Heureusement, j’ai le talent de regard sur les secrets.
Sinon, j’aurais vraiment raté cet héritage caché.
Mais comment ont-ils bien pu imaginer la méthode qui veut qu’il faille briser le portail pour l’ouvrir ?
Cela signifie-t-il que même face à un portail sans aucune attaque, il faut conserver un état d’esprit martial ?
Dieu de la Guerre… tu es vraiment complètement taré.
Mais cet héritage caché pourrait-il être dangereux ?
Le talent de regard sur les secrets révèle ce qui est dissimulé et comment l’ouvrir, mais il ne peut pas indiquer si la chose en question est dangereuse ou non.
Cela fit hésiter un instant Lu Cang, toujours aussi prudent.
Une progression tranquille ; il s’en sortirait très bien sans cet héritage.
Non… au vu de la conception du Dieu de la Guerre, l’arène de combat n’entraîne pas la mort, ni la tour du Dieu de la Guerre.
Et cette chose cachée est un héritage, pas un piège à trépas.
Non… mieux vaut rester prudent.
Après tout, on parle d’un défi ; un défi n’est pas forcément sûr.
Lu Cang ne prit pas sa décision sur-le-champ.
Il s’assit plutôt à même le sol, devant le portail.
Il sortit de son espace spatial « Introduction aux Dieux » et « Sur le Dieu de la Guerre » et se mit à lire.
Après avoir terminé silencieusement les deux ouvrages, il comprit globalement qu’ils dépeignaient ces merveilles martiales magnifiques offertes au monde.
Ainsi que le fait que nombre d’épreuves d’héritages avaient été laissées un peu partout dans le monde.
En ce qui concernait la personnalité propre du Dieu de la Guerre, ou les détails liés aux héritages, aucun texte ne s’en faisait l’écho.
…
Environ une heure plus tard, Lu Cang était toujours au même endroit.
Il repensait au combat récent.
Il rappelait les caractéristiques de ce monstre, se demandant s’elles pourraient lui inspirer quoi que ce soit.
Ah.
La chair et le sang…
Le sort Reforgement de la Chair et du Sang.
Il devait pouvoir servir non seulement à modifier son apparence, mais aussi à soigner certaines blessures…
Or, utiliser la magie pour restaurer des chairs relève du domaine de la Vie.
Les limites de la Vie sont extrêmement strictes ; à ce jour, aucun sort n’a le moindre effet curatif.
Seuls les soigneurs disposent de moyens de régénération.
En dehors de cela, il n’y a que les potions à boire.
Quant à savoir pourquoi il n’existe pas de magie curative… Lu Cang y avait longuement réfléchi. Comme transmigré, avant son arrivée ici, il avait naturellement considéré que la guérison relevait aussi du domaine magique.
Contrairement aux natifs de ce monde, qui partent du principe que magie et guérison sont totalement indépendants, en se disant : comment la magie pourrait-elle bien soigner ?
Finalement, il était allé interroger Iz. Ce dernier avait été très surpris que Lu Cang ait de telles idées. Tout en lui donnant une réponse particulière.
Elle concernait l’Autorité de la Vie.
Sans autorisation expresse, il ne fallait pas la franchir.
La réponse n’était pas très limpide, mais il saisissait grosso modo qu’il s’agissait probablement des dieux en question.
Ce n’était pas quelque chose auquel il pouvait s’immiscer.
…
Après avoir bouclé le retour intérieur sur le combat dans son esprit, Lu Cang fixa le portail devant lui, perdu dans ses pensées.
J’aurais dû lancer une divination au préalable.
Si je renonce directement maintenant,
et que je reviens plus tard, cette entrée cachée sera-t-elle encore là ?
Même si je n’obtiens pas cet héritage, je conserve un potentiel de croissance prévisible…
Ma vie va-t-elle finir en échec juste parce que je passe à côté d’un héritage ?
Il y a tant d’héritages dans le monde que je ne peux pas acquérir ; cela signifie-t-il que je suis un véritable raté ?
Finalement, Lu Cang se leva et secoua la tête.
Gain et perte relèvent du destin ; que le cœur reste sans accroissement ni décroissance.
Je suivrai mon instinct…
Il avança droit vers le portail, choisissant de ne pas le briser.
En traversant le portail, il pénétra dans un espace d’un blanc immaculé.
Un par un, les récompenses des épreuves franchies tournèrent autour de lui.
Livres magiques, cristaux d’expansion magique, bois-esprit nuageux, soie trouble entrelacée…
Les récompenses des soixante premiers étages étaient déjà très intéressantes pour des gens ordinaires, mais elles paraissaient honnêtement assez médiocres pour Lu Cang.
