Le Continent Nord.
Une terre inexplorée que la main de l'homme n'a jamais atteinte.
L'extrémité de ce Continent Nord.
Son point le plus septentrional est occupé par une chaîne de montagnes titanesques.
Il n'existe aucun chemin praticable.
Les sommets sont sans cesse balayés par des blizzards et des tempêtes, rendant toute vie normale impossible.
Les montagnes sont assez hautes pour percer les nuages.
Leur ensemble reste encore aujourd'hui méconnu.
On les appelle la « Grande Chaîne Muraille du Monde ».
…… Une anomalie s'est produite dans cette grande chaîne.
D'abord, de minuscules vibrations que même les animaux ne remarquent pas.
Elles finissent par devenir des secousses dignes d'un séisme, ébranlant violemment les environs.
D'immenses montagnes se fissurent.
Les fissures s'élargissent sans cesse, sans s'arrêter.
D'innombrables vallées sans fond se creusent.
Des rochers arrachés pleuvent comme une averse et s'y engouffrent.
Pendant ce temps, les fissures s'agrandissent, s'approfondissent, s'étendent sur une vaste zone.
Les vibrations s'intensifient davantage encore……
Un choc capable de retourner le ciel et la terre s'abat sur les alentours.
Et puis……
En même temps qu'un rugissement *Gou !* résonne, les montagnes se pulvérisent.
Les débris s'éparpillent comme des météores.
Les crevasses qui sillonnent le sol s'étirent à l'infini, telles des blessures sur la planète.
Des ruines de château émergent des montagnes brisées.
Elles auraient dû être emportées par l'impact qui a pulvérisé les montagnes, pourtant elles ne se sont pas effondrées.
Mieux : elles n'ont pas la moindre éraflure.
Le château ancien se met à flotter lentement.
Il s'envole dans le ciel, entraînant avec lui les montagnes restantes.
Il domine les cieux.
Une fois parvenu à une certaine altitude, le château cesse de s'élever.
Comme pour exhiber sa majesté.
Comme pour regarder la terre de haut.
Il stationne dans les airs, et domine le ciel.
Le château ancien…… se tenait là, tranquillement, dans le ciel.
Forteresse décisive à enveloppe anti-noyau stellaire…… « Last Remnant ».
L'atout suprême, le plus puissant et le plus grand, que possède Reinhardt.
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« Oh, c'est grandiose »
Mona, debout au bord du château, observa la surface étendue sous ses yeux.
Comme le château vole à une altitude considérable, les détails sont indistincts……
En compensation, les cinq continents entiers tenaient dans son champ de vision.
« Fufufu, le monde est à moi ! »
« N'importe quoi »
« Gyaa !? »
Propulsée par un coup de pied d'Ariéru dans le dos, Mona faillit tomber.
Elle se rattrapa de justesse, évitant une chute spectaculaire.
« Qu'est-ce que tu fais !? »
Mona protesta, les yeux embués de larmes.
Elle avait dû avoir terriblement peur.
« Je n'ai fait que traiter une idiote comme une idiote »
« Ça n'a aucun sens ! »
C'est sans doute la conséquence de son attitude habituelle : elle est traitée assez durement.
Cela dit, vu le personnage de Mona, il y a de fortes chances qu'elle fasse semblant de pleurer.
Elle sanglote, mais cette gamine peut faire couler et stopper ses larmes à volonté.
Ariéru, qui le sait bien, l'ignore royalement — « elle pleure ? et alors ? » — et fait avancer la conversation.
« "Pas tout de suite, mais l'ennemi viendra. Tenez-vous prêts, chacun à son poste, en attendant"… dit-il »
« Laconnique, comme d'habitude »
C'était bien du cinéma.
Mona cessa net de pleurer et lâcha cette impression.
« L'ennemi… les humains et les Espèces suprêmes, je suppose ? Mais ça ne devrait pas être un problème, non ? Nous ne sommes pas les seuls ici, et il y a plein de jouets amusants »
« Pas de négligence. Selon les cas, le Roi Démon elle-même pourrait attaquer »
« Ouh… celle-là, c'est un peu embêtant »
« Vraiment, oui »
Lors du combat précédent, elles ont ressenti de leurs propres corps la puissance d'Edelweiss.
On ne peut décidément pas la prendre à la légère.
« On fera une réunion plus tard… puis chacun rejoindra son poste, en gros »
« Compris »
Mona porta à nouveau son regard sur le paysage d'en bas.
Le ciel s'étend.
La terre s'étend.
La mer s'étend.
« … Le moment de se battre contre cette étoile est venu, hein »