« Rois des bêtes ? »
La provocation de la fillette effrontée porta ses fruits. Ces gens furent saisis de stupeur. Tang Ruyan riait, mais son ton était sérieux. Disait-elle la vérité ?
Ils avaient du mal à le croire. « Des rois des bêtes ? Vous nous taquinez... ? » « Sérieux ? » N'importe qui d'autre aurait eu droit à une tête d'enterrement pour une blague aussi déplacée.
Cependant, cette fillette était au rang titré... Ils ne savaient pas grand-chose d'elle ; aussi, ils n'osaient pas la provoquer. Après tout, ils venaient à peine d'emménager à Longjiang. Ils ne connaissaient ni les lieux ni les gens. « Bien sûr que je vous dis la vérité. Notre boutique ne ment pas », déclara Tang Ruyan avec fierté. « Mais si vous pouvez les acheter, ça dépend de votre puissance. »
« Quoi ? »
Ils se regardèrent, sans voix.
Tang Ruyan n'en dit pas plus. Elle les conduisit dans la salle d'exposition avec un sourire mystérieux et dit : « Vous pouvez choisir n'importe lequel des rois des bêtes ici. »
La salle d'exposition était assez spacieuse et l'éclairage lui conférait une certaine allure futuriste. De nombreuses projections 3D de grande taille y étaient affichées au centre.
« Ceci... »
Ces gens n'avaient jamais vu ce style de décoration, ce qui les surprit. Tang Ruyan leur apprit ensuite comment utiliser leur puissance astrale pour consulter les informations de chaque roi des bêtes.
Suivant ses instructions, ils s'approchèrent de la projection d'un roi des bêtes et y injectèrent leur puissance astrale.
Les informations apparurent peu après. Les quatre en restèrent coi.
Roi des bêtes ? Stade avancé de l'État du Vide ?! Puisque la crise était imminente, de nombreux guerriers aux familiers de combat légendaires se déplaçaient à découvert. De nombreux guerriers aux familiers de combat titrés avaient appris les différents stades du rang légendaire. Ce que les quatre voyaient dans les informations les sidéra complètement.
« Tang, arrête tes bêtises », dit sur un ton grognon.
Tang Ruyan sourit, embarrassée, et tira la langue. « Les seuls familiers de combat disponibles pour l'instant sont ces rois des bêtes de l'État du Vide. Il faut être au rang légendaire pour les acheter. Si vous voulez de l'entraînement de familiers, venez par ici... » Les quatre rangèrent leur puissance astrale et les informations disparurent sous leurs yeux. Ils se regardèrent et commencèrent à comprendre ce qui se passait. Donc tous les rois des bêtes étaient à l'État du Vide ; ils pouvaient les acheter, mais seraient incapables de signer les contrats. Cette fillette... se moquait d'eux.
Ils tirèrent la gueule à cette pensée.
Ils ne connaissaient pas la fillette ni ses capacités, mais ils ne se laisseraient pas traiter ainsi.
« Je savais bien qu'ils ne pouvaient pas avoir des rois des bêtes en vente. Ce ne sont que des projections. Quel tas de conneries ! »
« Je ne sais pas où ils ont déniché ces appareils sophistiqués, mais je ne peux pas croire que ce soit la meilleure boutique de familiers de la cité-base de Longjiang. Vous ne faites qu'utiliser ces trucs pour nous berner ! » « Hein, on est venus acheter de la nourriture pour familiers. Je ne savais pas que votre boutique était comme ça. Ne croyez pas pouvoir nous intimider sous prétexte qu'on n'est pas des locaux ! » « Allons-nous-en. Voilà à quoi ressemble la cité-base de Longjiang... Quelle déception ! » Une fois en colère, ces clients laissèrent tomber toute politesse. Ils n'avaient plus du tout envie d'acheter quoi que ce soit là.