À partir du soixante-dixième étage, les récompenses devenaient un peu spéciales.
La récompense du soixante-dixième étage était « Les Fondements de l’Esprit », un livre.
Celle du quatre-vingtième était « L’Eau de Lueur Spirituelle », un élément capable d’améliorer réellement l’esprit.
Au quatre-vingt-dixième figurait « La Source de l’Originel (Troisième Rang) », une eau de source susceptible d’apporter de l’inspiration ; et cette fois-ci, c’était Troisième Rang… il semblait pouvoir s’en servir.
La magie originelle devait effectivement être appréhendée niveau par niveau.
La récompense du centième étage s’appelait « Chroniques de la Guerre », un livre.
Encore un livre…
Pourquoi donc ce Dieu de la Guerre tenait-il tant à distribuer des livres ?
Est-ce parce que je suis mage ?
D’après les dires de Chicheng, les récompenses qu’il avait reçues après les avoir balayées étaient soit des techniques de combat puissantes, soit des matériaux précieux pour fabriquer des armes, soit des potions permettant d’appréhender la profondeur du combat.
Pourtant, celles que Lu Cang obtint comprenaient bel et bien deux livres.
Mais Lu Cang remarqua que le livre contenait quelques secrets.
Il rangea toutes les récompenses dans son espace spatial.
Devant lui se dressait une stèle de pierre, gravée des noms de nombreuses personnes.
Immina, Youye, Béatrice, Shanna, Hao Juehao, Bunaizeth, Dilo, Xiaoyouya, Izparut, Chicheng, Luluwei.
Il y avait finalement pas mal de monde à avoir balayé les cent étages.
Il avait cru qu’ils étaient si peu nombreux à atteindre le centième étage.
Apparemment, je n’avais simplement pas rencontré de véritables experts puissants.
Non… j’en ai côtoyés ; Iz et les autres font partie de cette catégorie.
Lu Cang sentit qu’il posait son nom sur la stèle sous ses yeux, mais qu’il pouvait aussi choisir de ne rien écrire.
Shanna.
Ce nom…
Lu Cang se souvenait de ce nom.
La phase lunaire du Mois des Réserves et du Froid… Shanna.
Serait-ce la même personne ?
S’il s’agissait de deux individus différents portant le même nom complet pour un événement pareil, ce serait trop coïncidentiel.
Iz et les autres avaient eux aussi laissé leur nom sur cette stèle, ce qui signifiait probablement que ce n’était pas un piège…
Lu Cang effleura la stèle et y grava son nom.
Il y jeta un dernier regard.
J’espère qu’elle sera encore là quand je reviendrai…
Sinon, j’accepterai que ce ne soit pas écrit.
Renoncer à un héritage caché, c’est impossible de dire qu’on n’a aucun regret.
Mais aborder à la hâte des secrets inconnus liés aux dieux
irait à l’encontre des principes de conduite de Lu Cang.
S’il pressentait un danger dépassant sa force, il ne prenait pas le risque.
Cette situation ressemblait essentiellement à un [Coffre-fort mystérieux] simplifié.
Un coffre mystérieux est placé devant vous, et le danger de l’ouvrir est clairement lié aux dieux… ouvrez-vous ?
Certains choisiraient de miser gros.
Mais Lu Cang avait choisi non.
Pour le moins, il agirait uniquement après avoir confirmé le degré de danger par d’autres moyens.
Le type de danger le plus probable auquel il pensait était un affrontement pour la vie ou la mort… un combat où il jouerait vraiment son existence, et où l’ennemi pourrait être terrifiamment puissant.
Se précipiter dans une telle épreuve aurait été bien trop risqué.
…
Il sortit de la tour du Dieu de la Guerre.
Le palier maximal franchi de la tour était fixé à cent.
Et sur la façade, un nom était gravé : Lu Cang.
Lu Cang se retourna et lança un coup d’œil à l’édifice.
Graver un nom… est-ce bien là son utilité ?
Ceux qui sortaient de l’intérieur n’étaient pas que lui, pourtant les abords de la tour étaient désormais envahis par une foule immense.
Il semblait que tous le cherchaient.
Lu Cang abaissa sa capuche pour dissimuler son aura et, arborant l’apparence d’un homme mûr ordinaire, se fondit dans la masse.
Tout le monde savait que Lu Cang était un enfant.
Un homme mûr au physique banal ne retiendrait pas leur attention.
