Kanade et les autres sont allées dans une autre pièce pour enfiler leur uniforme.
Pendant ce temps, nous qui sommes restés discutions du déroulement des cours.
« Alors, je m'occupe des matières littéraires : lecture, calcul, histoire ? »
« Tina est un fantôme, elle a accumulé un savoir considérable. Elle a l'étoffe d'une professeure. »
« Et moi, c'est l'art ? »
« Oui, Nokïa, je voudrais que tu enseignes l'art. Maîtriser ce domaine ne peut que rehausser le charme d'une femme. »
« D'accord, je comprends. J'aime bien dessiner, donc pas de problème. »
Qui prend quoi, et pendant combien de temps.
La réunion avançait bon train, mais…
« Moi, je m'occupe de l'éducation physique. »
« Al-san, et moi, qu'est-ce que j'enseigne ? »
« Rain, je compte sur toi pour l'assistance. Nous avons des connaissances, mais c'est la première fois qu'on enseigne à quelqu'un. On risque de hésiter par moments. »
« Compris. »
« En plus, ta présence motivera tout le monde. »
« Arrêtez de m'utiliser comme appât, s'il vous plaît… »
Peu après, la réunion s'est terminée, et Kanade et les autres ont fini de se changer.
« Nyaa… J'ai l'impression que la jupe est un peu courte. »
« Moi, j'ai l'impression que la taille ne me va pas… »
« … »
En voyant tout le monde en uniforme, je me suis figé sur place.
Comment dire ?
Les vêtements qu'elles portent dégagent une sensualité étrange, une impression de transgression…
Un charme mystérieux qui attire irrésistiblement le regard.
Qu'est-ce que je !?
« Kukufu, Rain. Tu as remarqué notre nouveau charme ? »
« C'est vrai ? Alors, ça valait le coup de s'habiller comme ça. »
« Euh… no comment. »
Tout en essayant de brouiller les pistes…
D'un autre côté, une pensée me traversait l'esprit.
C'est peut-être simplement la nouveauté, mais il est vrai que je suis resté bouche bée devant elles.
Alors…
Est-ce que je les vois non plus seulement comme des camarades, mais aussi comme des partenaires potentiels… ?
La réponse est en suspens, donc il faut que je creuse de ce côté aussi.
« On ! »
« Hm ? »
« Hah, hah, hah… »
Sakura a mordu légèrement ma manche et me regarde en remuant la queue.
Quand je me retourne… Sakura porte, elle aussi, l'uniforme.
« Toi aussi, tu as mis l'uniforme, Sakura ? »
« Wan ! »
« Euh… ouais, ça te va bien. »
« Ofu »
Sakura remue la queue frénétiquement, visiblement aux anges.
Un chien en uniforme, c'est quand même un spectacle assez choc…
Mais force est de constater que ça lui va.
J'ai l'impression que son côté mignon a augmenté de trente pour cent.
« Bon, commençons les cours. Vous, asseyez-vous chacun à votre place. »
Tout le monde s'assoit.
Sur chaque bureau, un cahier et un stylo sont prêts.
Et devant la salle, un grand tableau.
Quand est-ce qu'ils ont préparé tout ça… ?
Tout a été fait à la main par Al-san, je suppose ?
Est-ce qu'Al-san s'ennuie, du coup ?
C'est pour ça qu'elle a monté une académie… on finit par faire des suppositions farfelues.
« Bon, tout est prêt ? Alors, avant de commencer, présentons les enseignants. »
Nokïa-san monte sur l'estrade la première.
D'ailleurs, l'estrade aussi a été préparée on ne sait quand.
Al-san a peut-être le sens du détail.
« Je suis Nokïa. Je m'occuperai principalement de l'art. »
Ensuite, Tina monte sur l'estrade.
« La Magical Miracle Maid, Tina-chan ! Moi, je… »
« Rain, Tina est trop petite, on ne la voit pas. »
« Arrête de dire que je suis une naine ! »
Aujourd'hui, Tina est en mode poupée.
Il parait qu'il faut la faire bouger régulièrement, sinon ses articulations coincent ; du coup, elle passe parfois en mode poupée à la maison.
« Et maintenant, l'entrée en scène de la star, moi ! »
Al-san agite bras et jambes en cadence et prend une pose spectaculaire.
« Quatorze ans éternels, la mignonne et jolie Al-chan ! »
« "…" » (trois fois)
L'atmosphère a gelé sur place.
« Q-Quelle est cette réaction ?… J'ai juste voulu faire un peu d'humour. »
« Maman… »
« C'est impossible… »
Ses deux filles rougissent de honte face au comportement délirant de leur mère.
« Nyaa… Elle se rajeunit trop, quand même. »
« Ma mère aussi est comme ça, alors je peux pas trop lui jeter la pierre… mais "mignonne et jolie", quand même pas. »
« C'est décevant. »
« C'est très délicat… trop délicat pour trouver un commentaire. »
« Moi, je n'ai rien à dire. »
« Euh, euh… e-elle a l'air… peut-être pas mal, si on veut !? »
« Ofu… »
Tout le monde la regarde avec une sorte de pitié compatissante.
Sous ces regards, Al-san recule d'un pas, décontenancée.
« Arrêtez, ne me regardez pas comme ça… »
« Jiiii… » (trois fois)
« Arrêtez-donc !!!!! »
Le cri de détresse d'Al-san aurait résonné jusqu'en ville, dit-on.