Tang Ruyan ne savait plus quoi faire ; c'avait été une impulsion. Il y avait tant de familiers de combat de l'État du Vide là, elle était si excitée qu'elle avait voulu faire étalage. Elle ne savait pas que ça lui attirerait des ennuis. Elle commença à paniquer ; elle se tourna alors vers , de peur qu'il ne la blâme.
Il ne la blâma pas, toutefois ; il se contenta de lever les yeux au ciel. Elle comprit aussitôt qu'elle avait vraiment foutu le bordel !
« Bon, messieurs... Je ne le faisais pas exprès. C'était juste une blague. Nous avons de la nourriture pour familiers de la meilleure qualité qui soit. Vous ne serez pas déçus. » Tang Ruyan tenta de rattraper les clients. Elle comprit enfin que son travail n'était pas facile.
Autrefois, les clients en auraient supplié pour que entraîne leurs familiers de combat. Du coup, elle était devenue elle aussi la cible de ces flagorneries. Cependant, ces quatre au rang titré n'étaient jamais venus auparavant ; il était peu probable qu'ils se laissent séduire par son joli minois sur-le-champ.
« Hein, c'est votre stratégie marketing, pas vrai ? »
« Vous avez une fille au rang titré pour accueillir les clients et vous faites les mystérieux. Puis vous nous avez montré tous ces trucs inutiles. Hein... » Deux des quatre guerriers titrés affichèrent leur mépris. Ils croyaient avoir percé les méthodes de la boutique.
Beaucoup de bruit pour rien. Le sempiternel Même cirque.
Ils connaissaient trop bien les arnaques aux clients avec des superpositions tape-à-l'œil pour les plumer. Les quatre géraient eux-mêmes des entreprises familiales et connaissaient tous les trucs.
Tang Ruyan paniquait. « Ce n'est pas un mensonge. Les familiers de combat sont réels et ils sont en vente. C'est juste que votre rang n'est pas assez élevé pour signer les contrats. Nos articles sont vrais ! »
« Humph, voyons combien de temps vous tiendrez ce mensonge. Tout le monde peut manipuler ces projections. Pourquoi n'avez-vous pas écrit État du Destin tant que vous y étiez ? » Un homme d'âge moyen, de petite taille, renifla.
« Laissez tomber. Allons-nous-en. » L'homme d'âge moyen qui semblait être le meneur des quatre était plus posé. Il ne discuta pas avec Tang Ruyan ; il jugea préférable de simplement partir. Cette boutique avait une fille au rang titré comme accueillante et était réputée la meilleure boutique de familiers de toute la cité-base ; elle devait avoir des secrets. Probablement que leur financement venait des cinq grandes familles.
Puisqu'ils venaient d'emménager, il valait mieux pour eux ne pas entrer en conflit avec les cinq grandes familles.
Les trois autres comprirent ce que pensait leur meneur. Ils arrêtèrent de discuter.
Ce n'était pas comme si la boutique pouvait les voler directement.
« Vous... »
Tang Ruyan s'inquiéta de les voir partir pour de bon. Elle voulait les retenir mais ne savait pas comment s'y prendre. Supplier ? Mais elle ne pouvait pas se résoudre à le faire. Elle était au rang titré et cheffe de la famille Tang. Elle aurait eu l'impression de s'abaisser en se montrant servile pour les apaiser.
« Un instant, s'il vous plaît. »
fit un pas en avant.
Il fronça les sourcils en regardant Tang Ruyan qui hésitait encore. Il ne la gronda pas ; il s'en occuperait plus tard.
« Je suis le propriétaire de la boutique. Je suis désolé si mon employée vous a offensés. Je m'excuse en son nom. » leur barra le passage et s'excusa sincèrement. Ensuite, il s'inclina devant eux.
Tang Ruyan resta stupéfaite. Elle n'aurait jamais cru ça possible.
Elle avait toujours pensé que était un homme fier. Il n'avait jamais traité qui que ce soit différemment, pas même ses clients réguliers. Et pourtant, à cet instant, il s'excusait auprès de simples guerriers aux familiers de combat titrés.
