Les deux corps partageant la même couverture étaient tout aussi raides, mais aucun des deux n'avait conscience que l'autre manifestait la même réaction.
Une fois cette mystérieuse intimité apaisée, se tourna vers Muir, marqua une pause, puis prit l'initiative de se blottir dans son large et chaud étreinte.
Muir se raidit à nouveau, et ce ne fut qu'un moment plus tard qu'il l'enlaça raide, la serrant longtemps en silence avant de se détendre.
Ses lèvres s'étirèrent inconsciemment en un faible sourire tandis qu'il respirait l'air empli du parfum de sa bien-aimée. Satisfait, il ferma les yeux.
Tôt le lendemain matin.
La pluie avait cessé et la douce lumière du soleil matinal se répandit avec la brume, dissipant les ténèbres de la nuit et apportant un air frais et abondant en oxygène.
La brume matinale était un peu humide, fraîche à l'inspiration. rentra la tête sous la couverture et enlassa le traversin chaud, le frottant machinalement.
Heu… C'était si dur.
La main de , posée sur la taille de l'homme, effleura sa peau ; puis, sentant à nouveau une odeur inconnue, elle fut instantanément sur le qui-vive.
Le corps de quelqu'un qui n'avait jamais fait l'amour était le plus sensible. Excité par celle qu'il aimait, celui de Muir réagit avec la plus grande franchise. Au moment où s'apprêtait à écarter sa jambe du corps de l'homme, elle sentit quelque chose de dur s'appuyer entre ses cuisses.
Elle frémit. Son esprit était encore embrumé, elle venait de se réveiller. L'affaire avec Muir avait été trop brutale, elle ne s'était pas encore habituée à sa présence. Sa première pensée fut qu'un autre mâle l'avait enlevée.
poussa un cri et donna des coups de pied à l'homme de ses deux jambes, profitant de l'élan pour glisser hors des couvertures.
« Uhh ! »
Entendant vaguement un râle étouffé d'un mâle, une seconde plus tard reconnut la chambre familière, et ses souvenirs lui revinrent peu à peu.
Elle regarda alors la forme humaine roulée en boule et ressentit une vive gêne. Un vent froid souffla sur son corps, lui dressant la chair de poule. Ce fut seulement alors qu'elle eut froid et se glissa prestement sous les couvertures.
« Comment tu vas ? Est-ce que j'ai touché ta blessure ? » La main légèrement fraîche de effleura Muir et elle le poussa en demandant.
Muir inspira profondément avant de répondre d'une voix rauque : « Ça va. »
Sa voix rauque montrait clairement que quelque chose n'allait pas. se sentit à la fois inquiète et coupable ; puis, songeant que les mâles ne craignaient pas le froid, elle rabattit la couverture sur elle comme une cape.
« Laisse-moi voir. » Après avoir dit cela, le regard de se porta sur le corps de Muir et son expression se figea.
Muir était roulé en boule sur le lit comme une crevette séchée, les mains serrant l'entrejambe, le visage déformé. Remarquant le regard de , Muir réprima immédiatement sa réaction, lui affichant une mine rassurante.
Pourtant, son teint blême le faisait paraître pâle et faible.
avait vu maints gars réagir ainsi à la télé et y avait toujours vu une scène comique. Mais en voyant Muir souffrir tant, après un instant d'amusement, la panique la saisit.
n'eut cure de sa gêne et s'assit sur ses talons près de Muir, utilisant une main pour écarter sa grande main tout en disant avec anxiété et inquiétude : « Laisse-moi voir. »
Une fois la grande main écartée, la partie dressée fut exposée. marqua un temps d'arrêt, puis remit vivement la main de Muir en place. Son visage brûlait au point qu'on aurait dit qu'il allait se mettre à fumer.
Muir expira et retira sa main, puis couvrit rapidement son corps d'un pagne en peau de bête. Comme si la douleur s'était calmée, il la réconforta : « Ça va mieux maintenant. »
Le visage de était rouge comme un cul de singe, et elle demanda doucement : « Ça fait très mal ? »
Hier, quand Muir avait été rossé jusqu'à cracher du sang, il n'avait pas réagi ainsi. Il s'était relevé vite après avoir atterri au sol. On dirait que ça fait plus mal que des blessures internes.