Éloigné de la foule,
Lu Cang marcha vite vers la bibliothèque, entra, monta directement au septième étage et traversa les rangées de rayonnages en forme de labyrinthe.
Il frappa à la porte du bureau de gestion.
La porte s’ouvrit.
Pali était bien là, le regard fixement posé sur un ouvrage.
Avant que Lu Cang puisse ouvrir la bouche pour poser sa question, elle parla la première : « Un million de pièces d’or. »
Il semblait qu’elle savait déjà ce qu’il voulait demander.
Mais Lu Cang formula tout de même sa requête : « Au centième étage de la tour du Dieu de la Guerre, j’ai découvert l’héritage caché du Dieu de la Guerre. Je souhaite savoir si cet héritage est dangereux. »
Pali : « Mm… ce à quoi je réponds est précisément cette question. »
Il semblait qu’elle sût déjà.
Qu’avait exactement prédite une devineresse de niveau six ?
Pali lui donnait l’impression de toujours tout anticiper ; par conséquent, ses divinations étaient d’une précision rassurante.
Bien mieux que Losi, dont les résultats n’étaient justes que trois fois sur dix.
S’il était totalement erroné, on pouvait au moins tenter de l’interpréter à l’envers, mais viser trois succès sur dix revenait grosso modo à ne rien avoir reçu comme indication.
Toutefois, la précision avait son lot d’inconvénients ; les honoraires étaient bien trop élevés.
Un million…
Même Lu Cang ressentit une pointe de douleur au portefeuille.
Mais il détacha néanmoins un sac d’argent et le posa sur le bureau de Pali.
Après tout, il s’agissait d’une récompense cachée située au-delà du centième étage.
Cette fois-ci, Pali ne répondit pas avec désinvolture.
Il vit enfin refermer son livre et en sortir une liasse de cartes de sa poche.
Sur les cartes étaient tracés des motifs incompréhensibles.
Pali mélanga le paquet, puis empila toutes les cartes en un tas.
« Tire n’importe laquelle. »
Lu Cang tendit sa perception vers les cartes, mais constata qu’il ne pouvait en aucune manière les scruter.
Lu Cang fit un pas en avant et toucha d’une main une carte tout en haut.
Que représentait-elle ?
Ah, il la reconnaissait presque. Elle représentait un Yakartikto abstrait, affichant un sourire.
Lu Cang retourna la carte pour la montrer à Pali.
Pali la regarda brièvement et répondit : « Mm, cela signifie que ta chance n’est pas mauvaise. »
Pali tendit la main, comptant reprendre la carte des doigts de Lu Cang.
Lu Cang demanda : « Pali, puis-je examiner ces cartes ? »
La main de Pali hésita un instant, puis elle dit : « Tu peux. »
Lu Cang saisit le tas de cartes et remarqua que chacune représentait une image abstraite des dieux issus d’« Introduction aux Dieux », portant des expressions variées.
Pourtant, depuis chaque carte unique, on pouvait ressentir une conception artistique correspondante.
Surtout celle de la jeune fille aux cheveux blancs.
C’était probablement « Blanc de la Mort et de la Destruction » ; rien qu’à la regarder, il fut submergé par une aura de mort écrasante.
« Oh, celle-là… »
« Si tu avais tiré celle-là, ce serait vraiment mal barré », commenta Pali.
« Mm… j’en conviens », répondit Lu Cang en reposant la carte sinistre et en rendant le jeu entier à Pali.
« Juste une chose, Pali. »
« Je voudrais aussi ton aide pour examiner quelque chose. »
Lu Cang sortit « Chroniques de la Guerre », le livre qui constituait la récompense du centième étage.
À l’intérieur du livre, quelque chose était dissimulé.
[Secret : « Chroniques de la Guerre »]
[Objet caché : une volonté du Dieu de la Guerre ; en l’appréhasant, on peut comprendre la profondeur du combat]
[Méthode de déblocage : créer une résonance intense entre votre esprit et le contenu du livre]
Lu Cang avait feuilleté le livre à vitesse grande ; le contenu n’était qu’une histoire, décrivant les propres expériences de combat du Dieu de la Guerre.
Quant à ce qui était exactement inscrit à l’intérieur…
Héhé, tout un tas de « mm mm euh euh »…
Honnêtement, il était difficile d’entrer en résonance avec ça.
Lu Cang ne voyait pas comment appréhander seul la volonté du livre.
Il compta donc consulter Pali ; après tout, elle était érudit, et devrait donc posséder une riche expérience en matière de lectures.
