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Beast Tamer

Chapitre 897

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Chapitre 897

Chapitre 897

Chapitre 897/99091%~5 min de lecture807 mots

Celle qui est apparue, c'était Chiffon.

Derrière elle, Chocolat et Millefeuille étaient aussi là.

« Comment se fait-il que vous soyez dans un endroit pareil… ? »

« Le Roi Démon s'est éveillé. Alors, ce n'est pas étrange que moi, la Héros, je sois ici, non ? »

« C'est… »

Ce que dit Chiffon est une évidence.

Même so, c'est trop tôt.

Je sais que le pays est en mouvement.

Malgré ça, ils devraient encore être en route vers le Continent Ouest.

……Non.

S'ils sont prêts à la guerre contre les démons, il n'y a pas de raison qu'ils n'envoient pas une avant-garde.

Et c'est Chiffon et ses compagnons, les Héros, qui ont été choisis pour cela.

C'est donc ça.

« Ces gens sont des démons, n'est-ce pas ? »

Le regard de Chiffon s'est porté sur le chariot de bagages.

« Joli coup. Je ne m'attendais pas à ce que vous ayez déjà fait autant de prisonniers. »

« Non, c'est… »

« Je sais ce que Rain-kun essayait de faire. Mais le Roi Démon s'est déjà éveillé. Donc, on n'a pas d'autre choix que de se battre contre les démons. Les démons sont des ennemis… c'est ça, non ? »

Chiffon m'a lancé un regard perçant.

On dirait qu'elle voit au fond de mes pensées.

Chocolat et Millefeuille, derrière elle, n'arboraient pas de sourire non plus.

Elles affichaient des expressions tranchantes comme des lames.

« Chiffon est… une sorte d'avant-garde ? »

« Bonne réponse. À la base, on devait envoyer quelqu'un d'autre, mais c'était trop dangereux. Du coup, c'est moi, la Héros, qui a débarqué en premier sur le Continent Ouest. »

« C'est bien toi, Chiffon. »

« Merci. »

Elle est gentille, et elle possède le courage qui va avec le nom de « Héros ».

Avec une Chiffon comme ça, peut-être que…

Non.

La persuasion sera sans doute difficile, après tout.

Elle est gentille.

Mais c'est une « Héros ».

Sa mission est de vaincre le Roi Démon et de sauver l'humanité.

Pour ça, elle doit s'y consacrer corps et âme.

« On prend ces prisonniers en charge. Vous êtes arrivés en avant sur le Continent Ouest, vous devez être crevés, non ? Les renforts arrivent bientôt pour installer un camp, alors reposez-vous là-bas. »

« …Désolé, mais je ne peux pas faire ça. »

Je me suis mis en posture pour pouvoir bouger à tout instant.

Sentant mon intention, tout le monde s'est placé pour protéger le chariot de dos.

« …Pourquoi ? »

« Ces gens ne sont pas des prisonniers. Ce sont des évacués. »

« Des évacués ? »

« Le Roi Démon s'est éveillé. Mais tous les démons ne cherchent pas la guerre. Il y en a aussi qui ne veulent pas se battre, qui essaient d'échapper à l'influence du Roi Démon. »

« Ce sont ces démons-là ? »

« Pour l'instant, ils subissent l'influence du Roi Démon, donc ils sont comme ça… Mais il y a un moyen d'y remédier. Il n'est pas nécessaire de se battre exprès. »

« Je vois. »

La réaction de Chiffon est restée plate.

Elle écoute bien, mais son but final et ses actions ne changeront pas.

J'ai l'impression qu'elle m'écoute juste parce qu'on se connaît depuis longtemps.

« Mais il y a aussi la possibilité qu'ils deviennent ennemis, non ? Vous pouvez jurer qu'ils ne le deviendront jamais ? »

« C'est… »

C'est une demande déraisonnable.

Si on envisage les possibilités, on ne peut pas l'affirmer catégoriquement.

« Dans le pire des cas, vous finirez par faire face au pays ? Avant ça, vous devrez vous battre contre nous. »

« Probablement. »

« Même comme ça, vous ne reculez pas ? »

« Je ne recule pas. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je crois que se serrer la main est ce qui compte le plus au monde. »

« …… »

Chiffon m'a fixée un long moment.

L'air crépitait, tendu à l'extrême.

La pression a monté d'un cran, jusqu'à m'étouffer.

Ça faisait un moment qu'on ne s'était pas vus…

Mais entre-temps, elle a dû grimper pas mal de niveaux.

Si on se bat, ça ne se réglera pas à l'amiable.

Pourtant, je ne peux pas reculer.

Pour rester moi-même.

Pour avancer sur le chemin en lequel je crois.

« Fufu. »

Soudain, Chiffon a esquissé un petit rire.

La pression s'est dissipée comme de la brume, laissant place à une atmosphère très douce… le Chiffon que je connais.

« Tu n'as pas changé, Rain-kun. »

« Ouais, ça me rassure. »

« Moi, je savais que ça irait, hein. »

« Euh… »

C'est… peut-être…

« Je servais de cobaye ? »

« Ehehe, gomen ne ? »

Chiffon a fait une grimace de gamine espiègle et m'a tirée la langue.

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