À peine deux heures plus tôt, avait promu deux personnes au rang légendaire ! « Hein ? »
L'homme d'âge moyen, le meneur, fronça les sourcils ; les excuses de le firent se sentir un peu mieux. « Vous n'avez pas à vous excuser. Nous avons d'autres choses à faire, nous ne vous prendrons pas plus de temps. »
Il ne mentionna pas le fait qu'on s'était moqué d'eux. C'était inutile.
secoua la tête. « Mon employée vous a offensés, mais elle n'avait pas de mauvaises intentions. De plus, tous les articles que vous avez vus en vente dans la boutique peuvent être achetés tant que vous êtes qualifiés pour les acheter. Comme les familiers de combat que vous avez vus, seuls les guerriers aux familiers de combat légendaires peuvent les acheter. Mais vous pouvez profiter de la nourriture pour familiers et des services d'entraînement. »
Encore ? Ça suffit !
L'homme d'âge moyen s'impatientait, mais il se retint. « Je vois. Nous faisions juste du lèche-vitrines. Nous n'avons rien trouvé de particulier à acheter. »
Il lança un regard à qui disait : « tu ne peux pas me forcer à acheter. »
devina ce que les quatre pensaient. Quel problème épineux. « Pour vous montrer à quel point je suis désolé, chacun de vous peut profiter de quelque chose gratuitement, mais les dépenses ne peuvent pas dépasser dix millions de pièces astrales. »
Dix millions ?
Les quatre furent abasourdis. Une boutique de familiers ne peut offrir tant de services, et aucun ne devrait coûter si cher.
Dix millions... Ce serait comme une carte annuelle super premium qui leur permettrait de profiter de tous les services gratuitement jusqu'à la fin de leurs jours.
« Je suis désolé, mais nous n'avons besoin de rien. » L'homme d'âge moyen secoua la tête.
Il était décidé à couper tout lien possible avec la boutique.
Les trucs gratuits, ce n'est pas gratuit. La boutique pourrait les traquer et leur causer des ennuis ! S'en tenir à l'écart de la boutique est l'option la plus sûre. Tant que le propriétaire n'est pas fou, il ne nous harcèlera pas comme un chien enragé. C'est ce que pensait l'homme d'âge moyen.
devina immédiatement ce que l'homme d'âge moyen considérait. Il poussa un soupir intérieur et leur dit : « Je vois que vous ne faites pas confiance à ma boutique. Je n'ai d'autre choix que de les laisser sortir pour rencontrer les clients. »
Les quatre se mirent en garde, livides de rage.
Ce type va-t-il recourir à la violence ?
Quelle boutique de voyous ! Il essayait de les contraindre en plein jour... enfin, en pleine nuit... mais quand même !
Comment ose-t-il les forcer en plein clair de lune !
Ils se préparèrent au combat et fixèrent la porte. Ils seraient en sécurité tant qu'ils parviendraient à sortir. Ils croyaient que la cité-base de Longjiang tiendrait encore à maintenir la loi et l'ordre !
Les querelles intestines entre humains seraient mal vues en un moment si critique !
Cependant, la seconde d'après, les quatre sentirent des frissons leur parcourir l'échine.
Il y avait quelque chose de sinistre, de terrifiant, de vicieux, et c'était... juste derrière eux.
Ils rassemblèrent leur courage pour tourner la tête, ne voyant que quelque chose qui les terrasse de frayeur.
C'était une bête de plus d'une dizaine de mètres qui rampait au sol. La bête tourna sa tête couverte d'épines et d'écailles noires vers eux ; ils sentirent une puanteur nauséabonde s'échapper de cette gueule.
Horrifiant ! C'était la bête dont ils avaient vu la projection !
Mais ce n'était pas une projection. C'était vrai !
« La bête est rétrécie quand elle est à l'intérieur de la boutique. Si vous en doutez encore, je peux laisser la bête sortir de la boutique et vous pourrez voir sa vraie forme », dit en soupirant. « Nous ne pratiquons jamais la fraude dans la boutique. J'espère sincèrement que vous pourrez me faire confiance. »
Sincèrement ? Sincèrement ! Ils étaient si effrayés que leurs jambes tremblaient.
