« Merci. »
Souffla Lu Cang.
Explosion Spirituelle retentit au sein du corps d’Atrendo !
Bang !
Même si cent âmes n’étaient pas beaucoup, une Explosion Spirituelle explosant directement depuis l’intérieur du corps ne laissait absolument aucune chance de résister.
De plus, elle avait été transformée directement par Transformation Originelle des Lois.
La vitesse d’incantation était bien supérieure à celle d’un lancement direct.
Le temps d’incantation plutôt lent de l’Explosion Spirituelle pouvait ainsi être compensé.
Transformation Originelle des Lois n’était certes pas aussi brutalement terrifiante en puissance que Vide Elemental.
Mais elle excellait dans les variations infinies, sans se limiter au pur massacre.
Elle pouvait également servir à la défense, voire sous d’autres formes inattendues.
Sacrifice ne laissait aucune trace, et son adversaire ne pouvait en aucun cas savoir qu’il avait employé un pouvoir de Prêtre de la Mort.
Comme la Magie Originelle était trop difficile à concevoir, il supposerait probablement que l’Explosion Spirituelle n’en était qu’une simple évolution.
En réalité, même s’il avait lancé l’Explosion Spirituelle directement, l’homme n’aurait probablement pas reconnu la compétence d’un Prêtre de la Mort.
Après tout, l’Explosion Spirituelle différait considérablement de l’ancienne Technique de l’Explosion Corporelle, et peu de gens sur ce monde reconnaissaient encore la Magie Transcendante.
…
【Vainqueur : Lu Cang】
Une victoire dénuée de tout suspense.
Même sans employer de Magie Originelle, Atrendo, qui avait saisi l’Intentielle Ultime, n’avait aucune chance contre lui.
Il semblait bel et bien pouvoir être considéré comme un génie légèrement invincible parmi ses pairs.
Bien qu’il osât prétendre nulle part avoir une invulnérabilité absolue.
Au moins, sachant Iz, Lu Cang conservait un certain respect envers ce monde.
Qui savait s’il n’existait pas d’autres génies monstrueux tels qu’Izparut ?
Cependant, avec quatre-vingt-dix millions d’âmes, joint à une saisie de la Magie Originelle, Lu Cang sentait qu’il ne devrait plus perdre face à Iz de niveau deux.
Il pouvait désormais se considérer comme l’ayant dépassé.
Mais s’ils mettaient Sacrifice de côté et ne comparaient que la magie pure…
En repensant à tous ces instants durant leurs combats d’entraînement.
Il persistait à sentir qu’après avoir saisi la Magie Originelle, il n’avait pas encore toute confiance.
【Vous avez obtenu le Titre : Mage Originel】
« Un Titre ? »
【Mage Originel : Employé la Magie Originelle dans l’Arène de Combat. Ce Titre proclame la gloire suprême de celui qui a saisi l’Origine.】
Ah, il ne pouvait s’utiliser que dans l’Arène de Combat.
Quel Effet conférait l’équipement de ce Titre ?
Cela n’était pas précisé…
Tant pis, équipe-le et teste ; il ne s’agissait pas de montrer ses plumes, il voulait juste vérifier s’il existait un Effet spécial.
【Appariement…】
【Nous efforçons de vous apparier avec un Adversaire à votre mesure…】
…
L’appariement prenait vraiment son temps.
Atrendo n’avait-il pas repris sa place dans la file ?
Bon, s’il venait de saisir la Magie Originelle pour se faire écraser brutalement, il aurait sûrement besoin de temps pour se ressaisir…
【Partie réussie】
【Votre Adversaire : Wang Gou】
L’Adversaire apparut devant lui ; Wang Gou portait une robe de mage grise qui valait apparemment une cinquantaine de pièces d’argent.
Le bâton qu’il tenait possédait un léger éclat, mais ne devait guère dépasser deux pièces d’or.
Wang Gou leva les yeux vers son opposant.
Il souleva la tête pour lire le Nom.
【Mage Originel : Lu Cang】
Puis il jeta un autre coup d’œil à l’habit de Lu Cang.
Une robe de mage faite de plus de dix épaisseurs empilées, un bâton orné de mithril, surmonté d’un énorme cristal limpide de conduction magique, de l’or liquide sillonnant la hampe…
À y regarder de plus près, chaque doigt portait une bague sertie de pierres précieuses étincelantes, et le pendentif autour de son cou était d’un mauvais goût scandaleux ; il était littéralement chargé à la livre.
Quoi…
À sa mesure ?
Dans quel sens exactement ?
…
L’appariement visait-il ce mage originel ou cet équipement d’un prix exorbitant ?
