« Fiu... »
Cela faisait une dizaine de minutes que nous combattions...
Nous sommes finalement parvenus à disperser la horde de chimères-araignées.
Taken individuellement, elles ne représentaient pas grand-chose, mais leur nombre était tout bonnement absurde.
Pour chaque bête abattue, deux autres la remplaçaient, et j'ai eu plus d'une frayeur...
Mais les renforts ont semblé s'arrêter là, et nous avons pu les anéantir jusqu'à la dernière.
« C'est un endroit passablement vicieux, tout de même. »
D'innombrables pièges parsèment ces ruines.
Des monstres qu'on ne peut pas venir à bout facilement.
Une seule erreur pouvait coûter la vie.
C'est à ce niveau de difficulté.
C'est un examen de promotion au rang A, après tout ; c'est normalement difficile.
« Est-ce que tout le monde va bien ? »
Ils sont tous bien plus forts que moi.
Je ne pense pas qu'il puisse leur arriver grand-chose, mais...
Cela dit, l'inquiétude reste l'inquiétude.
« Il faut que je les rejoigne au plus vite. »
Dans ce genre de ruines, du côté des bords... les voilà !
« Vous pourriez me filer un coup de main ? »
J'ai apprivoisé une souris.
Je lui ai fait rassembler ses congénères, et j'en ai apprivoisé des dizaines d'autres.
Je les ai dispersées dans toutes les ruines.
Puisque ce sont des souris qui ont leur terrier ici, elles devraient pouvoir retrouver tout le monde.
Qu'elles les cherchent...
Et qu'elles les guident pour qu'on puisse se rejoindre.
J'avais donné cet ordre.
« Oh, déjà ? »
Trois souris sont revenues, m'ont regardé en relevant la tête et ont piaillé.
Apparemment, elles ont trouvé quelqu'un.
« Guidez-moi, alors. »
Elles ont piaillé énergiquement à nouveau et se sont mises à courir.
Elles sont sacrément véloces.
Il va falloir que je cours aussi, sinon je vais me faire larguer.
Tout en dispersant les monstres qu'on croisait par-ci par-là, je poursuivais les souris.
Entre-temps, nous avons descendu plusieurs strates des ruines.
Visiblement, tout le monde vise le niveau le plus profond.
Ils doivent se dire qu'au point d'arrivée, ils sont certains de se retrouver, plutôt que de chercher à l'aveuglette.
« Ça... stop. »
Ayant repéré quelque chose, j'ai ordonné aux souris de s'arrêter.
Les souris se sont immobilisées.
Je me suis caché derrière un obstacle et j'ai jeté un œil prudent au bout du couloir.
« ... Des araignées moussantes lumineuses. Drôle d'endroit pour en trouver. »
Contrairement aux monstres d'avant, ce sont de simples araignées.
De la taille d'un bout de doigt.
On les appelle araignées moussantes lumineuses parce qu'elles portent de la mousse lumineuse en guise de camouflage.
Ces araignées ont une écologie intéressante.
Cette écologie, c'est...
« ... Elles sont là. »
En suivant du regard la destination des araignées, j'ai aperçu des silhouettes de monstres.
Une présence nostalgique, si l'on peut dire... des tigres tueurs.
Le couloir s'ouvrait sur une place, où l'on voyait plusieurs tigres tueurs.
La mousse lumineuse se nourrit des fluides corporels des monstres.
C'est pourquoi, dit-on, là où il y a de la mousse lumineuse, il y a des monstres.
« Bien fait d'être prudent. »
Je n'ai aucune intention de perdre face à des tigres tueurs à cette heure-ci, mais ce n'en reste pas moins des adversaires pénibles.
Dans un espace confiné, qui plus est contre plusieurs à la fois, c'est passablement vicieux.
Heureusement, il y a d'autres couloirs.
J'ai ordonné aux souris d'emprunter un autre chemin.
À mon commandement, les souris ont viré à gauche et ont emprunté un autre couloir.