La bête était trop près d'eux. Ils pouvaient sentir cette odeur fétide et ressentir cette chaleur. Bien sûr qu'ils croyaient que c'était vrai !
Qu'est-ce qui se passe dans cette boutique ?!
Voyant que les quatre étaient pâles de frayeur, dit à la bête : « Retourne. »
En un flou, la bête revint à la projection. Cette pression accablante disparut, mais la présence de la bête avait déjà laissé une marque dans l'esprit de ces quatre-là.
« Je suis désolé. Je ne voulais pas vous faire peur », dit avec une franchise désarmante.
Les quatre guerriers titrés revinrent à eux. Ils essayèrent de se tourner pour regarder , pour constater que leur nuque s'était raidie sous le choc. Finalement, ils purent le voir ; l'air sincère sur son visage leur fit ressentir une chaleur qui se répandait. Leur cœur se remit à battre normalement.
« C'était... ? »
« Vraiment ? »
Deux des quatre se mirent à parler, mais semblaient avoir perdu la capacité d'articuler.
« Oui, vraiment. » était patient. « C'était la faute de mon employée ; elle a du caractère, donc elle vous a induits en erreur sans le vouloir. Mais tout dans la boutique est authentique. Je peux vous le promettre. »
Les quatre se regardèrent. Ils durent le croire après avoir vu cette bête féroce.
Mais... cette bête était à l'État du Vide. Est-elle vraiment en vente ?
Les quatre n'osèrent plus poser une seule question sous le regard de . Ils avaient peur qu'il ressorte encore cette bête pour qu'ils « fassent confiance » à nouveau.
« Bon, on a compris. » Le meneur d'âge moyen était encore pâle. Il avait un mental solide, mais n'en était pas moins simplement au rang titré, bien plus faible que ce roi des bêtes de l'État du Vide. Cette bête était plus violente que n'importe quel autre roi des bêtes qu'ils avaient jamais vu.
« J'ai entendu que vous cherchiez de la nourriture pour familiers. Je me demande ce que vous voulez. Peut-être que je l'ai », demanda , mais il était concentré sur ce que le Système venait de dire.
Mission de sauvetage de la réputation de la boutique accomplie !
La récompense est... Règles Élémentaires du Vent !
C'était une sacrée récompense !
Juste à ce moment-là — quand ces hommes partaient en remettant la boutique en cause — le Système s'était mis en colère et lui avait donné cette mission. Bien sûr, il avait accepté avec plaisir.
Il n'avait plus reçu de missions annexes comme celle-là depuis que sa boutique était devenue célèbre.
Longtemps avant, il avait remarqué que le Système se mettait en colère et lui donnait des missions chaque fois que quelqu'un remettait en cause la crédibilité de la boutique ou ses compétences d'entraînement.
Cependant, plus tard, sa réputation devint si bonne que tous les clients devinrent des habitués. Plus personne ne le questionna jamais.
Ce n'était pas comme s'il pouvait aller demander à quelqu'un d'autre de le provoquer. Le Système lisait constamment dans ses pensées et les défis qu'il mendiait ne comptaient pas.
Cela dit, même sans que le Système lui donne une mission, il n'aurait pas laissé les quatre partir comme ça. Il tenait à la réputation qu'il avait eu tant de mal à bâtir.
Au bout du compte, il devait renforcer la formation de l'employée. lança un coup d'œil à Tang Ruyan qui l'observait du coin de l'œil ; elle détourna immédiatement le regard quand elle remarqua qu'il la regardait. Elle entrelaça nerveusement ses doigts. Elle se préparait à se faire gronder. « Bon... » Les quatre guerriers aux familiers de combat titrés se regardèrent. Ils durent y réfléchir à deux fois avant de dire non dans ces circonstances. Ils paniquaient encore à cause de cette bête.