La nuit s'était approfondie, et déjà Ophélia comme Mona s'étaient endormies.
Seul Reinhardt n'avait pas encore trouvé le sommeil.
Il sortit sur le toit du quartier résidentiel, et, seul, leva les yeux vers le ciel.
D'innombrables étoiles brillaient.
C'était comme des joyaux parsemés dans le ciel nocturne... non.
Elles brillaient plus belle que de pareilles choses, et possédaient une valeur bien plus grande.
On ne pouvait les atteindre.
Pourtant, on ne put s'empêcher de tendre la main, les voulant.
Elles détenaient un tel pouvoir d'attraction.
Et puis...
« Toi... es-tu là, maintenant ? »
On dit que les étoiles scintillant dans les cieux sont l'éclat des âmes des gens.
Ceux qui ont achevé leur vie et vivent au ciel émettent de la lumière vers la terre pour qu'on puisse les repérer facilement.
Certains avancent cette thèse.
Ce que Reinhardt imaginait, c'était Zero.
Au cours de sa longue vie, l'unique femme qu'il ait aimée.
Ni humaine, ni espèce suprême.
Une femme appelée déesse...
Mais pour Reinhardt, peu importait cela.
Il ne se souciait pas de la race.
Le fait que Zero soit son être le plus cher ne changeait pas.
« Connaissant ton caractère, tu dois savoir ce que je m'apprête à faire, et tu dois être en colère. Ou bien es-tu triste ? »
Reinhardt repensa à ses souvenirs lointains.
Le temps passé avec Zero.
Amusant, heureux, et par-dessus tout comblé.
Elle qui était née dotée d'un pouvoir incompréhensible pour les humains.
Elle était devenue, comme une évidence, une existence appelée déesse.
Pourtant, Reinhardt le savait.
Zero était aussi une simple femme.
Elle aimait les choses mignonnes.
Elle souriait en mangeant de bons plats.
Et... elle tombait amoureuse des gens.
« Le temps passé avec toi est un trésor que rien ne peut remplacer. Même maintenant, il reste gravé vivement en moi. Tous les souvenirs sont intacts. »
Que des dizaines ou des centaines d'années s'écoulent, ces souvenirs ne s'effaceront jamais.
Enfouis au plus profond du cœur de Reinhardt.
Ils brillent éternellement, scintillants.
« Tu es une personne douce. Si tu connais mes intentions, tu t'y opposeras absolument. »
Pourtant.
La détermination de Reinhardt ne fléchissait pas.
Même si l'être aimé vivait encore et tentait de l'arrêter... il ne s'arrêterait pas.
Il avait décidé de le faire.
C'était la meilleure méthode...
Et il croyait que c'était le chemin qui affirmait sa « vie » à lui et la sienne.
« Elle a aimé les humains. Comme ses propres enfants... pourtant, au final, elle est morte. »
C'est pourquoi...
Les humains n'ont pas le mérite d'être aimés par Zero.
Il ne pouvait admettre qu'ils aient une telle valeur.
Ignorant ce qu'est la croissance, ils répètent encore aujourd'hui des actes de violence.
Ils se blessent entre compagnons, versent le sang.
Ils n'ont aucune valeur qui vaille qu'on les sauve.
« Tu as peut-être aimé les humains, mais moi, je ne comprends pas cette valeur. »
Le dernier vœu de Zero était de veiller sur les enfants laissés derrière.
Pas seulement les animaux, les espèces suprêmes, les monstres...
Bien sûr, les humains y étaient inclus.
Pourtant, Reinhardt ne reconnaissait pas les humains.
L'arrogance et le désir des humains ont tué Zero.
Comment pouvait-on penser qu'une existence qui a arraché l'être aimé ait de la valeur ?
« Zero... je compte tenir ma promesse avec toi. Je sauverai les vies qui vivent sur cette planète... et je sauverai cette planète elle-même. Mais les humains n'y sont pas nécessaires. Ce sont des存在 superflus. »
Faibles, et c'est pourquoi ils s'agglutinent.
Ils crient : c'est dur, aidez-nous.
Mais ils n'essaient rien par eux-mêmes au-delà de cela, ils attendent juste qu'on leur tende la main.
Pourtant, dès que leur position change, ils peuvent piétiner les autres sans ciller.
Ils peuvent voler comme si c'était naturel.
Reinhardt comprenait que ce n'était pas tout des humains.
Il y en a de droits.
Il y en a qui ont un cœur gentil.
Mais c'est une minorité.
Et le monde est d'une dureté implacable précisément envers ces gens droits.
Un destin cruel et pénible les attend, et ils finissent par être broyés et disparaître.
La vie des méchants a-t-elle un sens ?
Non.
La vie pénible des gens de bien a-t-elle un sens ?
Non.
« C'est pourquoi, une fois, tout effacer. »
Les humains sont des êtres aux karma profonds.
Le péché gravé dans l'âme ne s'efface pas.
Il faut donc les effacer.
Avant que ce karma ne se transmette aux autres êtres vivants, avant qu'il ne porte atteinte aux autres vies.
« Le monde que tu m'as confié... je le sauverai à ma manière. »