Lui fallait-il seulement lancer un sort pour le toucher ?
S’il s’avançait et lui assénait un coup de bâton, cela ne suffirait-il pas à le tuer ?
【Décompte — 2】
« Je me rends ! »
Avant même que le combat ne commence.
Son adversaire choisit immédiatement de poser les armes !
Hein ?
Était-ce vraiment nécessaire ?
Petit, ta volonté de combattre est un peu branlante.
Lu Cang comptait initialement l’utiliser pour tester davantage l’application de la Transformation Originelle des Lois.
Il ne s’attendait pas à ce qu’il clique juste pour quitter.
【Vainqueur : Lu Cang】
【Série de victoires actuelle : 300】
Il décrochait ainsi une série de trois cents victoires consécutives, interrompant au passage celle d’Atrendo.
Cette victoire vide déboucha sur la récompense.
Un rayon de lumière descendit du ciel.
Des feuilles blanches s’incurvèrent en coupe, berçant une eau vivifiante irisée et sombre qui se matérialisa devant lui.
【Fontaine Originelle】
Selon la légende, elle pouvait inspirer et aider les mages à saisir la Magie Originelle.
Mais là, il n’en avait plus besoin.
Sans s’appuyer sur une force extérieure, il l’avait comprise entièrement par lui-même.
Bien sûr, l’avoir restait préférable à ne pas l’avoir.
Sur le classement, il se situait probablement loin derrière le premier point en termes de score.
Après tout, Atrendo menait aussi sa propre série victorieuse. Avant leur rencontre, il n’avait rencontré aucun adversaire et accumulait les points à peu près au même rythme.
Lu Cang consulta son nombre de points…
Oh ?
Le coefficient multiplicateur des points était passé à dix ?
Tenait-il à sa victoire sur Atrendo ou à sa saisie de la Magie Originelle ?
Quelle que soit la raison, cela avait effectivement fait bondir ses points dans des proportions importantes.
Lu Cang pensait qu’à cause de matchs supplémentaires joués par autrui, battre le numéro un ne lui permettrait pas d’accéder immédiatement à la première place.
Il semblait désormais que ce coefficient fût précisément conçu pour ajuster ce genre de situations.
Il lui manquait encore deux cents victoires pour décrocher le prix mystère.
Mais il en avait vraiment marre de combattre.
C’était surtout trop ennuyeux ; chaque affrontement répétait la même mise à mort instantanée, seule la bataille contre Atrendo ayant un minimum d’intérêt.
Si, en jouant, chaque manche consistait uniquement à foncer droit et à écraser l’ennemi.
Ce serait tout aussi rébarbatif.
Il s’arrêterait donc à trois cents victoires consécutives pour la journée.
En chemin, il passerait voir l’église de Vie. Il avait compris la Magie Originelle et pouvait déjà espérer passer à mage de niveau trois.
La série de victoires serait conservée même après la hausse de niveau et le changement de catégorie.
Quand il était à niveau deux, il s’agissait d’une série victorieuse.
Revenu niveau trois et basculé dans une nouvelle catégorie, il deviendrait débutant et peinerait davantage à maintenir ce record.
La progression de niveau ne casserait donc pas la série ; réussir à continuer à gagner après l’entrée dans une catégorie supérieure relevait bel et bien du talent.
Il s’étira paresseusement.
Lu Cang sortit ensuite de l’Arène.
En passant par le bureau d’accueil, il aperçut la dame familière.
Il la salua, remarquant en même temps la lampe slime posée tout près de son guichet.
Il sembla qu’elle ne l’avait pas jetée par-dessus bord.
Il la lui avait offerte avec l’idée qu’elle ne ferait rien si elle décida de s’en débarrasser.
Sorti de l’Arène, Lu Cang enfila un demi-masque et rabattit sa capuche.
Sa silhouette devint progressivement déformée et floue sous le regard des passants.
Enchantement : Perturbation de la Perception
Enchantement : Flou Cognitif
En même temps, Lu Cang équipa une bague portant Enchantement : Dissimulation du Destin.
On disait que cet Effet enchanté rendait illisible toute lecture divinatoire ou provoquait des résultats erronés.
Même sans causer d’embrouilles, il trainait sur lui des affaires précieuses et redoutait d’attirer l’attention d’un type louche.
Sans compter qu’il gardait encore l’apparence d’un enfant.
Sa reconnaissance serait aisée.
Chicheng s’était fait embêter à la Guilde des Aventuriers ; cette personne ne le connaissait évidemment pas, mais était quand même venue chercher noise.
