Le second…
Ce qui suivit fut des plus simples.
Comme à l’ordinaire, Maizer alla récolter.
Cette fois, le fruit de la récolte était moins abondant que précédemment, mais ça faisait tout de même douze pièces d’or.
Dans le même temps, au cours de cette traque.
La 【Navette de Glace】 de Lu Cang atteignit elle aussi avec succès le niveau 200.
Facile…
La soigneuse et le défenseur en conclurent que leur rôle se résumait à rester assis dans la calèche et à regarder ce gamin jouer sa partition.
Et à discuter avec lui.
Serait-il possible qu’ils soient en train de devenir ses compagnons de conversation ?
Le troisième monstre était un Oiseau des Cristaux de Glace volitant à basse altitude.
Ce genre de créature volante
posait souvent problème à certaines équipes.
Mais pour Lu Cang, c’était bien plus simple.
La seconde évolution de la Navette de Glace concernait la vitesse.
【Navette de Glace Vitesse Extrême (Niv. 201) — une extraordinaire rapidité】
Bang !
À peine la Navette de Glace eut-elle été lancée qu’un bond sonique retentit sur le coup !
Presque au moment même où elle prenait forme à côté de Lu Cang, elle avait déjà transpercé l’aile de l’Oiseau des Cristaux de Glace.
Des dizaines de trous furent percés dans l’aile en un éclair, lui ôtant l’essentiel de sa capacité à voler, puis, relayés par la 【Nuée de Vent Silencieuse】, les coups de grâce furent portés très simplement et sans accroc.
Cet Oiseau des Cristaux de Glace… valait seize pièces d’or pour la collecte.
Lu Cang mit également à profit le voyage pour interroger distraitement Yakartikto.
« Est-ce que vénérer Yakartikto sert à quelque chose… » Luosi se massait les tempes, perdue dans ses réflexions.
Finalement, elle répondit sérieusement : « À la rigueur, on peut dire que ça ne sert qu’à porter chance. »
Lu Cang demanda sur un ton dubitatif : « Juste pour ça ? »
Luosi hocha la tête avec assurance. « Rien n’indique verser de l’argent à Yakartikto t’apportera une chance inespérée. »
« Par contre, parce que la Lune des Moissons est un mois faste rare parmi les douze, chacun attend avec impatience d’encaisser gros pendant cette période. »
« Alors ils placent pas mal d’espoirs sur Yakartikto. »
« Avec le temps, ça s’est mué en une tradition de vénérer Yakartikto durant la Lune des Moissons. »
« Mais en réalité, peu importe le mois, il y aura toujours des gens qui vénéreront la phase lunaire correspondante. »
Lu Cang reprit sa question : « Même au douzième mois ? »
Le douzième mois.
Le Mois de la Mort et de la Destruction.
Phase lunaire : Blanche.
Une divinité considérée comme taboue par le continent : interdite de culte, de temples, de foi.
Quiconque serait pris à y croire ou à le vénérer serait jugé et puni.
« Oui. »
« Il y en a quand même quelques-uns. »
Lu Cang estimait que cette interrogation n’avait plus rien à offrir.
Soudain, il pensa à la profession de Luosi.
« Ah oui ! »
« Sœur, tu sais faire de la divination, c’est ça ? »
Luosi hocha la tête, non sans hésitation. « Mmh… Je suis devineresse de niveau 1. »
« Mais ce sera pas très précis, après tout je suis qu’au premier niveau. »
Lu Cang : « Tu veux bien essayer de tirer un sort pour moi ? »
Luosi réfléchit un instant. « Hm, ça devrait aller. »
Tout en parlant, un tube divinatoire apparut, berçant entre ses mains.
Lu Cang plongea le regard à l’intérieur.
Le tube contenait des boules de papier.
« Tire-en un. »
Hein ?
« Enfin, prends-en une, et ce qui est écrit dedans sera le résultat. »
Lu Cang : « … »
Attendez, c’est bien là une devineresse ?
Ne fût-ce que pour oublier ces trucs à l’air mystique comme les hexagrammes, la numéromancie du prunier ou les carapaces de tortue,
il faudrait quand même utiliser un jeu de tarot, une boule de cristal ou des positions astrales…
Au minimum… des cartes à jouer suffiraient.
Non, si c’est un tube divinatoire, il devrait y avoir des baguettes dedans.
Qu’est-ce que ces boules de papier ?
Et elles sont juste froissées sans ménagement, carrément pliées ?
Sensant le silence de Lu Cang, Luosi sembla deviner ce qui traversait son esprit.
Son visage rougit. « Je suis pas une devineresse pro, j’ai jamais appris de techniques divinatoires orthodoxes. »
« Les sorts de divination coûtent tous une blinde ! Tu tires ou tu tires pas ? Si t’y tiens pas, oublie. »
En disant cela, elle allait ranger son tube.