J'ai couru derrière elles.
C'est ainsi que...
En me fiant aux petits animaux et insectes qu'on croisait ça et là, j'évitais les dangers.
Et je me faisais guider par les souris.
Tout se passait bien.
Bien que séparé de tout le monde, et ayant un moment craint le pire...
Il semble que je puisse m'en sortir seul.
« Cela dit... tout seul, c'est quand même triste. »
On n'est séparés que temporairement, et pourtant j'ai ressenti un vide terrible.
Pas rassuré, disons... disons qu'il m'était impossible de me calmer...
C'est la preuve que leur présence à mes côtés était devenue une évidence.
La preuve que je comptais sur eux.
Je pense qu'on se rejoindra vite, donc je ne panique pas outre mesure, mais...
Si.
Si... cela durait longtemps, cette séparation ?
Si nous tombions dans une situation où l'on veut se voir mais où c'est impossible ?
Que ferais-je, à ce moment-là... ?
***
« Par ici ! C'est par là que c'est louche ! »
« C'est vraiment sans danger ? Sora, elle, est super angoissée... »
Kanade désignait le couloir, pleine d'entrain.
À l'opposé, Sora avait l'air inquiet.
Elles s'étaient séparées de Rain et des autres...
Kanade et Sora exploraient les ruines toutes les deux.
Si elles allaient au niveau le plus bas, qui est l'objectif, elles devraient pouvoir se retrouver.
C'est ce qu'elles pensaient, et elles descendaient les escaliers sans relâche.
« Si Kanade n'avait pas chassé la souris tout à l'heure, on aurait pu retrouver Rain... »
« Au... go, gomen ne ? »
« Bon, bon, bon... »
Un peu plus tôt...
Une souris est apparue devant Kanade et Sora.
Les souris sont des créatures prudentes, il est très rare qu'elles se montrent volontairement devant les gens.
Sora a compris immédiatement.
Cette souris, c'est sûrement Rain qui l'a apprivoisée.
Elle doit être venue nous chercher.
Si on la suit, on pourra retrouver Rain.
Alors qu'elles nourrissaient cet espoir...
Kanade, apercevant la souris, a plissé ses pupilles et s'est mise à la pourchasser en miaulant.
La souris n'a pas fait long feu.
La peur a primé sur les ordres de Rain, et elle a fui à toutes jambes.
Ainsi, Kanade et Sora ont perdu leur guide... et c'est là qu'on en est.
« Pourquoi as-tu fait une chose pareille ? »
« Au... comment dire, en regardant la souris, j'ai eu comme une démangeaison, j'ai pas pu me retenir... l'instinct ? »
« Un chat, quoi. »
« Je suis une chatte-esprit, donc dans un sens, je suis un chat... »
« Vraiment... quelle chatte pénible. »
« Même Sora me le dit !? »
« Allez, on y va. Puisqu'on n'a plus de guide, Sora et moi n'avons d'autre choix que de retrouver Rain et les autres par nos propres moyens. »
« Uu, gomen nasai nō nya... »
« Bon, bon... Kanade, c'est une chatte décevante, encore plus que Luna. »
« Chatte décevante !? »
Quoi qu'il en soit, elles avaient l'air de bien s'entendre.
Tout en bavardant tranquillement, elles avançait vers les profondeurs des ruines, visant le niveau le plus bas.
Combien d'escaliers avaient-elles descendus, déjà ?
Combien de couloirs avaient-elles parcourus ?
Elles ont débouché dans un espace ouvert.
Impossible de croire qu'on est sous terre, tant c'était vaste et l'air pur.
Au centre de la place, on voyait quelque chose comme un autel.
Une statue à l'effigie d'une divinité y était dressée.
Sur le sol, juste devant, un cercle magique était tracé.
Un motif complexe y était dessiné, qui brillait d'une lueur diffuse.
Et puis...
« Ah, Sel ! »
« Ara ? »
L'examinatrice, Sel, se tenait devant l'autel.