Lu Cang comprit que ce monde n’était décidément pas peuplé uniquement de braves gens.
La majorité des individus croisés jusqu’ici étaient honnêtes, mais il fallait reconnaître que ce monde abritait aussi sa dose de mal.
D’autant que ce monde recensait toute une variété de professions criminelles.
Tueur · Voleur · Prêtre de la Mort · Récupérateur de Peau…
Lu Cang arriva à l’église de Vie.
La Cité Cercle différait nettement d’une bourgade comme Rhein.
Une église complète, un clergé, des autels dédiés et des idoles.
On voyait même des ecclésiastiques prêcher et prier en pleine rue.
Du temps de sa vie passée, Lu Cang aurait naturellement ignoré ces soi-disant charlatans.
Mais cette vision peinait à tenir, car les dieux existaient bel et bien sur ce monde.
Leur existence avait été prouvée.
Lu Cang conservait un certain respect envers les divinités de ce monde.
Au moins… tant qu’il ne deviendrait pas dieu lui-même, il garderait cette réserve.
L’église de Vie regorgeait de monde.
Pris dans la cohue, Lu Cang, petit de taille, avançait au forceps.
L’affluence à l’église de Vie était vraiment aussi forte ?
N’y avait-il pas une salle de soins dédiée ?
Alors qu’il s’apprêtait à entrer examiner les lieux, il fut soudain soulevé de terre.
Il tourna la tête et découvrit Chicheng.
Il l’avait attrapé.
« Salut, bambin. »
« Tu es venu voir Kumilony, toi aussi ? »
« Chicheng, comment sais-tu que je viens de comprendre la Magie Originelle ? »
« Tu as compris la Magie Originelle ? » lança Chicheng.
« Mmh, à l’instant. J’ai éliminé un type de la catégorie niveau deux qui maîtrisait l’Intentielle Ultime, puis je suis monté ici. »
« Oh ! Ce gamin d’Atrendo, tu dis ? »
Ce gamin ?
Chicheng, tu n’es pourtant pas si vieux.
Chicheng approchait tout juste de la vingtaine, alors qu’Atrendo frôlait la quarantaine.
« Je l’avais combattu quand j’étais niveau deux. Pas imaginé qu’après tant d’années, il traînerait encore à ce rang. »
Chicheng, ce n’est pas ça le sujet.
Le sujet, c’est que j’ai compris la Magie Originelle.
Soupir… parler à cette boulette n’était sans doute pas l’idéal.
« Mais tu as saisi la Magie Originelle si vite ? »
« Ça ne fait que quelques jours ? »
Les oreilles de Lu Cang s’agitèrent tandis qu’il retenait un sourire en coin.
Faisant mine de désinvolture, il murmura : « Ça va. Une illumination est subitement tombée. À ma deux cent quatre-vingt-dix-huitième victoire, je l’ai comprise sans utiliser la Fontaine Originelle. »
Malgré tout, les coins de sa bouche continuaient de s’enflammer de fierté.
Comprendre la Magie Originelle en moins de onze jours restait finalement plus gratifiant qu’une promotion, une augmentation et un gros gain au loto réunis.
Même un adulte normal ne pourrait s’empêcher de rayonner.
Chicheng rigola. « Haha, presque aussi vite qu’Iz. »
Presque…
Attends…
Hein ?
Pas le plus rapide de la planète ?
Le sourire de Lu Cang durcit instantanément.
« Mais vu que tu as compris la Magie Originelle, tu vas passer à mage de niveau trois. »
« Maintenant que je comprends pourquoi tu files vers l’église de Vie. »
« Mmh, et je voulais aussi faire un tour vous voir. »
Il taissait volontairement qu’il venait avant tout pour la Promotion ; cela paraîtrait trop intéressé.
« Tiens, combien de temps Iz a mis pour comprendre le Vide Elemental ? »
Chicheng haussa les épaules, cherchant ses souvenirs. « Il parlait d’un mois et demi environ après son arrivée à niveau deux. »
« Un mois et demi… c’est-à-dire exactement ? »
« Comment veux-tu que je me souvienne ? Il l’a lâchée entre deux convalescences. »
Cette réponse plongea Lu Cang dans le doute.
Avait-il saisi la Magie Originelle plus rapidement ou plus lentement qu’Iz ?
Chicheng empoigna brutalement Lu Cang pour le hisser sur son épaule ; le mage se retrouva à califourchon sur la tête de son ami.
Cette position… le troublait profondément.
Autrefois, dans une existence précédente, son père adoptait exactement cette posture.
Son esprit naviguait donc entre mille sentiments contradictoires.