Quant à savoir pourquoi il se sentait tranquille en lui confiant la lecture :
premièrement, à cause de son lien avec Iz.
deuxièmement, car il connaissait les principes de la profession de devineresse ; étant donné qu’elle n’intervenait pas activement dans le destin d’autrui, c’était indéniablement une personne relativement sûre avec qui discuter.
troisièmement, il s’agissait d’un livre, et non d’un objet consommable…
« Ce livre… »
Le regard de Pali s’attarda un instant, puis elle dit : « Passe-le-moi et laisse-moi y jeter un œil. »
Lu Cang lui tendit l’ouvrage.
Pali le parcourut très rapidement ; d’un simple mouvement du poignet, les pages tournèrent et elle l’avait déjà entièrement fini.
« Alors, de quoi veux-tu que je t’aide ? »
Lu Cang : « Il y a une volonté dissimulée à l’intérieur… »
Les yeux mi-clos de Pali quittèrent le livre pour se porter sur Lu Cang. « Oh… tu as démontré une grande perspicacité en remarquant la volonté cachée dans ce livre. »
« Tu as clairement pris conscience de sa présence, mais n’as pas réussi à la saisir. Ta vigilance est très fine. »
Pali : « Cela relève effectivement du domaine de l’érudit. »
« Tu as trouvé la bonne personne. »
Lu Cang : « Quel montant ? »
« Deux millions. »
« Hein ? »
Les yeux de Pali descendirent sur la couverture. « Tu sais pourtant ce que cette volonté représente. »
« Les guerriers atteignent leur apogée en appréhendant la profondeur du combat, tout comme toi, mages, tu apprehendes l’Origine. »
« Bien que cette profondeur du combat ne soit pas le fruit de ton appropriation personnelle, elle reste une illumination des plus précieuses. »
« Deux millions de pièces d’or, ce n’est pas énorme pour toi, si ? »
Pali caressa la couverture ; son ton était plein d’alléchante séduction.
Le coin de la bouche de Lu Cang ne put s’empêcher de tressaillir légèrement.
Il détacha alors un autre sac et le posa sur le bureau de Pali.
Connaître une devineresse, c’est tomber dans une fosse sans fond.
On aurait dit qu’aucune somme d’argent ne suffirait jamais pour une devineresse.
Après avoir encaissé l’argent, un faible sourire étira le coin des lèvres de Pali. « Rassure-toi, je ne dirai à personne tes secrets. »
« Tout comme je ne révélerai pas ceux de mes autres clients. »
« Sauf si quelqu’un te mentionne et me demande de diviner à ce sujet… conformément aux principes du destin, je n’aurais d’autre choix que de le faire pour eux. »
Pali, si tu n’avais pas ajouté cette dernière phrase,
je penserais encore que tu es tout à fait fiable.
« Mais si tu es prêt à verser des frais supplémentaires de confidentialité, cela comptera comme une intervention active de ta part sur ta future trajectoire divinatoire ; alors, selon le contrat, je devrai éviter de répondre aux questions d’autrui te concernant. »
En entendant cela, le coin de la bouche de Lu Cang frémit à nouveau.
Sale petite devineresse… maudit-il intérieurement.
Il demanda : « Quel prix ? »
« Un forfait de dix millions de pièces d’or. Bien sûr, payer la totalité d’un coup ferait peut-être un peu mal. »
« Il existe donc un autre schéma de paiement : dans le futur, chaque fois que tu viendras me consulter, tu paieras le double du tarif habituel jusqu’à atteindre les dix millions. »
…
Escroc.
Il n’avait jamais vu personne d’aussi fourbe.
Les devineresses gagnent vraiment de l’argent facilement.
Lu Cang maudisit en son for intérieur, mais maintint un sourire sur son visage. « Alors, chère sœur Pali, je choisis la seconde option. Je compte sur toi pour garder mes secrets dès aujourd’hui. »
Puisque ça revenait au même à dix millions, Lu Cang opta pour un paiement en plusieurs fois.
Après tout, il n’y avait aucun intérêt.
Un prêt sans intérêt, c’est fondamentalement de l’argent gratuit ; Lu Cang comprenait parfaitement ce raisonnement.
Pali hocha légèrement la tête, signifiant qu’elle acceptait.
La spiritualité de Lu Cang sentit qu’à cet instant précis, un certain contrat semblait se former dans l’invisible.
« Puisque c’est réglé… »
Pali leva légèrement la main, et une chaise en bois apparut à ses côtés.
« Assieds-toi. Je t’aiderai à appréhender la conception artistique contenue dans ce livre. »