Sous la terre.
Plus profond encore que la mer.
Aucun fragment de lumière n'y parvient.
Une terre que nul n'a jamais foulée.
L'abîme.
Au centre de l'astre, se trouvaient Reinhardt et les siens.
Un espace assez vaste pour y loger une grande ville entière.
De la lumière s'y rassemblait en contrebas.
Des particules d'un bleu rappelant la mer formaient de douces vagues.
Au-dessus flottaient plusieurs petites îles.
Un spectacle comme tout droit sorti d'un conte de fées.
Sur l'une de ces îles flottantes se dressait un manoir.
« Ah ! Ça fait vraiment longtemps qu'on n'est pas rentrés à la maison ! »
Dans le salon, Mona se jeta sur le canapé.
Elle resta là, battant des pieds dans les airs.
« C'est indécent, Mona. »
« C'est pas grave, ce genre de truc. »
« Tu trouves normal qu'on voie sous ta jupe ? »
« Bah, on s'en fiche ? Y'a que nous ici. »
« Il y a aussi Maître, ceci dit. »
« C'est pas la même chose. Et si Maître a des idées bizarres, j'assumerai pleinement mes responsabilités. Kuhuhu. »
« « Ah ? » »
« Hii !? »
Sous le regard noir de Mitsuki et d'Ariéru, auxquels s'ajoutait une intention meurtrière, Mona eut vraiment peur.
« Maître, voici votre thé. »
« Ah, merci. »
De son côté, Reinhardt se détendait en sirotant le thé que lui avait préparé Ophélia.
Il n'avait pas l'intention de revenir sur sa déclaration d'exterminer l'humanité.
Il était sérieux.
Cela dit, les séquelles de son combat contre le Roi Démon étaient lourdes.
Il devait se consacrer à sa convalescence pour un temps.
En parallèle, il allait avancer les préparatifs pour mettre son plan à exécution.
Cela prendrait un certain temps……
« Il n'y a pas de problème. »
Personne ne pourrait deviner que Reinhardt et les siens ont établi leur base au noyau de l'astre…… dans l'abîme.
Même si quelqu'un le découvrait, il ne pourrait pas s'y rendre.
C'est une forteresse naturelle absolue.
« Donc. »
« « « ? » » »
Reinhardt'ouvrit tranquillement la bouche, et Mitsuki et les autres firent une tête bizarre.
« Et vous, est-ce que ça va vraiment ? »
« De quoi tu parles ? »
« De moi qui déguste Maître tout cru…… »
« « Ah !? » »
« Pyi !? »
« …… Laissez-moi parler sérieusement. »
En glissant un soupir, Reinhardt continua.
« La question, c'est de savoir si vous pouvez vraiment continuer à me suivre. »
Le but de Reinhardt était d'exterminer l'humanité.
Sans distinction d'âge ni de sexe, éliminer tous les humains de cette planète.
C'était un massacre.
Un acte de violence inouï.
Quelle que soit la grande cause invoquée, ce n'est pas permis.
Reinhardt allait passer à l'histoire comme un grand criminel.
Même ainsi, il n'avait pas l'intention de s'arrêter.
Il ne pouvait pas accepter l'existence de l'humanité, cette créature imparfaite.
Pour les autres êtres vivants.
Pour cette planète.
Et par-dessus tout.
Pour prouver l'existence de l'être aimé.
Simplement, il n'avait pas l'intention de clamer que c'était « juste ».
Bien sûr, il ne pensait pas non plus que c'était « faux »……
Il n'allait pas imposer sa conviction comme étant la vérité, ni la forcer aux autres.
C'était seulement parce que Reinhardt le croyait ainsi qu'il agissait en conséquence.
Avait-il le droit de l'imposer à Mitsuki et aux autres ?
Avait-il le droit de les entraîner sur sa voie de conquérant ?
Reinhardt portait ce doute.
« Bon, bon, hein. »
Ophélia sourit avec amertume.
Face à cette réaction rare, Reinhardt écarquilla légèrement les yeux.
« Je n'imaginais pas qu'on me poserait une telle question à ce stade. »
« Dis donc, tu nous sous-estimes pas un peu trop ? »
« C'est un peu blessant. De savoir qu'on était considérées à ce point. »
« Moi, je suis triste, moi. »
« Mm ? »
Reinhardt était perplexe.
En voyant leur maître ainsi, Mitsuki et les autres lui adressèrent un doux sourire.
« Moi, je ne fais que suivre Maître. C'est décidé depuis longtemps, déjà. Ça n'a pas changé. Ce qu'il y a à faire est simple. »
« C'est ça. Je n'aurais pas cru qu'on me demanderait ma détermination maintenant. »
« Nous toutes, on est prêtes à suivre Maître jusqu'au bout. Depuis bien longtemps, déjà. »
« Où que ce chemin mène, je ne ferai que vous accompagner. »
« …… Je vois. »
Reinhardt sourit avec amertume.
Puis il porta à nouveau à ses lèvres le thé qu'Ophélia avait préparé.
Il avait une saveur douce, et il était bien chaud.