Néanmoins, cela améliorait la visibilité. Lu Cang distinguait enfin Kumilony au centre de la placette, entonnant une prière sacrée.
Il avait sincèrement envie de découvrir quelle tâche Kumilony accomplissait réellement à l’église.
Répétait-elle sans fin des sermons comme les bateleurs dehors ?
Visualiser pareille scène demeurait difficile.
Même sans l’aide de Kumilony, il disposerait de la Magie Originelle – Origine – pour effectuer sa transition.
Les calculs d’Izparut indiquaient que cet artefact fonctionnait parfaitement.
Mais puisqu’il émanait d’un méchant en puissance, s’il pouvait passer par des procédures de sécurité établies, il éviterait cette extension hasardeuse…
« Sophia nous offre la Vie. Toutes choses reçoivent Naissance, Éveil, Croissance et Longévité. Au-dessus du Ciel, sous la Terre, et dans des royaumes encore insaisissables pour notre Esprit, il existe des terres où naît la Vie… »
Elle préchait bel et bien.
Ce volume constituait le Livre de Vie.
Le nom de Sophia appartenait vraisemblablement à la déesse de la Vie et de la Croissance, ainsi qu’à une phase lunaire.
Mois deux : le mois de la Vie et de la Croissance, Phase Lunaire : Sophia.
Chaque Phase Lunaire incarnait une divinité, mais l’inverse ne tenait pas systématiquement.
Des règles occultes governaient cette organisation, dont le contenu précis demeurait hors de portée des Mortels.
Seuls les onze mois et saisons des Phases Lunaires possédaient des noms fixes.
Seul le mois cinq portait le nom de Mois de la Pureté, unique période sans correspondant lunaire.
Pourtant, la motivation des visiteurs ne semblait pas l’écoute des sermons.
Depuis la nef, les voix s’élancèrent l’une après l’autre : « Seigneur Kumilony, regardez mon fils, est-il un génie rare d’un pour dix mille ? »
« Est-il possible d’Éveiller Ani plus tôt ? »
« Regardez mon garçon ! »
« Mon petit adore manier les épées et les lourdes masses depuis qu’il sait marcher. Serait-ce un guerrier exceptionnel ? »
« Mon enfant apprend les textes magiques quotidiennement par cœur. Peut-être deviendra-t-il un mage illustre tel qu’Iz à l’avenir ! »
…
Soupir.
Contempler ce spectacle suscita chez Lu Cang une pointe de compassion mélancolique.
Ayant lui-même mesuré l’importance de la Spiritualité, il comprenait presque leur agitation.
Il redouterait autant de voir la sienne se tarir.
Posséder une telle lucidité, une intelligence vive et une perception aiguë des choses faisait renoncer irrévocablement à laisser filer ce trésor.
Seulement, la foule était pléthorique.
Les flux humains se pressaient afin d’obtenir un Éveil auprès de Kumilony ; comment aurait-elle pu suffire à absorber tant de demandes ?
De son côté, Kumilony dégageait une aura solennelle.
Dressée sur son estrade, sa présence différé radicalement de sa douceur habituelle.
Ses yeux restaient impassibles, fixés uniquement sur le texte sacré, imprégnés d’une divinité indifférente aux hiérarchies.
Il semblait que les murmures de la multitude n’existaient pas pour elle.
« Alors, Chicheng, tu fais quoi là-bas en contrebas ? » interrogea Lu Cang depuis sa hauteur.
« Assurer la sécurité, » répondit Chicheng en relevant le menton.
« Si quelqu’un tente de franchir les cordes, je l’interrompt. »
Ah… il assurait donc la police interne.
Mais déployer un guerrier de niveau six pour cette fonction paraissait disproportionné.
« Combien de temps encore Kumilony va travailler ? »
« Environ deux heures de plus. »
Il était arrivé un peu trop tôt.
« On tourne un peu avant ? proposa Chicheng. »
« Tu n’as pas tes consignes de surveillance ? »
« D’ici, la vue est suffisante. »
Connaissant la vélocité de Chicheng, l’argument tenait debout.
Il acquiesça d’un signe de tête.
Glissant parmi les bousculades, Chicheng avançait sans entrave ; la marée humaine semblait s’écarter mécaniquement devant lui.
Après plusieurs virées à gauche et à droite, ils pénétrèrent dans la zone intérieure de l’établissement.
Détaché de la nef où officiait Kumilony, le sanctuaire intérieur respirait la fraîcheur et l’ampleur, agrémenté de cours intérieures foisonnantes de verdure.
Le site invitait naturellement à la détente et à l’épanouissement.