« Attends ! »
« Sœur, je m’interrogeais juste sur les mécanismes de la divination. »
« J’en tire un. »
D’accord.
Tiens, elle sait rougir…
Mais alors ces techniques divinatoires étaient vraiment si chères ? Lu Cang se sentait vraiment intéressé par la profession de devineresse, puisque ça semblait être un métier capable de prédire l’avenir.
Lu Cang saisit distraitement une boule de papier.
« Et quoi faire ensuite, sœur ? »
Pour ne pas louper une étape, Lu Cang insista malgré tout.
Luosi murmura un peu gênée : « Tu l’ouvres et tu lis. »
C’était vraiment… aussi simple qu’il l’avait cru.
Lu Cang ouvrit la boule de papier.
L’inscription dessus indiquait : Extrême Bonne Fortune.
« Ouais, qu’est-ce que tu as eu ? »
Curieuse elle-même du résultat, Luosi pencha la tête pour jeter un œil sur la boule que Lu Cang venait de choisir.
« Extrême… bonne fortune. »
« Wahou ! T’as vraiment eu le tirage le plus chanceux ! »
Lu Cang : « Le plus chanceux ? »
« Ouais. Sur le tube que j’ai préparé, y a cent vingt-huit résultats différents. C’est le degré maximum de Chance. »
Hein… cent vingt-huit types ?
On peut vraiment classer le « bien » et le « mal » en cent vingt-huit catégories ?
« C’est la première fois que je tombe là-dessus. »
« Y en a que cent vingt-huit, non ? »
Luosi : « On peut pas compter sur la probabilité pour les sorties de divination. »
« J’en ai déjà tiré pour des centaines de personnes, et c’est la première que je vois une Extrême Bonne Fortune. »
« Même si mes résultats sont pas super fiables, avec celui-ci ta chance devrait pas être trop basse. »
Lu Cang ressentit les trophées dans son anneau.
C’était vrai.
Le bilan d’aujourd’hui était bel et bien un véritable jackpot.
Les profits récoltés représentaient grosso modo quatre ou cinq fois le gain espéré de base.
Relevant la tête pour observer encore une fois le phénomène céleste par la fenêtre de la calèche, le ciel continuait de défiler tel un rouleau peint…
…
Durant le trajet, Lu Cang discuta avec eux de nombreuses choses.
Contrairement aux aventuriers du bourg de Rhein, ceux-là voyageaient sur de longues distances à travers le monde.
Leurs expériences et leurs connaissances étaient plus larges que celles des habitants de Rhein, et échanger avec eux fit sentir à Lu Cang qu’il retenait un paquet d’informations.
Par exemple, les baguettes des mages puissants étaient généralement conçues sur mesure par des artisans magiques professionnels ; toute technique de divination orthodoxe coûtait au minimum dix mille pièces d’or, faisant de la divination une profession à fuir à pied.
Ou comment exercer le métier d’aventurier devenait compliqué, et qu’il valait peut-être mieux apprendre la forge et le métier de maréchal-ferrant plutôt…
Franchement, pareils sujets résonnent dans n’importe quel monde.
Ils parlèrent aussi des récolteurs, suspectés en permanence de détacher le butin ; dans certains lieux, on exigeait désormais des contrats préalables.
À force d’écouter leurs discussions, Lu Cang avait l’impression d’entrevoir les véritables conditions de ce monde dans toute sa diversité.
Un univers totalement opposé à ce qu’il ressentait en restant avec Iz et les autres.
D’un côté, la légende et les rêves.
De l’autre, la réalité et le quotidien.
Le quatrième, le cinquième, le sixième…
La soumission continua, mais presque tout releva du spectacle en solitaire de Lu Cang.
Avant midi, il avait déjà mis hors d’état de nuire huit monstres seigneaux de troisième palier.
Auxquels s’ajoutait la récompense promise au vu de la mission terminée, le total approchait déjà les cent quarante-quatre pièces d’or.
Pour un aventurier moyen de niveau 2, c’était une somme qu’il n’oserait même pas imaginer…
« Celui qui arrive est le dernier. »
Lu Cang consulta la fiche de mission.
Le dernier pointait un objectif balisé rang B- ; bien qu’il s’agisse aussi d’un seigneur de troisième palier, il appartenait à une espèce particulière.
Concernant ces espèces spéciales,
Lu Cang les assimilait globalement à des monstres d’élite.
Leur puissance dépasserait celle des espèces ordinaires, et après les avoir tués, une forte probabilité offrait des trésors particulièrement précieux à récupérer.
Les énergies s’agitèrent…
Lu Cang sentit que le courant de vent avait nettement accéléré.
En tant que défenseur, Teland avait déjà levé son bouclier, se plaçant en avant-garde de Lu Cang.
Il sentait qu’ils approchaient.