarrement et demanda : « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Curtis enfouit son visage dans ses cheveux et les huma longuement, réprimant à peine la panique qu'il avait ressentie en atteignant la rive sans y trouver Snow.
Il frotta doucement son nez contre le sommet de la chevelure de et dit : « Ne me quitte pas. » Sa voix, bien que basse, était indubitablement déterminée.
Il n'était pas sûr de rester aussi calme qu'aujourd'hui si elle disparaissait un jour de son monde.
Il fallut un moment à pour comprendre pourquoi Curtis ressentait cela. Elle sourit et dit : « Détends-toi. Où est-ce que je pourrais aller ? Je ne vais nulle part. Je resterai toujours à tes côtés. »
Winston et accoururent côte à côte et entendirent cette confidence de leur compagne.
Ne pas aller nulle part. Rester toujours à tes côtés…
Pour une raison quelconque, ces mots s'étaient comme gravés faiblement dans leurs cœurs.
Les souvenirs se filtrent naturellement pour ne garder que les précieux. Certains suscitent d'abord des émotions intenses, mais celles-ci s'estompent vite avec le temps. D'autres sont comme du bon vin — plus ils vieillissent, meilleurs ils deviennent.
Ces mots s'étaient inexplicablement gravés dans leurs cœurs pour le restant de leurs jours.
Peut-être n'était-ce que leur instinct aigu d'hommes-bêtes à l'œuvre.
Qingqing n'était pas de leur monde. Ses origines restaient un mystère. Ce qu'on ne peut contrôler suscite toujours la panique. Pire encore, était la personne qui leur tenait le plus à cœur.
Ces mots leur apportaient au moins un peu de soulagement.
« Ah. , Winston. Vous êtes rentrés », les salua gaiement en les apercevant par-dessus le bras de Curtis.
Le regard de Winston s'adoucit tandis qu'il posait An'an à ses côtés. Il lui demanda d'une voix grave : « As-tu eu mal cette fois-ci ? »
secoua la tête, puis hocha légèrement. « Un peu. Mais je n'ai plus rien senti une fois allongée. »
Curtis la lâcha alors pour qu'elle puisse s'allonger.
Muir savait déjà que pouvait enfanter chaque mois. Cette fois-ci, après la fin de ses règles, il serait plus difficile qu'il se passe quelque chose entre eux.
Mais Muir avait du mal à contrôler ses émotions, surtout quand le corps de sa compagne dégageait un parfum si envoûtant. Il cédait toujours une ou deux fois par mois.
Cependant, même après que la petite saison des pluies se fût écoulée en un clin d'œil et que les ériocaulons eurent fleuri, ne connut rien.
Un taux de conception comme celui-ci n'était pas du tout lent dans le monde des hommes-bêtes, mais était tombée enceinte si facilement les fois précédentes. Elle commença à s'inquiéter. Avait-elle abîmé son corps, ou Muir avait-il des capacités reproductives incompétentes ?
Muir pouvait vaguement sentir les soupçons de sa compagne à son égard. Aucun mâle ne pouvait tolérer qu'on mette en doute ses capacités reproductives. Pourtant, il était reconnaissant et pas le moins du monde anxieux. Mieux valait prendre son temps.
Non seulement cela permettrait à Qingqing de se reposer correctement, mais cela lui permettrait aussi de faire l'amour avec elle chaque mois. Du coup, il eut vite fait de se sentir devenir l'ennemi commun des autres mâles de la maison.
Les lèvres serrées de Muir se courbèrent légèrement à cette pensée. Étant donné qu'il parlait peu, ce sourire semblait particulièrement doux.
Il observait tranquillement sa bien-aimée dessiner avec application à l'ombre d'un arbre.