L’église de Vie affichait en réalité des proportions colossales, bien au-delà d’une humble chapelle.
Un ensemble d’édifices verts émeraude se dressait face à eux ; les galeries interconnectées seuls s’étendaient sur plusieurs kilomètres, parsemées de disciples vêtus de vert.
« La plupart de ces fidèles sont des soigneurs et des cultivateurs voués à Sophia, suivant les principes de la Vie et de la Croissance, » expliqua Chicheng.
Cultivateurs.
Pour son entendement, il s’agissait fondamentalement de la profession d’agriculteur.
« Oh, regardez par là-bas le Ruisseau de Vie. Il dissipe la fatigue et soulage certaines blessures et malédictions. »
« Toutefois, il ne bénéficie qu’à ceux accordant foi à Sophia. »
« Cet arbre constitue l’Arbre Doré. Chaque disciple peut cueillir une feuille unique annuelle ; sa valeur avoisine trois pièces d’or. »
« Cette parcelle désigne le secteur Semencier. Les agriculteurs y récupèrent gratuitement des graines. Certaines variétés requièrent l’autorisation expresse de l’église. »
« Le marché rémunère mieux ces plantes rares. Nombreux sont les cultivateurs séduits par cet argument ; des semences gratuites couplées à des profits élevés constituent une attraction irrésistible. »
« Certains végétaux exigent toutefois un rang cultivateur adéquat et des techniques agricoles spécifiques pour survivre. »
Donc il s’agissait là d’une sorte de jeu agricole verrouillé par son niveau ?
« Cette aile recèle la salle de Prière Vivante. Y invoquer les vies sauvées et les malades soignés rapporte des Mérites de Vie… échangeables ici contre des bénédictions ou des sessions de soins supplémentaires. »
« J’ai entendu dire qu’un stock conséquent permettait même d’acquérir la possibilité de Résurrection pour un tiers. Le coût reste évidemment prohibitif, inaccessible à un soigneur lambda. »
« Ensuite, le sanctuaire dispose de champs internes. Les récoltes y poussent plus vite et les contraintes culturales s’assouplissent. »
« Fondamentalement, tant que l’exigence végétale n’est pas draconienne, elle peut y trouver terre. »
« L’octroi d’une parcelle demande un grade spécifique, mais la procédure reste flexible pour les cultivateurs. Deux ans de service effectif suffisaient amplement. »
« Et vois par ici, le ravitaillement frais tombe régulièrement ; gratuit et quotidien. »
« Enfin, les membres de l’église bénéficient de consultations prioritaires et de remboursements avantageux en chambre de guérison. »
…
Guidant Lu Cang à travers l’église, Chicheng débitait son récit avec entrain.
Cette immersion visuelle bouleversa totalement l’image pieuse que s’en faisait précédemment Lu Cang.
Il anticipait des rites austères, une dévotion désintéressée et un culte aveugle envers des divinités indifférentes à l’espèce humaine.
La réalité s’avérait cependant pragmatique.
Le réseau d’avantages établi restait considérable.
Les prestations internes affichaient une générosité surprenante.
Des aides multiples — soins gratuits, levée de malédictions, terrains, semences, produits frais journaliers, prise en charge prioritaire et mutuelle — découlaient d’une simple adhésion à Sophia.
Le jeune homme ressentait un début de tentation.
Des Phases Lunaires au Dieu de la Guerre, en passant par l’église de Vie aujourd’hui.
Les divinités de ce plan gouvernaient bel et bien des sphères d’influence vastes.
Il ingurgita donc méthodiquement ces informations ecclésiales, puis fit un saut à l’extérieur pour savourer un dessert.
À son retour pour retrouver Kumilony, il l’aperçut morfondue dans un fauteuil de la chambre haute.
Oh…
Même un soigneur de rang six s’épuisait à ce point qu’on en doutait de son avenir ?
« Oh, petit Lu Cang. »
Kumilony reporta son attention vers lui.
« Tu as saisi l’Origine ? »
Lu Cang hocha la tête. « Mmh ! »
« Impressionnant. Tu comptes enchaîner avec ta transition de classe ? »
« Si la grande sœur Kumilony est fatiguée, nous pouvons attendre demain. »
Kumilony s’allongea sur son siège. « Faisons-le demain alors. Je vérifierai de toutes façons ton organisme ce soir, et la salle de transition ferme certainement déjà. »
« Soupir, heureusement qu’après ce marathon je n’aurai plus à remettre les pieds ici cette année. »
« Je ne prononcerai plus jamais de discours… »
Kumilony, oh… tenait-on là une déclaration conforme aux vœux d’une prêtresse ?